ACTE II, SCÈNE II
CHRISTIERN, montrant tel jouet» d’enfant».
Cependant....
LÉONARD
Ah! dame ! depuis que vous nous avez quittés à Nice, notre intérieur s’est augmenté.
CHRIST! ERN
C’est donc vous, Léonard, qui...
LÉONARD
Moi!... Et pourquoi faire, bon Dieu?
Alors!...
LÉONARD
Vous vous souvenez de votre présentation chez M. Olivier Séchard, à Nice, il y a quatre ans?
CHRISTIERN
Si je m’en souviens!... Je n’ai pas revu mon pauvre Henri depuis ce jour-là.
LÉONARD
A telles enseignes que votre départ valut un joli coup d’épéc à notre amphytrion.
CHRISTIERN
A M. Séchard? Ce petit monsieur si content de lui-même, et si fort sanglé dans son importance? J’en suis ravi. Et qui a eu la très-heureuse idée de lui tirer un peu les oreilles?
LÉONARD
Le prince Traschkine.
CHRISTIERN
Ah! tant pis!
LÉONARD
Vous vous souvenez aussi d’avoir trouvé dans cette maison une jeune fille, presque une enfant, que ce malheureux poussait au désespoir.
CHRISTIERN
Sa maîtresse enfin ! Mon ami, ma position d'exilé me force souvent à vivre dans un monde qui n’est pas le mien; ma qualité de garçon me permet d’y rencontrer ces femmes qui sont à tous et a personne; elles me parlent, je leur réponds; mais comme j’ai sur l’infiuence désastreuse que peuvent exercer ces créatures des idées tien arrêtées, je ne les connais pas, je ne veux pas les connaître.
MONTBEL
Voilà de dures paroles. Monsieur, et que vous regretterez assurément quand vous connaîtrez, comme moi , celle qui les a provoquées.
CHRISTIERN
Comment?
MONTBEL
Croyez-vous donc que le docteur Montbel courberait ses soixante années de probité devant une femme indigne? Non,