LE ROCHER DE SISTEHE
mourir quand vous m’avez recueillie !... (Léonard va p#ur répondre.
l’émotion le suffoque, il remonte à la fenêtre du fond et s’y accoude.)
CIIRIST1ERN.
Et maintenant, madame la marquise, que comptez-vous faire?
MADELEINE
Puisque la mort m’a déjà trahie une fois, je veux, échapper, par la fuite, à cette odieuse vie où je finirais par haïr celui que j’ai tant aimé... je veux... Mais à quoi pensez-vous donc, monsieur le comte ?
C'.HRISTIERN, regardant Madeleine dans les yeux.
Je pense à Mignon, regrettant sa patrie !
Et à Madeleine regrettant sa liberté, n’est-ce pas?... Ah ! que Dieu vous pardonne !... vous ne me comprenez pas !...
TRASCHKINE, au dehors, à Leonard qui est à la fenêtre.
Pardon, Monsieur, vous êtes du pays?
LÉONARD
Oui, Monsieur !
TRASCHKINE.
Je crois que je me suis égaré, voulez-vous me remettre dans mon chemin?
Cette voix!...
MADELEINE
LÉONARD
Très-volontiers, Monsieur. Où allez-vous?
TRANSCHKINE.
Au château de Granville, en suis-je loin?
LÉONARD
A deux lieues environ...
{madeleine.
Léonard !
LÉONARD, se retournant.
Madame la marquise?...
MADELEINE
A qui parlez-vous doue là?
LÉONARD
Au nouveau propriétaire du château de Grandville.
MADELEINE
Lui! le prince Traschkine!... Allons, mon malheur est complet!...
CHRISTIERN, qui a tout observé, à part.
Comme elle est troublée, mes soupçons étaient donc justes !.. et ce désespoir n’était qu’une ruse infâme !
LÉONARD, qui est retourné à la fenêtre.
Mais la nuit est déjà bien noire, Monsiour! vous ne retrouveriez pas votre chemin dans la forêt : si vous voulez bien le permettre, je vais vous donner un guide.