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phrase suivante (Isis). Dans la chambre d’Amon à Abydos, le texte est au 2' tableau; dans les autres chambres, au 21' tableau (mutilé).
3. Sardt désigne la terre sigillaire sur laquelle le roi, sortant du sanctuaire, imprimait le sceau de son anneau (stèle de Piankhi, 1. 104).
de la
ANNALES DU MUSÉE GUIMET
la rupture de la terre sigillaire, est la même que celle du 2'^ tableau déjà reproduite. Le chap. viii n’est, en effet, que la suite du précédent; le rituel de IMout supprime la rubrique du titre et ne sépare pas les deux chapitres : le rituel d’Amon ne fait donc que décomposer les mouvements de la rupture des scellés.
Après une allusion mythologique, sur laquelle je reviendrai, le texte rassure le dieu qui aurait pu s’effrayer de l’ouverture des portes de sa retraite. Le roi-prêtre affirme qu’il ne vient pas pour nuire au dieu : la variante des rituels d’Abydos (Isis; donne : « Je ne suis pas venu pour éloigner cette déesse de sa place. » Au contraire, l’officiant vient établir le dieu sur « sa grande place », c’est-à-dire son trône dans le naos; et ici le roi rappelle d’un mot que c’est lui qui a rhal)itude de « monter vers les dieux »; j’ai signalé plus haut (pie la venue du Pharaon vers le temple pour un service sacré s’appelle en effet (( royale montée vers le temple »
La première phrase du chapitre nécessite un commentaire détaillé. Nous verrons plus loin, au chap. x, que le naos du dieu (ou du mort dans les rituels funéraires) est assimilé au ciel et à l’eau céleste Qob/tou, qui était issue de l’eau luâmordialc Noun, réceptacle de tous les germes. Ici il n’est question que de l’eau céleste, et l’on met cette eau en rapport avec les viscères d’Osiris qui en sont « retirés ». Le mot ((retiré», n (atchou), peut être envisagé
comme une forme de la racine aJion (| |, (( tirer, Imler », qui, dans les tableaux de Béni-IIasan ’, désigne la (( pêche à la ligne » ; en ouvrant rabiine céleste (le naos), on venait donc y (( repêcher » les viscères d’Osiris. Notons à ce sujet (pie, pour ouvrir le naos, on a déjà, au chapitre précédent, rompu
1. J>cni-//(isaii, I, pl. XXIX, au dessus d’un pêcheur à la ligne. Ou dit que les lialeurs des barques divines « tirent à la corde » ({|q ^ t les banjues (O. Daressy, Mission du Caire, A'IIl, 'h P- •183).
RITUEL DU CULTE DIVIN EN ÉGYPTE
le lien du sceau; ce lien est désigné par un mot àadit signifie aussi « filet de chasse ou de péclie » ; il semble qu’au moment de la rupture du lien du sceau, un jeu de mots évocateur d’une scène de pêche au filet se jirésentait à. l’esprit. — Or, quelle est cette « pêche » dans l’eau céleste, où l’on ramenait tantôt les viscères d’Osiris, tantôt, d’après le texte d’un tableau d’Aliydos, « les cœurs des dieux ® » ? L’explication nous sera donnée par une des traditions sur les moyens de « rechercher l’œil d’Horus », c’est-à-dire l’âme du dieu égarée qu’il fallait lui ramener au début du service sacré.
Au chapitre précédent, le roi-prêtre annonce qu’il vient apporter au dieu l’œil d’IIorus, c’est-à-dire son âme. J’ai brièvement conté plus haut comment l’âme d’Osiris et de tout mort, identifiée au soleil et surtout à la lune, partageait les détresses périodiques de ces astres avant d’être rendue à son corps par les rites funéraires. Une de ces détresses consistait à tomber du ciel dans l’eau, en mémo temps que le soleil qui chaque soir disparait, — pour renaître au matin, — dans les flots du Nil céleste h « Cette forme typique de la défaite divine, — écrit M. Lefébure, — a reçu son expression dans l’événement capital des légendes, la mort d’Osiris précipité au fleuve dans un coffre et sauvé par Isis. Au chap. cxiii du Livre des Morts, les échecs que le soleil et la lune pouvaient subir sont figurés de même dans