LE ROCHER PE SISYPHE
monsieur le comte, et si vous aviez étudié un peu moins les constitutions politiques et un peu plus le cœur de la femme, vous sauriez que plus sa nature est élevée, plus elle vaut, meilleure elle est, plus aussi elle est facile à tromper; et voilà pourquoi j’aitne, et voilà pourquoi je respecte notre chère Madeleine. Car enfin au lieu d'Olivier, cette vipère cachée sous une enveloppe séduisante, mettez ce nohle Henri que vous aimez tant, et vous n’aurez plus le courage de condamner la pécheresse, n'estce pas? Tout est là, monsieur le comte. Madeleine avait fait de son cœur un miroir où elle regardait Olivier. Elle le parait dans son enthousiasme imprudent de toutes les bonnes qualilités qui s’épanouissaient en elle, Mais quand le miroir se brisa, quand la vérité lui apparut, quand elle comprit de quel effroyable égoïsme était capable ce vieillard de vingt-cinq ans, la pauvre délaissée n’hésita pas. Elle comprit qu’il ne lui restait pour unique refuge que la suite d’une \ie d’inlàmie dans laquelle il l’a\ait plongée, ou la mort!... Elle choisit la mort et se jeta à la mer.
Elle!
LÉONARD
Henri et mol, nous pêchions près de la côte et nous fûmes assez henreux pour la sauver. Dieu est là, monsieur le comte !.. Henri la recueillit dans sa maison, la traita d’abord comme sa sœur, presque comme sa fille; mais bientôt... (Sa parole est coupée par un bruit de voiture. — Au dehors mouvement de domestiques qui vont et ■viennent.)
MADELEINE, paraissant et courant & la fenêtre.
C’est lui, Léonard, c’est lui!... (Elle s’arrête confuse à la vue de Christiern. — Henri est entré et la prend dans ses bras.)