‹ Le rocher de Sisyphe drame en cinq actes, en proseChapitre 96 sur 98 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

■ HENRI, seul.

Ainsi, c’est donc possible!.. Madeleine, à qui j’avais confié la garde de mon honneur... Madeleine, à qui j’avais dit : Viens à moi, viens!.. Je lais de mon nom un manteau pour cacher un passé que je ne veux même pas connaître! . Madeleine m’a trahi!.. Madeleine m'a trompé!.. Quoi! ce sourire qui me faisait rêver du ciel, ce regard où la candeur de l’enfant se mariait à la douceur de i’archange, celte voix qui vibrait comme une harpe éolienne qu’agite un souffle inconnu!... tout cela signifiait seulement: mensonge!., fourberie!., basse et lâche trahison!.. Oh! quel supplice Dieu réserve-t-il à de pareils coupables?.. Va, maintenant, va, chevaleresque Henri, relève les femmes tombées... réhabilite les victimes de l’opinion... soutiens les faibles, secours les opprimés, fulmine contre le monde et ses préjugés... Après avoir lutté avec les forts... après avoir été précipité du sommet, va te colleter dans quelque obscur village de Bourgogne, avec la morale en guenilles... viens rougir devant la vertu en sabots! .. Fais de ton blason un diadème et placc-le sur le front d’une femme pour laquelle tu as tout bravé! Cette main dans laquelle tu as mis tous les trésors de ton cœur et de ton esprit, cette main sera celle qui te soufflettera! .. cette femme que tu as arrachée au mépris public, pour eu faire la chaste gardienne de ton foyer, cette femme introduira l’adultère sous ton toit! Va, va, pauvre imbécile! endors-toi dans les fausses

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