CONCLUSIONS
I. -— Tous les auteurs de travaux sur la démence précoce signalent, entre autres symptômes, le rire spécial à ces malades.
IT. — Ce rire nous a paru mériter une étude spéciale, tant par sa valeur symptomatique que diagnostique : ilest, en effet, très fréquent et se retrouve sous des formes différentes à tous les temps de l’évolution de la maladie.
IIT. — Ilse manifeste avec les caractères suivants :
À. Il est le plus souvent explosif, brusque et rapide : il a tous les caractères d’une impulsion, dont il est l'équivalent mimique.
B. Dans d’autres cas, il naît brusquement, mais rappelle, par sa durée et son intensité, le fou rire : il est comme lui irrésistible, inextinguible, incoercible.
C. Ila souvent à la période d'état la valeur d’une stéréotypie.
— Sous ces trois formes, il ne répond à aucune représentation mentale chez le malade, Il survient sans motif et n'est accompagné d’aucun élément émotionnel.
Ro es D. Au début de la maladie, le rire peut être l’expression d’un délire expansif ou d’une hallucination gaie. Cela est rare.
E. À la période terminale, lorsque la déchéance intellectuelle est complète, 1l se transforme en un sourire analogue à celui qu’on rencontre chez les vieux
déments.
IV. — Le rire a, au début, une valeur diagnostique importante : survenant chez des gens qui sont dans des états dépressifs plus ou moins accentués (états neurasthéniques, mélancoliques), ces explosions de rire mettent en évidence l'absence de concordance entre les réactions mimiques et l'attitude déprimée des malades.
Elles doivent faire penser à l'affaiblissement intellectuel.
V. — Le rire des déments précoces ne doit pas être confondu avec le rire des hystériques, des autres déments (organiques et paralytiques), des débiles mentaux {imbéciles et idiots) qui ont chacun des caractères particuliers.
Vu :