Lettre de .Malherbe à Luynes, dans Œuvres, t. 1, p
6. Bassompierre écrivait à son beau-frère, le comte de Tillières, le 2 octobre 1619 (Bibl. nat., nouv. acq. fr. 3538, fol. 3 r') : » J'ai donné à M. le duc de Luynes votre lettre ; permettez-moi de vous dire qu'il faut
fut convaincu qu'effectivement il menait tout. « Il vit en régent du royaume avec le roi », écrivait la marquise de la Force, « et sa femme en princesse du sang avec la reine1 ». « Les trois frères font tout ce qu'ils veulent », ajoutait le nonce. « Luynes n'était plus un favori, mais une manière de roi2 ». Par ces propos imprudents et pleins de fatuité, le favori semblait justifier ces affirmations. Après les Ponts-de-Cé, expliquant à Contarini que le gouvernement tenait les rebelles, il osait déclarer : « La reine mère, le comte et la comtesse de Soissons sont, pour ainsi dire, en mon pouvoir comme s'ils étaient tous dans cette chambre* ». Annonçant au lieutenant civil de Mesme que le roi, réclamé par les Parisiens, allait revenir au Louvre, il ajoutait : « Vous saurez que c'est moi qui ai travaillé à cette affaire4 ». « Il veut tout faire par lui-même », concluait le nonce Corsini5.
Ce fut cette extraordinaire influence qui lui permit d'arriver enfin à la plus haute charge de l'Etat que gentilhomme de France put rêver, la connétablie. L'idée ne lui vint pas brusquement : elle ne fut pas facile à réaliser. Cétait Louis XIII lui-même qui l'avait suggérée
écrire « Monseigneur » et que nous en ferons tous ainsi. » M. de Tillières (Bibl. de Carpentras, ms. 869, fol. 71 r°, 79-112, 126). le P. Arnoux (lettre du 31 mars 1619, Bibl. nat., Cinq Cents Goll.ert 07. loi. 145 r°), Richelieu (Avenel, t. I, p. 669, 690), tout le monde se soumit.
1. Lettre du 12 décembre 1617, dans les Mém. du duc de la Force, éd. La Grange, t. II, p. 454. Cf. Lettre du nonce du 22 novembre 1617, (Bentivoglio, Lettcre, 1865, t. Il, p. 84).
2. Ibid, t. 111, p. 236; t. IV, p. 75. 272: dépêche de l'ambassadeur vénitien (Bibl. nat.. ms. ital. 1774, p, 182).