Bentivoglio, Lettere, t. I, p
2. Chaulnes, Relation exacte, Bibl. nat., ma. Dupuy 661, fol. 128 r°.
3. Arnauld d'Andilly donne les noms de ces amis (Journal, éd. Halphen, 1857, p. 281), ainsi que Matthieu (la Conjuration de Conchinc, p. 265). Il y a six gentilshommes ordinaires 'du roi : La Chesnaye, du Fay, Boyer, Sarroque, etc., un exempt des gardes, Guichaumont, le porte-arquebuse du roi, Galeteau, dix gentilshommes domestiques.
attirerait moins l'attention sur les gentilshommes convoqués1. Le roi étant sur le point de partir, on ferma, selon le cérémonial, la vieille porte basse du château en ne laissant ouvert que le guichet : puis Vitry renforça le corps de gardes. Il donna la consigne au lieutenant de la porte, M. de Corneillan, dès que le maréchal d'Ancre aurait franchi la grande porte de Bourbon, de fermer immédiatement celle-ci 2. Il prescrivit aux gardes du corps qui, selon l'usage, se tenaient pour le service d'honneur dans la grande salle du Louvre, au premier étage, de descendre au-dessous, dans la salle des gardes des Suisses — notre salle des Caryatides — afin de se joindre aux Suisses de garde, ce qui ferait une troupe plus compacte3. La compagnie des gardesfrançaises de service, commandée par M. de Fourilles, eut à prendre les armes et à se tenir en réserve de l'autre côté du Louvre, dans la cour des cuisines \ Yitry distribua ses amis : Persan et du Rallier se tinrent dans la cour intérieure avec chacun, de leur côté, un groupe de trois ou quatre hommes; La Ghesnaye se plaça près de la porte d'entrée du Louvre avec un autre groupe; quant à Vitry, il demeura dans la salle des gardes,
1. Sur cette revente des greffes, voir Arch. des Aff. étr., France 779, fol. 153 r°, et Déageant, Mém., p. 60.
2. Déageant, op. et loc. cit. Comme récompense du service en question, M. de Corneillan aura l'idée de demander au roi le privilège « de faire attourner et enjoliver les épousées qui seront dorénavant tant en la ville que faubourgs de Paris pour lui et les siens à perpétuité •, en raison des droits d'argent à en retirer (arrêt du Conseil du 11 août 1617, Arch. nat., H. 53 °, fol. 383 r°). Voir sur ce Corneillan : Arch. nat., E. 04 B, fol. 288 r°; et sur les officiers de la porte, Bibl. nat., ms. Clairambault 811.
3. Montpouillan, Mém., dans Mém. du duc de la Force, éd. La Grange, t. IV. p. 33.
4. On la tint à l'écart, parce qu'on croyait M. de Fourilles partisan de Concini, ce qui était inexact (Déageant, Mém., p. 67).
tantôt assis sur un coffre de bois, tantôt « marchant à grands pas », le chapeau à la main et surveillant par la porte centrale de la salle restée ouverte l'entrée du guichet du Louvre. Dubuisson et d'autres étaient toujours en observation rue d'Autriche1.
On attendit; neuf heures, neuf heures et demie, dix heures moins le quart : rien ne paraissait. Le roi, différant d'instant en instant son prétendu départ pour la chasse, s'était mis à jouer au billard ; il était distrait2. En bas, Vitry devenant nerveux, et s'imaginant que l'affaire pouvait être éventée, vu le nombre relativement considérable de gens au courant ou en éveil, allait proposer de rassembler Suisses, gardes du corps, gardes-françaises pour donner l'assaut au logis de Concini, lorsque, vers dix heures, du seuil de la salle* des gardes où il se tenait, il aperçut à la porte du Louvre un remous de gens qui entraient, et l'on vint l'avertir que Goncini, escorté d'une foule de soixante à quatrevingts gentilshommes, sortait de chez lui3.
Le moment était venu. D'un geste rapide, Yitry jeta son manteau sur l'épaule, prit en main son bâton de capitaine des gardes en quartier et, faisant signe à ceux qui étaient disséminés dans la cour, se dirigea à grands pas vers la porte, pendant qu'une quinzaine de personnes accouraient à ses côtés 4. Concini, sorti en effet
1. Chaulnes, Relation exacte, p. 457; Montpouillan, op. cit., t. IV, p. 34; J.-B. Matthieu, Hist. de Louis XIII, dans P. Matthieu, Hist. de Henri IV, p. 79. Il y avait pas mal de gens dans la cour du Louvre, (lettre de Boucher de Guilleville, échevin d'Orléans, dans J. Doinel, Concini, récit de sa mort, Orléans, 1883, in-8°, p. 5).