IDE NUIT
lance, dans le cas où j'habiterais la maison t qu'il occupait, et lui glissant dans la maia qu'il avait de libre, un louis que je le priai de garder comme un souvenir de notre connaissance > je l'invitai à me servir de guide et a jne montrer les appartemens de ma maison
future impossible > me dit-il en secouant la
tête d'un air niaisement malin •, dans ce nio^ ■ ment-ci les locataires de monsieur sont tous au lit, et je n'ai garde, malgré le respect que je Jui dois, de les interrompre dans leur premier sommeil^ puis, en souriant de mon étonjiement, où il entrait un peu' d'incrédulité : oh ! la maison de monsieur n'est pas une maison comme une autre , et ,^pour peu qu'il daigue m' écouter un instant , je vais lui prouver qu'il en est bien peu dans Paris qui lui ressemblent.
ce D'abord, à commencer par votre servi* ■* tçur, cette maison-ci n'est remplie que - « d'honnêtes gens , vivant du produit de leur « travail, se mêlant rarement des affaires pu- « bliques, jamais de celles de leurs voisins, « Chose essentielle : les locataires paient exacte tement leurs termes. Depuis que j'ai l'ayan^
ag4 LES MÉTIERS
ce tage d'être à la porte , je n'ai pas encore tiré m le cordon à un huissier, et n'ai point recala cr visite dun créancier malhonnête. L'ordre « le plus sage règne dans ce logis ; il n'est « point troublé par le commérage des uns et « le caquetage des autres, attendu que périt sonne n'a le tems de se rendre visite. Lés uns « sortent à huit heures du soir, ceux-là...— « Comment! repli quai-je, la maison est donc « ouverte toute la nuit ? — Oui Monsieur, il faut « bien que ces braves gens aillent à leurs occu- « palions. — Et quelles occupations peùt-on « avoir ?... — C'est là ce que je vais vous expli : if quer. Si vous le permettez, je procéderai « par étage, en vous faisant connaître à-la-fois « le nom, l'état, et les moyens d'existence de « vos locataires.
« Le premier sur le devant est occupé dece puis vingt ans par une dame respectable, ce que les excès de la révolution avaient ruinée, « et à qui il ne restait alors , d'une fortune « immense, qu'une rente de mille francs, in- « suffisante pour elle «t pour sa fille. Ne vou- « lant pas recourir à la générosité tardive de ic ses parens, trop fière pour implorer la pi-
DE NtJlt. 2{)8
te tié incertaine de ses amis, mad. de B.,., qui « craignait, d'ailleurs, de compromettre un « nom justement illustre, prit une résolution tt singulière. Le hasard l'informa des usages « établis aux marchés de la halle; elle vendit * quelques bijoux , réalisa une petite somme,, « et entreprit un genre de commerce dont le -•r succès était d'autant plus douteux que, jus* « qu'alors , elle n'avait eu aucune connaissance « de cette espèce de spéculation : chaque nuit « mad. de B.... , vêtue d'un costume très* « simple, coiffée d'un madras , affublée d'une « mante de futaine brune, quittait à onze «r heures son appartement, et, à l'insu de tout « le monde, elle se présentait à la halle où», « protégée par un des employés supérieurs « qui avait, pour ainsi dire, pénétré son se- « cret, elle se rendait adjudicataire de voitures « de fruits et de légumes, quelle divisait enr « suite en plusieurs lots, et qu'elle revendait^ et en moins d'une heure, à diverses mar»- « chaudes. Son bénéfice fut d'abord peu conr « sidérable, mais ensuite il s'augmenta teller
« ment, qu'il fournit h mad. de B, lep
« moyens de placer M u «. Cécile dans une penr