‹ Le rio Louis XIII à vingt ansChapitre 38 sur 349 · Chaulnes, op. et loc. cit · texte numérisé non relu

Chaulnes, op. et loc. cit

2. CJiaulnes, Relation exacte, p. 459. Arnauld d'Andilly assure que Marie de Médicis fit dire au roi par M. de Bressieux que, « s'il eût fait entendre le sujet des mécontentements qu'il avoit contre le maréchal d'Ancre, elle eût été la première qui lui eût conseillé de faire ce qu'il avoit fait >• (Journal, éd. Halphen, 1857, p. 283). Cf. S. Dupleix, Hist. de Louis le Juste, 1643, in-fol. p. 100. M. de Bressieux a écrit ce qui lui est arrivé le 24 avril (Anecdotes de la cour de France tirées de la bouche de M. du Yair, dans Méni. de Marguerite de Valois, éd. Lalanne, p. 327).

premier écuyer de déclarer à sa mère que dorénavant il était résolu « à prendre en main le gouvernement de l'Etat », qu'elle voulût bien ne plus s'en occuper; qu'il entendait « être le maître ». Provisoirement, il l'invitait « à ne bouger de sa chambre et de ne se mêler de rien ». Il verrait plus tard à ce qu'elle « se retirât » '. Une entrevue avec son fils, dans laquelle la mère retrouverait peut-être son ancien ascendant sur un enfant longtemps timide et craintif, était, pour Marie de Médicis, une dernière ressource. Elle demanda à M. de Bressieux de retourner près de Louis XIII et d'insister. Le roi répondit qu'il avait déjà fait connaître son sentiment. Une troisième fois, Marie de Médicis renvoya le premier écuyer. Louis XIII, impatienté, déclara à M. de Bressieux que, s'il le voyait une fois de plus, « il Tenverroit en un lieu où il le trouveroit bien quand il le voudroit » 2 ! La régente, supplia alors la princesse de Gonti de tenter la même démarche. Mais la princesse de Conti qui était venue en hâte de son appartement, ni habillée, ni coiffée, ne pouvait ainsi, « en jupon », se rendre dans les salles du roi pleines de monde. Elle eut l'idée de faire demander M. de Luynes. M. de Luynes vint : il s'agissait d'un sentiment personnel du roi, très excité;

1. Récit véritable de ce qui s'est passé au Louvre depuis Le 2ù avril, Paris, 1617, in-12, p. 4; Montpouillan, Mém., t. IV, p. 38. Marie de Médicis se considérera comme ayant été « honteusement chassée » le 24 avril (Extrait des raisons et plaintes que la reine mère du roi fait au roi son fils, Paris, 1619, in-12, p. 3). Louis XIII expliqua dans un document officiel « qu'il avoit supplié la roine nostre dite dame et mère de trouver bon que désormais il prît en main le gouvernail de son État afin d'essayer de le relever de l'extrémité où les mauvais conseils dont elle (la reine) s'étoit servie l'alloient précipiter » (Lettre du roi au parlement de Dijon, 1617, in-12, p. 6).

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