‹ Le rio Louis XIII à vingt ansChapitre 84 sur 349 · Ibid., t. III, p. 116. Août · texte numérisé non relu

Ibid., t. III, p. 116. Août

2. G. Bernard, Hist. de Louis XIII, t. I, p. 450. Cf. la dépèche de Contarini du 24 juin 1619 (Bibl. nat., ms. ital. 1773, p. 187) et la Lettre de Cléophon, 1618, p. il. Gussoni admire la patience de Louis XIII dans les cérémonies officielles (Bibl. nat., ms. ital. 1770, p. o).

3. Sur la cour à l'époque qui nous occupe, voir : N. Bergeron, Police générale du royaume de France, Paris, 1617, in-8°, p. 31-32; Bibl. nat.,

aux plus beaux jours des Valois, le Louvre est encombré d'une nuée de pages, estafiers, laquais, carrossiers, gens de suite et de livrée, maintenant aux couleurs des Bourbons, bleu, blanc, rouge1. Dans les salles, va et vient toujours le flot renouvelé des courtisans et des gentilshommes. Centre de Paris, rendez-vous des curieux, des nouvellistes, des élégants, la cour demeure, comme par le passé, le lieu par excellence où la noblesse, conserve ses traditions de ponctualité, d'élégance affectée, d'allures légères2.

Sans grande difficulté, Louis XIII a su se plier aux exigences du cérémonial, quand il n'a pas de sérieuses raisons de s'y soustraire. Il subit le lever et le coucher en apparat, « grand coucher » ou beaucoup de gens sont admis, « petit coucher ». Il se prête aux solennelles représentations, somptueusement paré d'étoffes à vives couleurs, recouvert du manteau royal, assis au-dessous d'un dais, sur un fauteuil de velours violet semé de fleurs de lys d'or3; ses plus somptueuses seront les récep-

ms. fr. 3445, fol. 25 r1 et v°; Arch. nat., KK. 202: pour les règlements de la maison du roi en vigueur, voir : Bibl. nat., ms. fr. 18543, fol. 61 r°.

1. En 1629, le roi interdira à qui que ce soit d*habiller ses gens des mêmes couleurs que les siennes, « incarnat, blanc et bleu >• (Bibl. nat., ms. fr. 21800, fol. 121). Sur l'aspect et le mouvement de la cour du Louvre, voir C. Sorel, l'Histoire comique de Francion, 1641, p. 281.

2. On trouvera des détails sur la vie de la cour dans C. Sorel, le Berger extravagant, Paris, 1627, in-12; Agrippa d'Aubigné, le Baron de Fœneste, chap. iv; Rapin, les Plaisirs du gentilhomme champêtre, éd. B. Fillon, Paris, 1853, in-12; de Fréville, Ambassade de don Pédre de Tolède en France, dans Bibl. de l'École des Chartes, 2e série, t. I, p. 365; les Dialogues de Jacques Tahureau, éd. F. Conscience, Paris, 1871, in-16, p. 14; Auvray, le Banquet des muses„Rouen, 1623, in-8°. p. 159; Gourval-Sonnet, les Exercices de ce temps, Rouen, 1631, in-12, p. 100; le Bourgeois, Tours. 1619, in-12, p. 12; les Visions admirables du pèlerin du Parnasse, Paris, 1635, in-16, p. 208. Il existait un « catéchisme des courtisans » (Bibl. de l'Arsenal, ms. 6829, fol. 16).

3. Le cérémonial du temps est fixé par des règlements de 1578 (Bibl.

tions des nouveaux ambassadeurs qui intéressent la ville entière en raison de l'éclat d'un long cortège, de la mise en armes de toute la garde faisant la haie depuis le Pont- Neuf, du concours considérable de peuple dans les rues, des courtisans sur les escaliers ou dans les salles du Louvre1. Surtout il soignera les entrées solennelles dans les villes, cérémonies qui passionnent le publicparlés magnificences de la pompe royale. A travers les cités du midi, au milieu du bruit des cloches qui carillonnent, des canons et des mousquets qui tonnent, devant les maisons tapissées de draperies blanches piquées de fleurs naturelles; sur le sol jonché de feuillages et de plantes odoriférantes, au-dessous de vêla tendus, afin d'atténuer l'effet du soleil, la procession triomphale d'une de ces entrées, lorsque s'avance lentement le cortège, avec ses gradations calculées de costumes de plus en plus brillants : — habits sévères des religieux et du clergé ouvrant la marche, gardes et chevaulégers aux casaques écarlates, « clinquant d'or », troupes de garnisons en uniformes rouges, chamarrés d'or; magistrats de la ville à cheval, avec leurs trompettes

liât., nouv. acq. fr. 7225, fol. 43 v°) el de 15S5 (fol. 109 r"). Sur le coucher, voir la dépèche de Pesaro du 12 janvier 1024 (Bibl. nat., ms. ital. 1781, |). 233); sur les particularités des cérémonies : Bibl. nat.. ms. fr. 3445, 23027 et ms. Dupuy 218, fol. 27G; 320, fol. 00-72; sur les fêtes, ms. fr. 10428.

1. Sur le cérémonial de l'introduction des ambassadeurs, voir : les Mémoires du baron de Breteuil (Bibl. de Rouen, ms. n° 3317) et L'ordonnance «le Louis XIII du 4 novembre 1025 régularisant ce qui existe (Bibl. de l'Arsenal, ms. 5410, p. 709); sur l'aspect et l'encombremenl des rues : La Serre, les Artifices de la cour, 1018, in-12, p. 27: puis les dépêches de Gontarini des 27 janvier et 2U novembre 1618 (Bibl. nat., m-, ital. 1771, p. 555; 1772, p. 222) et la Visite du cardinal-légat F. Barberini à Louis XIII et à la famille royale en 1625, dans Bull, de lu Soc. de Vkisl. de Paris, 1875, p. 172.

costumés de taffetas rouge; archers du grand prévôt du roi en hoquetons bleus; hérauts et rois d'armes royaux en casaques de velours violet semées de fleurs de lys brodées d'or; gardes du corps, maréchaux de France, pl-emier écuyer, connétable; pour aboutir, comme en une apothéose, au roi, monté sur un grand cheval blanc, vêtu de hongreline rouge brodée d'or, ou de drap d'or, sous un dais de velours bleu turquoise semé de fleurs de Ivs d'or, escorté d'une foule étincelante de courtisans, de gentilshommes, d'officiers à cheval, — impressionne extraordinairement les foules et contribue à inspirer le respect1. L'analogie de ces représentations avec les processions religieuses dont le cortège royal constitue une copie, achève d'imprimer aux esprits un sentiment de vénération destiné à s'achever en obéissance docile. Louis XIII affecte dans ces circonstances une gravité sereine et une gracieuseté contenue qui augmentent l'effet produit. 11 a le secret de prendre l'air majestueux que son fils possédera à un si haut degré et le public enthousiasmé acclame, regardant avidement le jeune monarque et l'aimant.

Louis XIII a été populaire vers ses vingt ans. L'opinion lui a su gré d'avoir renversé Goncini ; elle a conçu de lui de grandes espérances ; elle s'est sentie attirée par la jeunesse de ce prince peu connu et, à ce qu'on disait, plein de bonne volonté. Les campagnes de 1620, 1621, 1622 dont le roi

1. Ces détails se rapportent à l'entrée du roi à Avignon en 1G22 (la Voye de lait ou le chemin des héros au palais de la gloire ouvert à Ventrée triomphante de Louis XIII en la cité d'Avignon le 16 de novembre 1622, par T. de Berton, d'après Barbier, Avignon, 1623, in-4°). Sur l'entrée à Toulouse, la même année, voir Bibl. Mazarine, ms. 2734; l'entrée àBéziers, aussi en 1622, Bulletin de la Soc. archéol. de Béziers, t. VIII, 1874, p. 309: l'entrée à Aix, Bibl. nat., ms. fr. 18517.

aurait pu confier la direction à d'autres et qu'il a tenu à mener lui-même, ont confirmé ces dispositions favorables '. Dans les conversations des rues, des carrefours au palais, partout se trahit cette affection2. En chaire, les prédicateurs exaltent le roi, font prier les assistants pour lui 3. Dès qu'on annonce quelque part son passage, les manants accourent afin de le contempler et de lui exprimer leur attachement par des vivats chaleureux. « La plus grande gloire que peut avoir le simple peuple champêtre est de voir la présence de son roi pour le sujet de quoi, Sa Majesté voyageant, les chemins et passages sont bordés de monde, curieux d'avoir cet heur que de voir une fois la face et le visage de Sa Majesté'' ». « Il n'estpas croyable, écrit un gentilhomme, combien le roi est chéri, combien honoré, combien respecté de tout le monde8. » « Vos sujets vous aiment si tendrement, dit-on à Louis XIII, depuis le premier prince jusqu'au plus petit du peuple, qu'il n'y en a un seul qui n'exposât libéralement sa vie pour vous g-arantir delà moindre blessure6! » « J'aime démesurément ce brave prince, écrit un libelliste; je ne sais ce qu'il m'a fait. Je ne savais, étant à Paris, qu'il dût passer en quelque endroit que je ne laissasse et cotterets

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