Livre des Morts donne des renseignements détaillés’ (cf
supra, p. 33-35).
L’éclipse, c’est-à-dire la disparition de l’œil d’Horus où se réfugiait, après la mort, l’âme des dieux et des hommes, est naturellement une des causes de la « quête de l’œil d’Horus ». D’où l’explication de deux passages du chap. xxii, dont j’avais réservé le commentaire.
Il avait été question, d’abord, de « la double époque ( j ^) de rechercher l’œil ». Or, les textes religieux nous apprennent que l’éclipse, cause de la disparition, était toujours redoutée à deux dates particulières : le deux du mois’,
1. Sur le sens de nesheni, cf. Brugsch, Wôrt., p. 811, et Chabas, Mélanges éggptologiques, II' série, p. 73 et 104. M. Lefébure, dans son commentaire du chap. cxii, a cité les noms employés usuellement pour désigner l’éclipse des yeux d’Horus, qu’avalent périodiquement les ani-
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« l'anéantissement » (Le mgthe osirien, p. 46, 53 et 19). Le déterminatif
, accompagne souvent neshen. L’auteur du De Iside
du ciel orageux.
et Osiride rapporte la tradition d’après laquelle la mort d’Osiris symbolise l’éclipse de la pleine lune (chap. xliii-xliv).
2. C’est « le jour du mois » (Todtenluch, chap. cxxxv, titre). Cf. Lefébure, Le mgthe osirien, p. 83-84.
ANNALES DU MUSÉE GUIMET
quand la lune se renouvelle, et le quinze, quand la lune est dans son plein. Les dieux qui veillaient sur les j^eux d’Horus frappaient les animaux typlioniens le deux et le quinze du mois', et protégeaient la libre «circulation)) ( a) de l’astre osirienb Quand l’attaque de Sit réussissait, quand l’œil était dévoré, c’était surtout à ces deux dates : aussi la quête de l’œil par Thot et Ilorus revenait-elle périodiquement à une « double époque’ )). Il sera encore question de dates de ce genre au chap. xxvi.
Une autre formule du cliap. xxii exprimait le vœu du roi-prêtre de pouvoir circuler sur le chemin où tourne l’astre « en ce jour, en cette nuit, en ce mois, en cette année où l’on est )). Cette énumération se retrouve dans des textes du Livre des Morts et du temple d’Edfou, relatifs aux moments où les dieux solaires combattent et frappent l’animal typlionien' ; c’est une allusion de même ordre que la phrase relative à l’éclipse redoutée.
Cette explication donnée, on conçoit que le roi-prêtre, venu pour secourir le dieu dans sa détresse, ne reçoive point
1. Conib.it le jour du mois, Todtonhuch , chap. cxv, 1. 3-4; combat le quinzième jour, Todtonhuch. chap. cxvi, 1. 2-3; lild. Naville, Textes 7'platifs au ntijtlie d’iforiis, I, 4-b.
2. Todlenbiic/i, chap. cxux, 1. 20; cf. Lefébure, Le mythe osirien, p. 85.
,3. L'n passage des Ælteste Texte, cité par Lefébure (p. 87), appelle
, le moment où Thot vient
« époque de la détresse )), o
sauver l'œil d’Horus.
4. Lefébure, Le mythe osirien, p. 84-85, cite le texte publié par Xaville ( voir p. 87, n.2), où Thot dit, en présence d’IIorus frappant de la lance l’hipjvipotame tyjdionien ; « .Tour de fête en ce jour pendant la minute duquel on a frappé, en cette nuit pendant les heures de laquelle on a frappé, en ce mois au quinze duquel on a frappé, en cette année pendant les mois de laquelle on a frappé, en ce siècle pendant les années duquel on a frap])é, jour de fête en cette éternité. » De même, au Todtenbnch, chap. cxLviii, 1. 16-18, on supplie les dieux de sauver le défunt de tout danger, et on charge ceux qui rendent le culte de veiller en ce jour, en cette nuit, en cette J'ète du yiiinze, en cette année où l'on est.
RITUEL DU CULTE DIVIN EN ÉGYPTE
de lui l’ordre de rebrousser chemin. La sauvegarde que le roi-prêtre apporte au dieu consiste en un « charme protecteur )) khou), que l’ofRciant n’a pas laissé s’affaiblir en lui. Avant le service sacré, le roi-prêtre a, en effet, renouvelé sa divinité; Sokhit, dont le nom est rappelé ici, lui a donné le fluide de vie (cf. chap. v, p. 21), qu’il peut, à son
sa n
tour, communiquer au dieu. Ce fluide de vie ankhou) semble émaner du soleil, car on appelle Râ « le chef du fluide divin» )’; celui qui en était muni
pouvait le transmettre en prenant à bras le corps l’être qui en manquait et en pratiquant des passes magnétiques le long de son dos. C’est ainsi que Sokhit et les autres divinités chargeaient le corps du roi du fluide vital ; le roi procédait de même vis-à-vis des dieux, il embrassait leurs statues et leur communiquait ainsi « l’enchantement » shed), le «charme protecteur» ( khou). Nous avons vu au chap. xxii l’origine osirienne de ce rite; il avait le même effet magique au profit des hommes morts : « Je suis venu pour t’embrasser, dit le fils à son père; voici qu’on frappe le père avec le charme protecteur {khou) »
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