‹ Le rio Louis XIII à vingt ansChapitre 78 sur 349 · Bibl. Mazarine, ms. 2127, fol. 50 v · texte numérisé non relu

Bibl. Mazarine, ms. 2127, fol. 50 v

4. Héroard, Bibl. nat., ms. fr. 4026, fol. 290 r°, 6 avril 1620, 433 v°.

deux, et trois fois par semaine1. Louis XIII vient à la séance après son déjeuner, il y reste une heure, deux heures et plus. N'a-t-il près de lui qu'un ministre, est-il en voyage, il tient Conseil. S'il est à la chasse et qu'un incident important oblige les ministres à délibérer sans tarder, ils envoient prévenir le roi, et celui-ci rentre. On le voit malade, souffrant de névralgie, « tourmenté fort vivement de manière qu'étant vaincu de l'impatience de la douleur, il soit contraint de se mettre au lit et se servir de quelque remèdes pour l'adoucir, » appeler les ministres à son chevet afin d'examiner avec eux les décisions à prendre, tellement « il fait peu de cas de ses maux quand il faut penser à ce qu'il croit être utile à son Etat-».

Nous avons des récits de séances présidées par Louis XIII. Le roi est assis au haut bout d'une table, couvert; les quatre secrétaires d'État et l'huissier également couverts, les autres assistants nu-tête et le plus souvent debout. Un ministre a la parole. Le roi « enfonce son chapeau pour écouter avec une très grande attention. » Si quelqu'un, comme le prince de Condé, interrompt, afin d'élever une objection, Louis XIII, « avec la main et la parole, le retient, lui disant qu'il laisse librement opiner un chacun et qu'en son rang il aura tout loisir de parler 3. » Une affaire mise en délibération,

1. Bibl. nat., ms. Dupuy 661, fol. 150 r°. Sur « Tordre du conseil du roi », voir :Ibid., ms. Dupuy 218, fol. 36 r° et suiv. ; Bibl. Sainte Geneviève, ms. 838: Arch. des Ad. étrang., France 31 et 35.

2. Iléroard, Bibl. nat., ms. fr. 41)25, fol. 394 r°, 453 r°, 460 r° et v°; dépèches des amb. vénit. du 16 mai 1617 (Bibl. nat., ms. ital. 1771, p. 103). 1er mai 1624 (1782, p. 175); C. Bernard, Hist. de Louis XIII, t. 1, p. 309.

3. Daniel Manceau, Mémoires, dans Arch. hist. de la Sainlonge, 1874,

chacun, en effet, à son tour, émet son avis, puis, « après plusieurs opinions écoutées et digérées, la conclusion est prise à la pluralité des voix. » Louis XIII met aux voix1. Il n'abdique pas. En 1618, le jour où est agitée la question du rétablissement de l'enseignement des Jésuites à Paris, la majorité du Conseil se trouve, comme le roi, partisan de la mesure. Le garde des sceaux du Vair proteste, déclarant que le conseil n'est pas en nombre, qu'il faut renvoyer la décision à une séance ultérieure où les assistants seront plus nombreux. Louis XIII, qui est décidé à accepter la résolution prise, refuse et passe outre2 : « Soyez béni, lui dit-on, de ce qu'en votre jeune âge vous tenez déjà le haut bout de votre conseil, ainsi qu'il vous appartient3! »

Généralement, il suit l'avis de la majorité. On observe sa disposition à bien comprendre les motifs invoqués et à adopter les opinions qu'on lui propose, si elles sont raisonnables. « Un des premiers signes de la bénédiction d'un royaume, dit un contemporain, est quand le prince a la vertu de docilité et est assisté de personnes recommandables par leur prudence et pour leur intégrité ».4 C'est le cas. « Vous avez affaire à un prince, explique-ton à l'assemblée des notables de 1618, absolument porté à suivre vos avis. Parmi les grâces que le ciel a versées

t. I, p. 220; Arnauld d'Andillv, Mém., éd. Michaud, p. 430; Bassompierre, Journal, éd. Chantérac, t. III, p. 113.

1. Libre et salutaire discours des affaires de France, Paris, 1618, in-12, p. 51 (libelle officieux); Gaspart, Thrésor de Vhistoire générale de notre temps, Paris, 407.1623, in-8°, p. 407.

2. Dépèche de Contarini du 6 février 1618, Bibl. nat., ms. ital. 1771, p. 587.

3. Le Salomon de la France au roi, Paris, P. Chevalier, 1617, in-12, p. 59.

Page 1