Richelieu, Mém., t. 1. p
.";. Déposition du secrétaire de Concini, Ludovisi (Bibl. n.'it.. Cinq Cents Colbert 221, fol. 195 v'J. 201 V, 202 r").
le coup d'état du 24 avril 1617. 9
mourut de chagrin1. Après lui, Concini s'adressa à l'intendant de Marie de Médicis, Claude Barbin; celui-ci, plus souple, se montra davantage docile -.
Et c'était sur ces bases précaires, indirectes, que reposait le prétendu crédit du maréchal! S'il fut puissant, c'est qu'il fît croire à tout le monde qu'il l'était. Richelieu, qui l'a vu de près et l'a mieux su que personne, revient à plusieurs reprises sur l'extraordinaire illusion dont Concini rendit dupes la cour et le royaume. « Il afïectoit d'être le maître de l'esprit de la reine et son principal conseiller... Il voulut que tout le monde eût opinion que le gouvernement universel du royaume dépendoit de sa volonté. » « Il lui fàchoit qu'on s'aperçut qu'il eût plus de réputation que de force, qu'il subsistoit plutôt par son audace que par une véritable confiance. » « Sa fin principale étoit d'étonner les ministres par les apparences de son crédit pour disposer absolument de leurs volontés et faire qu'ils déférassent plus à son désir qu'aux commandements de la reine1. » D'autres contemporains s'aperçurent du mensonge. Ceux qui eurent à en pâtir insistaient plus tard sur l'imperturbable assurance avec laquelle Concini leur répétait « qu'il avoit du pouvoir et du crédit assez » et ceux auxquels un insuccès ou une déception, — il y en avait, — pouvaient inspirer des doutes concernant l'efficacité de ce pouvoir, racontaient avec quelle confiance
1. Le 30 mars 1616 : Matthieu, la Conjuration de Conchine, p. 47; Arnauld d'Andillv, Journal, éd. Halphen, 1857, p. 152; V. Siri, Memorie recondite, éd. de 1677, t. IV, p. 57.
2. Déposition d'Antoine Montaubert (Bibl. nat., Cinq Cents Colbert 221, fol. 182 r°).