Textes cités par Maspero, p. 111 ; Thoutmès III est
^ ^ ^ ■ Voir aussi les nom-
breuses lormules où il est question des rugissements IT]'
mot qui caractérise aussi le bruit de la « voix du ciel » dans les textes précédemment cités) que le roi fait entendre pour terroriser ses ennemis (stèle de Thoutmès III, 1. 3, etc.). Cf. les textes cités par Stern, Zeitschrift, 1875, p. 121.
La création des offrandes par la voix du roi est expressément indiquée dans plusieurs passages de la grande inscription d’Abydos : les courtisans
disent au roi :
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l I ^ (I, pl. 6, 1. 38) « Maître des offran-
des..., créateur des grands, édificateur des petits, lui qui crée par sa parole toutes provisions ». — Ou encore :
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1 « Notre prince, notre seigneur, notre Rà, Toum, vit des paroles de sa bouche! » (I, pl. 6, 1. 39). Voir aussi l’inscription d’Edfou (I, p. 42), déjà citée partiellement, où le roi dit aux dieux : « Venez en paix, vous qui sortez à la parole de Rà, posez-vous sur mon pir hhrôoit (ce qui sort à ma voix) vers moi, vos
pains sortent pour moi irarmi vous dans le ciel et la terre » ( ‘ ^
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Ce serait le lieu, aussi, de citer les formules fréquentes par lesquelles on caractérise la force active des dieux, des rois et même des simples particuliers. On dit d’Hathor : « ce qui sort de sa bouche existe sur le
cliamp »,
no III
(Dcndérah, II, 26); de même, le désir
du roi (( se réalise sur-le-champ, comme ce qui sort de la bouche du dieu »
( ^ stèle de Piankhi, 1. 79); d’un homme puis-
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sant on dira ; « ce qu’il dit s’exécute et se réalise, comme ce qui sort de
la bouche du dieu » (
Louvre, stèle C 26, 1. 7-8). Cf. stèle de Kouban, et Stern, Zeitschrift, 1875, p. 122. Ici, la locution est devenue une formule du langage courant.
Après avoir énuméré les effets de l’apport par le roi-prétre au dieu ou au mort osiriens de l’Œil et de Mâït, une dernière remarque est nécessaire pour l’interprétation de ces rites. La formule la plus usitée, la plus générale et en même temps la plus simple, pour caractériser la présentation de l’offrande, est celle-ci : « Je te présente l’œil d’Horus, ou Mâït, pour que tu te poses sur lui ou sur elle » ' •
Se poser sur quelque chose, au sens égyptien, c’est s’unir à cette chose, au physique et moral ; l’acte suprême du sacrifice est donc une a communion » du dieu et de l’offrande. Or, cette offrande, œil d’Horus ou Mâït, c’est la création entière. Le dieu, avant sa mort, l’avait proférée ou vue; il la créera encore quand l’œil ou la voix créatrice lui auront été rendues ; ainsi, l’on offre en sacrifice, dans le culte égyptien, la créature au créateur, l’enfant du dieu au dieu luimême. Les textes expriment avec précision cette idée dans une formule très fréquente : « donner, ou faire monter, l’œil à son maître, Mâït à son père, — Mâït au maître de Mâït, — l’œil ou Mâït à qui les a créés, — donner les offrandes au créateur des offrandes*. » En somme, comme dans beaucoup d’autres religions, « on offrait le dieu à lui-même ' ». Il n’est pas inutile d’avoir présent à l’esprit que cette conception n’est pas une singularité des systèmes théologiques égyptiens, mais une idée générale commune à la plupart des religions : cela relèvera l’intérêt des présentations, un peu ! monotones, de l’œil d’Horus sous toutes ses apparences, f qui vont suivre dans la partie du rituel réservée à la toilette du dieu.
1. Pour l’reil d'Horus, cf. p. 71 ; pour Mâït, cf. p. 32. L'expression est fréquente dans les tableaux de présentation de Mâït, cités p. 147, n. 2.
2. OSrir Mâït à son maître, Ahijdos, 15' tableau, cf. p. 61, n. 3; — à son père, chap. xlii, passitn ; Lepsius, Dm/, ni., 111, 139 è et 147 h ; Abjjdus^ 12' tableau, cf. p. 76, n. 1; — les offrandes au créateur des offrandes, Abi/dos, 25' tableau, cf. p. 61, n. 3. Ces formules sont communes à
1 toutes les époques.