‹ Le roi des étudiantsChapitre 10 sur 10 · I.K r.OI DES ÉTUDIAMS. 2(il · texte numérisé non relu

I.K r.OI DES ÉTUDIAMS. 2(il

« Vous (Hos marié, Daniel, je le sais, soyez heureux... ne craign(V. pas de me revoir et d'avoir à rougir au bras de votre femme; je ne reviendrai pas en France... Je meurs loin de vous... loin de ce pays où je fus assez folle un moment pour croire que vous m'aimiez... que vous ne m'aliandonneriez pas.

« Oh! ce ne sont point des reproches que je vous adre^■se ici, mon Daniel ! ne m'en veuillez pas de ce dernier adieu... de ce dernier souvenir que j'ose évoquer en votre mémoire ; eh , mon Dieu ! puisse ce souvenir n'être pas entouré de honte et de mépris!

« Mais il est bien permis, n'est-il pas vrai^ au lit de mort, de se rappeler les jours heureux, de prononcer les mots, le nom qui vous furent chers?

« Et ces jours heureux qui se déroulent en ce moment devant moi... sont nos jours de tendresse au fond de votre petite chambre, nos promenades, nos rêves... vous savez... sous les allées fleuries du Luxembourg. Et ces mots, ce nom que je dicte à celle qui vient de m'apprendrc votre mariage... comme si je ne me sentais pas mourir assez vite !... sont ceux-ci :

« Mon Daniel, je vous aimais bien !

« Adieu. « LuGii.E. »

Daniel esssuya une larme après avoir lu cette lettre.

Il ne la djéchira pas.

Elle est chez lui... Heni'ietto l'a lue... elle ne s'est pas fâchée contre cette lettre... bien au contraire, elle s'est sentie émue en la lisant.

Car il n'y a que les femmes qui n'aiment pas leur mari (pii tiennent à ce qu'on n'ait jamais aimé qu'elles.

Maurice et Edith sont heureux. L'un et l'autre en sont à leur premier amour, et dans cette union char-

•iO£ l.i: ilitl liES ÉTUDIANTS.

mante, et à l'exontricité de Lufiiellc on ne croira peut-être pas, il y a eu, je l'atteste, échange entre nos deux jeunes cœurs, de naïvetés ravissantes, de caresses toutes chastes encore, dans leur élan impétueux et instinctif, dans loxir exquise volupté. Ceci contraste im peu, et n'en est cpie plus admirable... ne pensez-vous pas comme moi ? avec tant de mariages de notre temps... mariages singuliers, ou l'élève se rit trop sou\ent, tout bas, des leçons de son maître.

M. de Lano s'est retiré aux environs de Rouen. La vie pauvre et solitaire de cet homme habitué au luxe et à la société, est une sorte de suicide elFrayant de résignation et de tristesse.

Enfin, je me suis trouvé hier dans une soirée sans prétention, oii brillait mademoiselle Zélie.

Mademoiselle Zélie n'est plus avec Lionne!; ceci ne m'a pas étonné. Mais ce qui m'a causé mie impression (jue je ne saurais rendre, c'est d'avoir entendu la lorette conter, en riant aux éclats, à une de ses amies, comme quoi elle avait été la cause d'un duel entn; deux de ses amants, et comme quoi l'un deux avait été tué en lui en^oyant, à elle, son dernier soupir, son dernier regard.

0 vanité!... Pauvre Laurence!... Une raillerie de mademoiselle Zélie de\ait-elle être la seule oraison hmèbre du roi des Étudiants !

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M^fr^Mùi^

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