Ibid., fol. 12 r°, 48 r
4. Voir par exemple une lettre à M. de Bellegarde sur la mort de son frère, datée du 28 juillet 1621, Bibl. nat., ms. fr, 3722, fol. 129 v°.
avait des goûts de particulier. « Tout prince qu'il est, écrivait Balzac, il mène une vie plus modeste et plus régulière que ne font les simples citoyens des petites républiques1. » C'était beaucoup dire. Assurément le cadre de la vie royale au Louvre, conservé des élégants Valois du xvie siècle, était toujours celui qui convenait à la Majesté du roi Très Chrétien : Louis XIII n'était pas ému par cet apparat. Il n'était sensible à rien de ce qui pouvait le glorifier : « Inaccessible aux louanges pour soi, au point qu'il les tarit, écrira Saint-Simon, Louis XIII connoissoit l'humilité; il la savoit pratiquer à ses propres dépens. » « Rien n'égaloit ce mépris, ce détachement, cette aversion des louanges. Il poussa peut-être trop loin l'indifférence personnelle, la défiance de lui-même2. » C'était chez le prince instinct naturel, absence de vanité ou d'orgueil, en même temps vertu religieuse.
Une des formes de cette simplicité fut l'esprit d'économie. De bonne heure, on avait cru remarquer en lui la même tendance que chez son père à « l'avarice ». Il était peu dépensier, « bon ménager », disaient Sully et Bassompierre, lequel ajoutait pourtant : « en petites choses, car il n'y eut roi de France qui eut tant donné, tant dépensé et par conséquent tant tiré parti de son royaume que lui. » Attentif pour de modestes sommes, si, à l'occasion, il ne comptait pas pour de grandes, il faisait lui-même les prix et marchés des objets qu'il achetait 3.
1. Balzac, le Prince, dans Œuvres, éd. Moreau, Paris, 1854, t. I, p. 38. Pour comparer avec la manière de vivre d'un riche particulier du temps, voir G. Colletet, le Roman satyrique, Paris, 1624, in-12, p. 1016.