‹ Le rio Louis XIII à vingt ansChapitre 92 sur 349 · Bassompierre, Journal, éd. Chantérac, t. II, p · texte numérisé non relu

Bassompierre, Journal, éd. Chantérac, t. II, p

passer en huit ». Et il alla'. Il réussit. « Avec merveille, il fit plus par sa présence en huit jours qu'il n'eut fait avec une armée Je 30 000 hommes2. » C'était à lui, uniquement, à sa volonté opiniâtre qu'était dû le succès de l'affaire du Béarn!

Ce n'est pas moins lui qui a eu le mérite de la décision avec laquelle en 1621 le gouvernement a mené contre les protestants rebelles la campagne destinée à les réduire. Les ministres étaient hostiles à l'emploi des armes. Ils se trouvaient assez vieux — Sillery et Jeannin, surtout — pour avoir assisté aux luttes civiles du xvie siècle et ils étaient hantés par l'appréhension de voir se renouveler les conflits de l'âge précédent5. Luynes, particulièrement, s'opposait à cette campagne qui devait d'ailleurs lui être si funeste. Il répondait d'un geste lassé à un gentilhomme de ses amis qui lui suggérait des raisons personnelles d'empêcher cette entreprise : « Sa Majesté veut absolument aller à l'armée4! » On a dit que ce fut le prince de Condé qui poussa Louis XIII : mais, comme le faisait remarquer l'ambassadeur d'Angleterre, « le roi n'avait pas besoin pour faire la guerre d'être excité par M. le Prince5 ». Il l'a voulue person-

1. Ibid., p. 212; C. Bernard, Hist. de Louis XIII, t. 1, p. 163. Le conseil fut tenu à Preignac près de Bordeaux. Louis XIII écrivait peu après à sa mère : « Les nouvelles que vous apprendrez de moi sont comme vous les désirez; la santé est très bonne, l'esprit gai et content. Le temps a favorisé jusqu'ici mon voyage. » (Bihl. nat., Cinq Cents Colbert 98, p. 87).

2. Journal de maître Jean de Solle, dans Revue de Gascogne, t. XIX, p. 189.

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