Richelieu, Mém., t. I, p
2. Dans les « Instructions for our right trusty cousin and councellor James earle of Carlile and our right trusty Henry L. Kensington, our ambassadors extraordinary to the french King • (Bibl. nat., collection Moreau 724, fol. 215 et suiv.), la cour anglaise reconnaissait que ce mariage était « of a high nature and deepe conséquence » (fol. 215 v°). 11 y avait il est vrai des difficultés : pour Louis XIII, la différence de religion. Le pape ne permettrait pas le mariage. On enverra plus tard le P. de Bérulle à Rome. Le roi écrira au cardinal Barberini afin de lui recommander d'appuyer auprès du pape la démarche du général de l'Oratoire et on finira par obtenir gain de cause (lettres de Louis XIII au pape et au cardinal Barberini du 3 août 1624, Bibl. nat., ms. fr. 3722, fol. 11 r° et 20 r°). Le nonce s'opposait vivement au mariage (dépêche de Corsini du 22 janvier 1624, Arch. nat, L. 397, fol. 406 r° et de Priuli, de décembre 1620, Bibl. nat., ms. italien 1775, p. 245).
:]. Dépêche de Corsini du 22 mars 1622, Arch. nat., L. 397, fol. 332 t°.
4. Dépêche de l'ambassadeur vénitien du 17 août 1623, Bibl. nat., ms. italien 1781, p. 37.
5. Lettre de Louis XIII au prince de Galles, (s. d.), Bibl. nat., ms. fr. 3722, fol. 35 r".
6. Articles dressés en novembre 1624, Bibl. nat., nouv. acq. fr. 7799. foi. 103 i .
approuvait que Marie de Médicis chargeât le P. de Bérulle de rédiger des instructions détaillées sur la façon dont la future reine devait se conduire en Angleterre '. Il voulut que madame de Saint-Georges accompagnât aussi Henriette à Londres, afin de la conseiller, de la guider2. Qui eût prévu que cette union commencée sous de si heureux auspices devait se terminer si tragiquement; et lorsque madame de Saint-Georges suivait en Angleterre la petite princesse qu'elle avait élevée, se doutait-elle qu'elle serait une des premières à recevoir le cri de douleur de la reine débarquant en Hollande, après les catastrophes de sa famille, et s'épanchant en une touchante lettre qui révélait la fine sensibilité de son àme : « Mamie Saint-Georges, priez Dieu pour moi, car croyez qu'il n'y a pas une plus misérable créature au monde que moi, éloignée du roi mon seigneur, de mes enfants, hors de mon pays et sans espérance d'y retourner sans danger, délaissée de tout le monde! Dieu m'assiste et les bonnes prières de mes amis dont vous êtes du nombre 3! »
1. On n'était pas sûr que ces instructions fussent du P. de Bérulle. Nous en avons retrouvé le texte avec l'attribution : Bibl. nat., Cinq Cents Colbert 98, p. 219 et suiv.