‹ Le rôdeur français, ou, Les mœurs du jour [signed De R..... ] (volume 2)Chapitre 40 sur 60 · DU PÈRE T. A CHAISE · texte numérisé non relu

DU PÈRE T. A CHAISE

par sa richesse et ses dignités...., La douleur n'est point fastueuse.... lime serait difficile de croire à celle d'un grand seigneur qui , en élevant un tombeau à sa femme, a eu soin d'y faire inscrire : Ci-gtt Marie 2?.....

épouse de F. G de K duc de f 7 *....,..

maréchal d'empire, sénateur, membre du grand conseil, grand officier de la légion d'honneur, grand-croix de tordre royal de Wurtemberg t grand-croix de Tordre de la Fidélité de Bade, etc. , etc. Mais comment refuserais-je d'ajouter foi aux regrets si simplement exprimés sur cette petite tombe isolée , non loin de celle du grand seigneur...? Là, est tout ce que f aimé.

On oublie assez facilement les promesses faites à ceux qui ne sont plus. Que de personnes ont promis une visite à l'ami qu'elles regrettent, à l'époux qu'elles ont perdu, et se sont dispensées d'un pareil voyage 1 Je n'en veux pour preuve que cette herbe grandie sur la terre qui couvre leur cercueil , que ces fleurs fanées, que ces arbustes mourans qui accusent la négligence et nous révèlent l'ingratitude.

i. il

A4$ ht, CIMETIERE

Je cherchai partout le tombeau de ce poète célèbre qui naturalisa parmi nous M il ton et Virgile, dont la vie fut un sujet continuel d'admiration , et la mort une source de re?

grets éternels. Je l'aperçus; il n'était point surchargé d'épithètes orgueilleuses > cFéloges pompeux. Un flatteur avait rappelé sur la tombe de Lotxrdet de Santerre, le titre de ses opéras , et gravé un quatrain à la gloire de l'auteur de Colinette à la cour : une main Jtmie s'était bornée à écrire le nom seul du grand poète sur son tombeau... Je Pavoûrai cependant avec douleur, je fus surpris de Voit une terre sèche, des arbres flétris, entourer la tombe de Delille ! Personne

n'avait songé à l'anniversaire du Virgile français ! (i) Combien cet oubli me fht pénible, et me parât plus senstb&e lorsqu'en jetant les jeux autour de moi, j'aperçus à quelques pas de là, l'enceinte ou repose un de nos plus habiles architectes. Sa tombe était or* Bée de fleurs fraîches écloses. La girofflée, le bouton d'or , la marguerite , la pensée f

(i) Delille est mort le i". mai 18 15.

DU PERE LA CHAISE. v/fi

entouraient un gazon encore humide , et s'effeuillaient d'elles-mêmes sur le cercueil d'un père , d'un ami, que n'avaient point encore oublia cçu* qu'à aima 4 tendrement.

Je fus distrait de oçtte penséç affligeant?

xjue les morts conservent peu d'amis, par la .singularité d'une épitapbo /ainsi conçue : Je sais décédé U; prevupr février ï8j5. Je m'aperçus , en lisant ces mots y que le ri-* dicule sèche les larmes et tue la douleur.

Comme je traversais l'espace où sont pour ainsi dire réunis . Chenier , Delille et Fourcroy , je vis uue jeune femme \ génoise dovant une petite colonne de marbré blanc , surmontée d'une urne cinéraire ; je m'arrêtai , dans la crainte de la distraire. ; mais trop profondément occupée de sa douleur, elle ne m'avait point aperçu. Elle tenait à la main un bouquet de fleurs qu'elle effeuilla «ur la tombe de l'objet de ses regrets , et une couronne de buis qu'elle passa autour de la colonne. Ensuite elle s'éloigna lentement en jetant un regard plein de tristesse vers le lieu qu'elle venait de quitter. Cette

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