‹ Le rocher de Sisyphe drame en cinq actes, en proseChapitre 41 sur 98 · ACTE n, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE n, SCÈNE IV

rapporte, ce lot? deux mille francs de locature au père Gniole, pas vrai?

CL0PIN, avec un soupir.

Deux mille francs!... C’est t’y Dieu possible ?

FROICHAULT, cootinuant.

Bon! voilà pour deux mille francs, puis peut-être quasiment trois mille de bois que vous vendez. Ça fait cinq mille francs, déduction faite des frais, l’intérêt à cinq... Vous voyez que je vous la fais belle... Vostarres vaudraient cent mille francs.

LÉONARD

Cent mille francs !

FROICHAULT.

Pas un rouge liard avec... Mais, dame !.. moi, je les aime, ces terres-là; je les connais. C'est là que j’ai venu au monde ; c’est là que j’y mourrai... C’est là aussi que j’ai trouvé le mioche.

CLOPIN, l’embrassant.

Ne pleurez point, père Gniole.

FROICHAULT.

Eh bien! à seule fin de tout ça, j’en donne cent cinquante mille francs.

LÉONARD

Allons donc!

FROICHAULT.

Cent quatre-vingts...

LÉONARD

Non.

FROICHAULT, le regardant dam lei yetn.

Deux cents...

LÉONARD, de même.

Vous disiez que vous n'aviez pas le sou.

FROICHAULT.

J’emprunte à cinq du cent.

LÉONARD, raillant.

Pour payer une terre qui ne rapporte que deux et demi.

FROICHAULT.

Oui. parce que not’ seigneur est le plus brave des seigneurs. Oh ! le Bourguignon n’a point froid aux yeux, allez... et il ne veut pas que ses champs tombent aux mains de quelque blancbec qui, sous prétexte qu’il a d’s écus, viendrait parler de la tarre à un vieux loup comme moi, qui la pioche depuis soixante années que le soleil a passé à lui tanner la peau et à blanchir ses cheveux.

\ CHRIST1ERN, emporté par l’accent de vérité du paysan.

Bien dit, mon brave. Henri , je me ligue avec ce brave homme et sa demande...

HENRI

Mon Dieu ! si tu le protèges...

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