‹ Le Rire Dans la Démence PrécoceChapitre 20 sur 21 · D. — LE RIRE DES IMBÉCILES ET DES IDIOTS · texte numérisé non relu

D. — LE RIRE DES IMBÉCILES ET DES IDIOTS

Dans toute la classe des dégénérés qui constituent les débiles, les imbéciles et les idiots, nous trouvons des manifestations fréquentes de gaîté, et ces manifestations sont vraiement de toute nature dans leur expression.

Chez les imbéciles, la joie provient, le plus souvent, non plus de ce délire expansif caractéristique du para-

LR lytique général, mais d'un sentiment intime de satisfaction personnelle, d'un sentiment de vanité qui se traduit par le sourire plutôt que par le rire, lorsqu'on leur fait des compliments,

Chez les idiots, les manifestations du rire sont les plus variables.

Les uns calmes, tranquilles, tout à fait inoffensifs sont constamment joyeux, d’une joie sans explosion brusque, leur visage s’empreint d'un sourire qui se manifeste en toute circonstance, lorsqu'on leur parle. qu'on les flatte, qu'on leur apporte à manger, qu'on leur joue de la musique, etc... Ce sourire est assez semblable à celui des vieux déments.

D'autres, au contraire, ont des moments d'impulsion : Cette impulsion se manifeste par des colères, ou par des accès de joie bruyants : Ils rient follement, d’un rire qui ressemble au fou rire et qui se termine souvent par les larmes. Ce rire prend alors une forme spasmodique.

D'autres enfin poussent de petits cris étouffés comme s’ils voulaient mettre un frein à leur gaité.

« Les idiots, écrit Risor, peuvent être réduits aux seuls besoins nutritifs sans autres indices de plaisir ou de peine que des grognements sourds, des cris aigus ou un rire strident : C’est un stigmate de l'avortement psychique analogue au rire béat qui marque la dissolution de la vie affective. »

Enfin, il est des microcéphales, dont les manifestations sont réduites au minimum, et dont les yeux brillent sous l'influence du plaisir.

A première vue, on pourrait confondre un jeune

idiot avec un dément précoce, leurs manifestations de joie ont souvent l'air d'être les mêmes. Chez celui-là, les anamnestiques, ces stigmates physiques de dégénérescence, feront reconnaître la déchéance intellectuelle de nature congénitale ; et puis, tandis que chez l'un, nous l'avons dit, le rire se manifeste avec une indifférence émotionnelle complète, chez l’autre, 1l tend à prouver que le rire el le sourire expriment originellement la joie et le bonheur ; qu'il correspond indifféremment à toutes les sensations, pourvu qu'elles ne soient pas désagréables, à toute perception plus ou moins confuse. « Ce n’est que l’indice de la conscience de la vie, et de la jouissance attachée à chacun de ses actes. »

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