AHI
Le duc de Beaumirail, chef de quatre comtés, déclare que ses hommes refusent de marcher.
COPIIÉTUA
Qu'esî-ce à dire? Qu'est-ce à dire? Est-ce ainsi qu'un vassal parle à son suzerain? Que notre conétable parte sur l'heure avec les troupes de ma garde, qu'il s'empare du traître et me l'amène ici, pieds et poings bien liés, afin qu'il soit jugé par la cour de justice. — Mario, tu m'entends!
AIARIO
Sire, le connétable est parti ce matin.
COPHÉTUA
Il est parti? Pourquoi?
MARIO
Je l'ignore, seigneur.
(Entre Albéric.)
ALBËRIC
Une lettre du connétable. ^
COPUÉTUA
Ouvre-la, Mario. Fais-nous-en la lecture.
IMAIUO
Honte! honte! infamie!
Lis-nous donc cette lettre !
MAHIO
Sire, pardonnez-moi! Je n'oserais jamais.
COPHÉTUA
Lis donc ! Je te l'ordonne.
IMAUIO
Non, non, c'est impossible... Ah! le félon! le traître I
COPHÉTUA
Lis cette lettre, dis je !
MARIO
Il le faut?... Ecoutez ce message hideux: c(0 roi Cophétua, indigne d'être roi, tu livres ton royaume au meurtre, à l'incendie, aux dévastations, et ton peuple innocent aux horreurs des massacres parce que, sans respect dp tes nobles vassaux ni des rois, tes voisins, lâchement insultés par toi dans ton palais, ton cœur ignoble et vil, tes basses passions ont fait d'une pouilleuse, coureuse de grand'routes, ta compagne de Ht, la reine d'Astremonde. Ne compte point sur moi pour défendre un ruffian vautré dans son ordure. Je m'en vais sur mes terres, j'y lèverai mes troupes, mais je vais avec elles m'unir à ceux qui te combattent, et je t'arracherai du trône que tu déshonores. Adieu, pourceau royal! Défends-toi, si tu peux ! »
EiniENGARDE
Ignominie sans nom !
ALDÉRIC
L'infâme scélérat!