‹ Le rio Louis XIII à vingt ansChapitre 87 sur 349 · Bordeaux, op. et loc. cit · texte numérisé non relu

Bordeaux, op. et loc. cit

2. Lettre de Louis XIII au duc de Luxembourg, du 10 juillet 1622, Bibl. nat., ms. fr. 3722, fol. 161 r°.

3. Héroard, Bibl. nat., ms. fr. 4027, fol. 114 r"; Récit véritable de tout ce qui s est passé à Saumur à l'arrivée du roi, Paris, 1621, in-12, p. 10; Histoire journalière de tout ce qui s'est fait et passé en France depuis le départ du roi de Fontainebleau, Rouen, 1621. in-12, p. 14: Boite! de Goubertin. Histoire des guerres de Louis le Juste, Rouen, 1622, in-8°, p. 561.

humbles officiers du roi. C'est un profond respect, une obéissance, une soumission entière. La nuance n'était pas aussi accentuée sous Henri IV, si tant est qu'elle ne le sera pas davantage sous Louis XIV '. Lorsque la réplique du roi paraît un peu sèche, tel, comme le duc de Bouillon, inquiet, écrira afin de demander ce qui a pu donner lieu à cette froideur et si la lettre précédemment envoyée, quoique « pleine d'une obéissance respectueuse » n'a pas été « lue à gré 2. » L'idée qu'on se fait du roi n'est pas seulement théorique : « Il n'y a que deux points, écrit bien un libelliste, aimer Dieu et servir le roi; qui aimera Dieu servira le roi, c'est l'oingt de Dieu et son bienaimé3. » Dans cette conception entre pour une bonne part l'impression que le royaume éprouve d'avoir pour le diriger un roi personnel et volontaire. Louis XIII a été tel. Quelque prudent qu'il ait cru devoir être, quelque disposé qu'il se montrât à suivre dans les affaires publiques l'avis de son conseil, il a su affirmer son autorité et s'imposer. C'est ce que va vérifier l'examen des conditions dans lesquelles a été conduite la politique de son gouvernement entre la chute de Concini et l'arrivée de Richelieu au pouvoir.

Comme Louis XIV, prenant après la mort de Mazarin la direction de son royaume, a eu quelques premiers

1. Voir par exemple les lettres au roi de MM. de Souvré et d'Alincourt en 1619 (dans Négociation avec la reine mère, 1673, in-fol., p. 64, 65). M. de Saint-Géran, nommé maréchal de France, écrit le 28 août 1619 (Bibl. nat, ms. Clair. 375, loi. 296 r°) : « J'ai toujours cru qu'il falloit faire envers son roi comme envers Dieu et que nous lui devons tout et qu'il ne nous doit rien ».

2. Lettre du duc de Bouillon au roi du 1er mars 1621, Bibl. nat., nouv, acq. fr. 7798, fol. 242 r°.

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