ACTE I, SCÈNE VIII
TRASCHKINE.
Alors, pardonnez ; si vos larmes proviennent de ma présence, pardonnez-moi... ce sont les premières, je crois... ce seront les dernières, je vous le jure.
MADELEINE
Monseigneur !..
TRASCHKINE.
C’est avec mon secrétaire, rfest-ce pas, que vous avez quitté mon château?... C’est ce que je regrette le plus pour vous, ma pauvre enfant... cet homme est une nature étroite, mesquine et complètement inférieure à la vôtre.
OLIVIER
Prince... vous oubliez que je suis là.
Pardon, Monsieur, je ne vous connais pas.
OLIVIER
Votre Excellence ne peut avoir perdu si complètement mon souvenir, qu’elle ne se rappelle au moins mes traits.
TRASCHKINE.
Je vous répète, Monsieur, que je ne vous connais pas.
OLIVIER
Je suis Olivier Séchard, votre ancien secrétaire, l’amant de Madeleine... me connaissez-vous maintenant?..
TRASCHKINE.
Pas davantage!..
OLIVIER
Vous ne...
TRASCHKINE.
Lorsque j’ai fait une mauvaise connaissance, je m’empresse de l’oublier.
OLIVIER
De telles paroles...
TRASCHKINE.
Auriez-vous à vous plaindre de moi, par hasard?., ce serait curieux!..
MADELEINE
Monseigneur!..
TRASCHKINE.
Encore pardon, mon enfant; par égard pour vous, je ne prolongerai pas un entretien qui doit vous être pénible... Je pars; mais si, ce que je crois, la chaîne que vous fait porter monsieur Séchard est trop lourde... souvenez-vous qu’il y a dans mes domaines un petit château que vous aimiez autrefois, et qui vous appartient aujourd’hui.
MADELEINE
Prince !..
TRASCHKINE.
Oh ! ne craignez rien, je ne viendrai jamais vous y troubler. Adieu!..
HENRI, «u dehors.
Mais viens donc, que diable !.. je te dis que tu seras admirablement reçu.
TRASCHKINE, qui était remonté.
Le marquis de Castel-Gonthier !..