Scène première. — La grande salle du château
Cophéiua, Rosamie, Ermengarde, Mario, Randolfe, plusieurs seigneurs
COPUËTUA (froissant un papier)
C'en est fait, c'est la guerre. Les trois rois qui furent mes hôtes, osent nous envoyer des cartels insultants. Les troupes de Tongrie ont franchi la frontière, incendiant les bourgs, pillant villes ei champs avec une fureur sauvage. L'armée de la Thuringe est déjà ras.'>emblée. Quant au roi de Nordiande, malade de colère, il a juré de nous détruire. Ses messagers appellent aux armes tous les vassaux de son vaste royaume afin de nous livrer des combats sans quartier.
ROSAMIE
Oh ! à cause de moi !
no LE ROI COPHETUA
COPIIÉTUA
Nous saurons réprimer leur jalousie infâme en leur prouvant bientôt la force de nos bras et quels cœurs courageux battent dans nos poitrines.
ERMENGARDE
Le jour de leur départ, sans attendre vos ordres, j'ai fait, par Mario, écrire à vos vassaux qu'il leur était enjoint de rassembler en hâte tous les soldats de leurs domaines.
COPDÉTUA
Nous ont-ils répondu?
MARIO
Le prince d'Apremont, votre grand maréchal, écrit qu'il est malade et qu'on ne peut compter sur lui.
COPHÉTUA
Que le diable l'emporte! Qui le remplacera?
MARIO
Il enverra son fils avec quatre mille hommes.
COPIIETUA
Quatre mille hommes? C'est vingt mille qu'il me doiti Ecris-lui, Mario, que s'il ne se décide à venir
en personne avec toutes ses troupes me joindre dès demain, je l'irai, à la tête de ma garde fidèle, chercher dans son repaire et que je le pendrai à la plus haute tour de son hideux château. Allons ! que font les autres?