ACTE III, SCÈNE II
LA DUCHESSE
Oui, prince, mon mari, vous le savez, lui a servi de père après la mort prématurée de ses parents, et il doit nous amener sa jeune femme qu’il veut présenter au due.
THASCUKINE.
J’ignorais qu’il fût marié.
LA DUCHESSE
Je crois bien, vous arrivez de la Sibérie. Je suis étonnée de ne pas les avoir encore entendu annoncer.
TRASCHKINE, désignant Montbel.
Est-ce que ce vieux monsieur n’est pas...
Le docteur Montbel.' Vous le connaissez?
TRASCHKUSE.
J’ai eu l’honneur de le rencontrer en Italie.
LA DUCHESSE
Oh! mais, alors, je vais vous en dire tout le mal que j’en pense, (a Montbel.) Venez donc ici, docteur.
MONTBEL
Madame la duchesse...
LA DUCHESSE
Je disais au prince Traschkine, que vous connaissez déjà, (l*« deux hommes se saluent.) je disais que vous êtes un homme dangereux.
MONTBEL
Madame la duchesse me flatte.
LA DUCHESSE
Croiriez-vous, prince, qu’il accapare toutes nos jolies femmes.
MONTBEL
Non, Son Excellence ne le croit pas.
LA DUCHESSE
Qu’il les fait caqueter au grand scandale de nos danseurs.
MONTBEL
Par exemple...
Oui, oui, rougissez.
MONTBEL
J’en suis incapable, madame la duchesse. »
LA DUCHESSE
Vous êtes un enfant terrible ! Je vous inflige pour pensum de garder votre cortège et de l’amuser jusqu’à l’heure du souper.
MONTBEL, s’inclinant.
J’y tâcherai, madame la duchesse, (il salue Traschkine, qui s’éloigne arec la duchesse. — Le cercle des jeunes femmes se reforme immédiatement autour du docteur.)