Avenel, Lettres de Richelieu, t. I, p. 551 et
2. Tallemant, Historiettes, éd. P. Paris, t. Il, p. 132. Sur le P. Joseph voir : Dedouvre, Le P. Joseph devant l'histoire, dans Revue des Facultés catholiques d'Amjers, 1892 et surtout G. Fa^niez, Le P. Joseph et Richelieu, 1577-1638, Paris, Hachette, 1894, 2 vol. in-8°.
3. Lettre de Kichelieu au P. Joseph de septembre 1617, Avenel, Lettres de Richelieu, t. VII, p. 413.
l'œuvre. Aux termes d'une lettre qu'il écrivait au cardinal Borghèse en septembre 1617, il se flattait d'avoir en partie réussi; il disait qu'il avait obtenu du roi l'autorisation d'aller à Blois calmer les ressentiments de la reine mère et que la condition de cet apaisement serait le rappel de Richelieu auprès de l'ancienne régente : il se trompait i.
Pendant ce temps, en effet, docile aux suggestions venues de Coussay, Marie de Médicis réclamait à son fils le retour de Richelieu : Louis XIII refusait. Elle revenait à la charge; on lui répondait en septembre, d'une façon évasive, que le moment n'était pas venu, qu'on verrait dans deux mois2. Lorsque Modène avait été envoyé auprès de l'ancienne régente, il avait été prié d'expliquer à la princesse combien il était inutile de redemander ainsi l'évèque de Luçon : que le roi ne voulait pas laisser revenir celui-ci auprès de sa mère : il n'avait aucune confiance en lui : ce n'était qu'un homme faux qui les trahirait tous les deux3. Marie de Médicis avait tenu bon, réclamant son surintendant « à quelque prix que ce fut;. » Cette obstination irrita le gouvernement. Le bruit courait que Richelieu guidait la reine, de loin; que quittant même Coussay, sous des déguisements, il se rencontrait avec des gens de Blois. Ne l'avait-on pas vu en compagnie de madame de Guercheville, la dame d'honneur? Le nonce mandait à Rome le 11 octobre :
1. Lettre du P. Joseph au cardinal Borghèse du 13 septembre 1617, citée par Fagniez, le P. Joseph et Richelieu, t. I, p. 78.
2. Bentivoglio, Lettere, t. I, p. 499; lettre du nonce du 14 septembre 1617.