‹ Le rio Louis XIII à vingt ansChapitre 300 sur 349 · Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

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L ASCENSION DE IUCHE-LIEl". 635

essayé de le dominer, Richelieu prenait la parole et, dans un discours étudié, mesuré, circonspect, « tout en protestant de ne vouloir nommer au roi personne, ains, au contraire, le vouloir avertir seulement d'y penser de bonne heure, de peur de s'y tromper par précipitation », il s'otTrait pour principal conseiller : connaissance exacte des affaires, vue nette des nécessités politiques, jugement précis et ferme, imagination active contenue par une volonté vigoureuse, ce discours plein et complet révélait une maîtrise intellectuelle de premier ordre et constituait virtuellement le programme de gouvernement d'un grand ministre1.

Louis XIII finira par accepter Richelieu. L'histoire raconte qu'il l'a même subi et qu'il n'est devenu entre ses mains qu'un instrument docile, un jouet inerte. Ce jeune roi, que nous venons de voir à vingt ans, entier, jaloux de son autorité, susceptible sur les égards dus à sa souveraine volonté, se serait, dans les années qui vont suivre, à ce point métamorphosé sous l'influence « altière et dominatrice » du cardinal, qu'il aurait abdiqué sa personnalité propre pour ne plus être qu'un roi débile, tyrannisé par le despotisme d'un serviteur omnipotent! La réalité a-t-elle été vraiment telle? C'est ce que seule l'étude patiente et objective des documents contemporains pourrait permettre d'établir.

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