Voir cliap. xxxviii, p
2. Sharpe et Bonomi, The alabaste/' sarcophaf/us of Oimencphfah , I,
pl. VI, D (cité par Pierret, Éfmlest éf/i/ptolof/i/iues, II, p. 98) :
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3. Papyrus de Berlin n" VU, I. 88-89 (Pierret, Études, I, p. 12):
; c'est la
formule ordinaire de ta présentation de Mâït. Au Tudtenbuch, chap. xx, c'est encore Thot qui fait réaliser la voix d'Osiris et de tout défunt (Chapitre de la couronne de nid khrôou).
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à la définition de Mâït : « réaliser, réalité^ )). Mâ khrôou, c’est donc réaliser la voix. Doit-on s’étonner si celui qui « réalise la voix » donne des ordres aux dieux et aux hommes, terrorise ses adversaires, crée ses offrandes? La « voix du ciel )) est pour lui un aliment, une arme, une couronne; la foudre brille à son poing et le tonnerre gronde à sa voix; le trône de fer des dieux est son siège; le verbe fait chair est son pain; la création entière est son œuvre. Tels sont les privilèges du dieu ou du défunt inâ k/irdou. Aucune des traductions proposées jusqu’ici pour mâ k/u'ôou, « véridique, justifié, triomphant, juste de voix », ne rend le sens complet de l’expression : il .semble, après explication, que l’idée égyptienne sera mieux comprise si l’on traduit mâ khrôou littéralement par réaliser la voix, ou celui (pii réalise la voix, ou plus librement par « riiomme ou le dieu à la voix créatrice ».
Il importe d’ajouter que la force de la voix créatrice n’était
1. Voici des expressions oîx /nd, suivi d’une épithète, a le sens de réaliser.
posséder : on dit aux dieux du Douait qu’ils sont
« maîtres de leurs bras, possesseurs de leurs jambes » (Maspero, Les luipoçiécs royaux. Eludes de rnytholoyie, II, p. 93, u. 4); ailleurs,
p. 107); ou bien l’on dit du mort
1 I /www «vous qui possédez vos chairs » (ihid.,
« étant qu’il possède ce que les hommes lui offrent sur terre ».
AJà khrôou signifie de même « réaliser, posséder la voix ». Avec l’s factitif, mà forme un verbe qui a le sens bien établi de n faire devenir réalité, réaliser ». Au papyrus Ebers on a des recettes pour « faire uriner»
“ (pl. IX, 1. 10-11; Cf. pl. XLVIII, 1. 22; je dois
ces exemples à l’obligeance de ]M. Loret). On trouve dans les temples, au moment du souton di hotpou, les formules « l'éaliser les offrandes »
(Deir cl Bahari, I, pl. 21), ou même
(Lep-
sius, Denkni., 111, 287 y), ou
(III, 143 b), et
(Ahydos, I, pl. 3.7 è). Comparer avec Louera, stèle C 26, 1. 17 :
IJ
<3^ « faire se réaliser la voix du juste ».
pas le privilège des seuls dieux ou des morts osi riens : sans quoi, on ne s’expliquerait pas que nombre de vivants, pharaons ou simples particuliers, s’attribuent, eux aussi, l’épithète mû lüirùou' . On ne s’est pas demandé en (juelles circonstances les hommes vivants disaient qu’ils avaient la « voix créatrice » ; dans les documents de la vie « civile », lettres de correspondance, papiers d’atïaire publics ou privés, textes judiciaires ou administratifs, l’éjiithète ^7; — j n’apparait point; au contraire, elle accompagne les noms propres sur les monuments relatifs au culte funéraire ou divin. L’explication est aisée à fournir : tout homme cjui célébrait le culte funéraire ou divin’ entrait, par la force des purifications préliminaires, dans le monde des dieux (cf. p. 29). Devenu divin lui-même, il possédait, pour le temps du service sacré, la « voix créatrice », et s'en servait pour faire « sortir » les offrandes, mettre en fuite les adversaires du dieu et transmettre à celui-ci la vie divine : c’est ce qu’exprime j clairement notre rituel, où lïorus, c’est-à-dire l’otliciant divi- I nisé, déclare, dès le début du service sacré, « qu’il réalise la voix par son œil » P P- D’^Gitre
part, ceux qui reçoivent le culte funéraire, par la force des rites divins, deviennent aussi « possesseurs de la voix créatrice ». Les ofliciants, comme les adorés, peuvent donc s’attribuer l’épithète de mà khrôou. L’état de grâce, que donne la qualité de niâ klu'ôou, était temporaire pour le commun des hommes; mais Pharaon, fils des dieux, dont la divinité était journellement renouvelée, avait la voix créatrice pour tous les actes royaux : à la guerre, il était niâ kJirôou pour renverser ses ennemis; en temps de paix, il gouvernait les
1. Le fait que lepitliète mû l.lirôoii ne désigne pas forcément des morts a été mis en pleine lumière par Maspero {Études de niijthologie, f, p. 108-109).
2. Maspero {Études, 1, p- 109) arrivait à la même conclusion, mais par application de sa théorie sur la nécessité d’avoir la « voix juste » pour réciter les formules.
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deux terres en mâ khrôou' . Régner, c’était renouveler sur terre la condition d’existence des mâ khrôou célestes.