LES VAUTOURS
A travers l'arceau formant roiiverture de ce. rôle, on apercevait, avons-nous dit, la campagne verdojanle. Les \apeiirs lourdes se dégiv^eanl de l'eau, et demeiiranl en
coiirJK! f élevée il sa surface, ne s'oppo>.aienl pas à ce
(|ne le regird cnibr.issra l'hori/on. La parlii; ilc l'Ile (|iie l'on avait en perspeclive était celle, nppai'leii.inl aux (!araïhcs rondes. C'ébiit Itmle leiti; admirable sa\aneaii cenin! d*' laiinclle s' ('levai!, (|iiel(|ues Joins niipnravanl encore, le tliarmant ciirhet où (Charles et Mahnrcc avaienl lrou\é jadis une ho.spilahlé si (généreuse, ce carbel (|n'avaienl livré (iampariai cl Bamboula, ce carbel qu'avaient iucendié cl iléiruit
les Anglais. Charles, suivant des yeux le geste indicateur de Fleur-des-Bois, contemplait cet admirable coup d'œil,; mais il ne voyait rien cependant qui pût particulièrement attirer son attention. Tout à coup son regard vague s'aui iia : il venait de découvrir dans les hautes herbes une pelilc troupe d'hommfis qui s'avançait vers la mer. Cette petite- troupe se composait de quatre hommes. Le premier, celui qiii mar-cbait en tête et qui paraissait être le chef, était vêtu en gentilhomme français du précédent régime. A ses allures, à sa démarche vive, il semblait être jeune. Ses trois compagnons, s'avançant à distances inégales, étaient trois nègres. Tous trois portaient sur leur épaule un fardeau dont il élait impossible, à cause de la distance, de deviner la forme précise; mais, cependant, on eût dit des corps bumains enveloppés dans de longues couvertures.
Les quatre hommes march lient précipitamment vers le peljt port où les Caraïbes avaient jadis leurs pirogues amarrées, pirogues que les Anglais avaient eu grand soin de détruire en détruisant le carbet.
— Quels sont ces hommes? dit Charles. Que veulent-ils? d'où viennent-ils?
Fleur-des-Bois ne répondit pas. Charles se retourna vers la jpuue fille; celle-ci avait les yeux enflammés, les prunelles dilatées, les narines gonflées... Une colère violente faisait bouillonner son sang. Sa main frémissante était toujours étendue dans la direction de la campagne.
— Celui-là... ce blanc... nmrmura-t-elle comme si elle ne pouvait parler.
— Quel est cet homme? s'écria Charles étonné de la pantomiind expressive de la jeune fille et de l'agitation extrême qu'elle manifestait
— Cet homme, fit Fleur-des-Bois avec un éclat terrible, c'est cdui qui a massacré Is grand chef!
— Celui qui a tué ton père?
— Oui!
— C-lui dont m'a parlé le chef noir, et qui, avec un antre, a livré les passes aux Anglais et le carbet aux flamuies?
— C'est lui !
Et, mus par un même sentiment de vengeance, les deux jeunes gens bondirent en avant. Le lac empesté les arrêta comme une barrière infranchissable. Charles recula. Fleurdes-Bois voulut se pencher; mais elle' s'affaissa sur elle-mêine. Elle avait respiré les vapeurs mortelles. Charles la • saisit dans ses bras, l'enleva et la transporta hors des atteintes du terrible phénomène.
Flcur-<les-Rois se ranimait lentement. Charles avait saisi son liisil et l'épaulait dans la direction du premier des quatre hommes, celui qu'avait désigné la Caraïbe. Il appuya le doigt sur la détente; mais l'huniidité qui régnait dans lô souterrain avait détrempé la poudre. Le fusil fit long feu.
Charles se détourna, saisi par un accès da folie. Durant quelques secondes, les pensées les plus horribles se heurtaient dans son esprit en délire. Les fatigues éprouvées, les angoisses supportées, le sentiment de son impuissance en face de l'ennemi, noyaient .sa raison et menaçaient son cerveau d'une terrible congestion; il poussait des cris sourds et se tordait les mains. Les quatre hommes s'éloignaient de plus en |)lus, gagnant le .sentier qui aboutissait au rivage. Enc(n'e quelques inslants, et ils allaient disparaître derrière les touffes des hantes plantations. Tout à. coup, et connue le premier touchait déjà au ri leau de latauicrs qui bornait l'horizon, nue détonation relenlit.
Le dernier nègre s'arrêta, chancela, tourna sur lui-même et s'abatiitsur le sol en laissant échai)pM' le paquet qu'il portait sur l'épaule. Les trois honnncs s'arrêtèrent à la fois et se retournèrent d'un même mouvement, l'nc secninle détonation déchira l'espace, et un second nè.,'re tomba près du premier. Le troisième jeta à (erre le farileau qu'il soutenait l'I s'enfuit à tontes jambes.
Le blanc, de uré seul, (il un geste de rage, boixlit vers
les p.Kinets étendus, s'empara du plus jiclit des trois et s'élança pour fuir ; mais un homme accourait, plus rapide, que la pensée, son fusil fumant d'une main, un pisbdet menaçant de l'aulre. (let hnniine était de haute taille cl costumé à peu près rcunnie le premier. Les deux Inunines de-
meiirri'iMit iinniobiles à dix pas l'un de l'antre, se i inç.ml
miiliiellemenl de leurs armes, el paraissant iii pi'oie Imis fleux A la plus viidenle et à la plus terrible i'xal(aiii>n. Charles demeurait haletant el fasciné par ce singulier siieetacle. rieur- des-l'.ois repre(Uiil ses sens et coinnien(,aifili respirer lilfremenl.
Tout à coup le premier blanc, celui qui tenait sur son brns iràni'.hn le (dus pulil des trois paquets, arracha les couvertures qui renvclo|)|jaieut, et un cnlaiit jeune encore apparut les br.isallaeliés et un bâillon sur la boiiclie. Eu accouiplissant celte acli1)n, l'hommo parut lancer des paroles (le déti à sou adversaire, et il loiiriia lajjiieule du pistolet qu'il tenait sur la poitrine du pauvre petit èlre. Churles poussa un cri d'horreur; mais il n'eut pasleteaips de l'aire un mouvement. D ux mains crispées se crauiponnèrent à ses vêtements : c'était Fleur-des-liuis qui, lialetaiile et alTidée, se redressait en étreignant Charles. C'est qu'un incident, que Charles n'avait pu remarquer, venait cependant de se produire. : Les deux auti'es paquets rejetés par les nègres, ou léchappés de leiii'S mains défaillantes, gisaient toujours sur Tliei-bc. Ces deux paipicts , d'abord immobiles, s'étaient hieutôl agités avec des muuvenienls eouvulsii's, et les couverUires qui les entouraient, se déroulant subitement, deu\ lemnies s'étaient di-essées en même temps. L'une de ces deux fenniies appartenait à la race européenne; elle en a. ait la jn^au b/am-be et le costume élégant. Ses grands cheveux dénoués ILitlaient sur ses épauies; l'autre était une Caraïbe. La feiuiue blanche batiait l'air de ses bras et seaiblait pousser des cris aigus, comme si elle eût perdu la raison. La Caraïbe s'élança vers l'enfant que menaçait l'un |de.s deux hommes, et saisit le canon de l'arme meurtrière. ' o second personnage arrêta par sa chevelure flottante ■ tVvuma qui cherchait à fuir, et la renversa sur le sol.
. , - .',(),:*e "Ile tOMd)a évanoie, car elle ne fit plus un scii! mnincuient. La Caraïbe luttait avec le premier et cherchait à hri arracher l'enfant. Le pistolet dégagé sa. tourna veis la poitrine de la femme de couleur. Tout cela s'était : accompli -avec la rapidité de l'éclair. Fleur-des-Bois s'était ! h peine redressée, Charles avait à peine étonfl'é le cri de rage que lui avait arraché ce'.le scène si profondément émouvante. — 3La sœur! s'écria Fleur-desBois.
Et elle bondit en avant, s'élançant sans se préoccuper du (Imger.Jille avait franchi le bord du bassin et élait retombée dans l'eau chaude, qui lui monta jusqu'à la poitrine. La température de l'eau n'était pas assez vive pou r déterminer une hrùlui'e ; m;iis les vapeurs empestées qm s'en dégageaient élouffèrenl la malheureuse enfant.
Charles la vit faire un effort... il vit ses doigts crispés se tendre veis le bord opposé... Il la vit faiblir et s'affaisser. Il ne caîcula plus le danger... Retenant fortement sa. respiration, il s'élança à soa tour au milieu de ces gaz délétères qui s'échappaient en sifflant... Il saisit Fleur-des-Bois par ses nattes de combat, l'enleva avec une force extrao.rdinaire, traversa le bassin par un élan désespéré, gagna l'orlé extérieur, et laissa retomber sur l'herbe fleurie, à l'air pur et vi\iliant, le corps inanimé de sa compagne.
Puis, saisissant la hache que Ficur-dcs-Bois avait à sa ceinture, :i bnndit en avant... Les fusils étaient dcnieurés ■' ^iri<1?r i e'.eriie... A peine redressait-il la tête pour mieux iîpirt'i- l'air qui lui avait manqué, qu'un coup de feu retenfissait... Un homme tombait : c'était celui qui tenait l'enfant rtt qui iiieiiaçait Eiùile-du-llalin...
L'auti'e rejeta son aiane inutile, se précipita , enleva l'enfant et courut vers la nier... Eloile-du-M.ilin s'élança, alleignit le fugilif et sd- cramponna à ses vèlemenls-. Charles dévora l'espacé... mais il arriva trop tard... Un coup de poignard, traversant la poitrine d'Etoile-du-.Matin, lui faisait lâcher prise, et l'homme.repritsafuile en emportant sa proie...
Charles fit un nouvel effort... il eftleurait à peine lateri'e... mais cepenilant, plus rapide qu'une llèche, une ombre passa devant" lui... C'était Fleur-des-Bois, qui,. revenue à elle, voyant sa sœur menacée... volait, sans armes, au secours d'Èloile-du-.Matin... Elle aussi venait trop tard... La guei"^ rière poussa un hurlement sinistre et bondit avec une vélocité telle qu'il était évident qu'elle devait rejoindre celui qu'elle poursuivait... Charles atteignait l'endroit où venait de tomber la Caraïbe.
— Charles! fit-elle en l'apercevant. Ah! ton Dieu est le seul vrai Dieu, car il me permet de te voir avant de mourir...
Charles se penrha, la rage au cœur et des larmes plein les yeux... La jeune fille lui prit les mains et les baisa...
— ,1e meurs, dit-elle d'une voix éteinte, je meurs sans avoir pu tenir mon serment!... Ne me maudis pas!... Cet enfuit que j'avais juré de conserver jusqu'.à ton retour, je l'ai lai.ssé arracher de mes' bras... Ne me maudis pas! Charles... Tu n'as jamais su mon secret, je l'ai...
Le râle de l'agonie interrompit la jeune fille... un flot de
sang s'échappait de sa gorge... la mort roidit ses beaux bras et fit frissonner le corps eu emportant l'âme... Charles, ivre de douleur, de rage folle, de colère, Charles, qui n'avait plus conscience de ce qui se passait autour de lui, Charles entendit des hurlements furieux... Il se redressa: Fleurdes-Bois avait rejoint le fugitif : une lutte horritile s'engageait... Charles abandonna le cadavre pour s'élancer au secours de la Caraïbe.
L'homme avait jeté l'enfant à terre... Lui aussi, sans doute, n'avait plus d'armes... La lutte corps à corps était affreuse... On devinait tout ce que chacun mettait déneigie et de force à terrasser son ennemi... (]e combat si terrible devait être court. Charles, cette fois encore, comme si une fatalité se fût attachée à lui, Charles devait venir trop tard... toujours trop tard !...
Fleur-des-Bois, malgré sa force, était enlevée de terre par les bras herculéens de son adversaire, et lancée en arrière, elle allait tomber sur un rocher aigu... Son crâne s'enlr'ouvrit... le sang jaillit... L'homme avait repris l'enfant., ^il atteignait le rivage et s'élançait dans un canot qui paraissait attendre, au moment où Charles, lui, bondissait dans la msr... Le canot, enlevé par de vigoureux rameurs, laissait après lui un rapide sillage. Charles jeta un regard désespéré autour de lui : pas une embarcation, pas une seule n'était dans la baie !... Les Anglais avaient tout détruit!... L'homme fuyait emportaiit l'enfant, et un sloop se dessinait au large... Mais, tout à coup, un nouvel incident survint : le canot, comme s'il eiit fait eau subitement, s'enfonça brusquement sous les vagues. Tous ceux qui h; montaient disparurent... Charles poussa un cri et voulut s'élancer ; mais, entre lui et les naufragés, il y avait la barre des brisants... puis, derrière lui, il y avait des blessés qui attendaient ses secours.
Quand Charles revint vers le rocher au pied duquel gisait Fleur-des-Bois, il se pencha, examina le corps, posa la main sur la poitrine... H poussa un cri de joie... le cœur battait encore!... D'autres cris répondirent au sien. Une troupe d'hommes armés accouraient vers Charles : parmi CCS hommes étaient Henri et Mahurec... ileniï saisit Charles, et l'entraina vers le blessé, qui se roidissait dans des convulsions horribles.
— r Le comte de Sommes, dit M. de Renneville. Regarde
Charles se pencha avidement... Bamboula, car c'était lui, ouvrit les yeux. Ses regards vagues rencontrèrent le visa^ie du marquis. Aussitôt son œil vitreux s'anima, et une légère coloration reparut sur ses joues pâlies.
— Ah! fit-il d'une voix éteinte. Vengeance!... Je meure... assassiné... par... le liai du Inujne!...
Le râle qui déchirait sa gorge l'empêcha de continuer. Cependant il fit un nouvel effort :
— Ven... geance... reprit-il les dents serrées et le corps convulsivement roidi. Cet... homme... ennemi... Paris... moi... papiers... Beaujolais... Roque... fort... le... perdre... Veng...
Bamboula se redressa violemment, battit l'air de ses mains... et retomba...
Un soldat avait relevé le corps de l'autre jeune fille évanouie : cette jeune fille était miss Mary...
Trois mois après, à Puerto-Espafui, cette capitale de la Trinidad, que nous avons vue l'année précédente si brusquement détruite par un épouvantable phénomène, s'accomplissait une cérémonie touchante dans la nouvelle église bâtie sur les ruines de celle qui servait de chapelle au couvent de l'Annonciade. La ville était à peu près reb.'itie et avait repris une partie de son ancienne splendeur, mais elle souffrait encore cependant des suites du tremblement de terre qui l'avait ruinée jusque dans ses fondations. Néanmoins, la richesse énorme des principaux habitants n'avait pas tardé à rendre la vie à la cité agonisante, et, si le deuil était encore dans bien des cœurs, la ville -avait repris, en partie, ses airs de fête.
Ce joar-là où nous revenons à Puerto-Espana, une cérémonie touchante, disons-nous, avait lieu dans la chapelle de Notre-Dame. Celle cérémonie, qui avait commencé par un double mai'iage célébré par le prêtre es|iagnol, se terminait par la conversion d'une jeune Indienne caraïbe, laquelle, renonçant au culte de ses pères, entrait dans le giron de la foi chrétienne.
Peu de personnes, mais des personnes d'élite, assistaient à celte triple cérémonie. Parmi les téliioins des mariages figuraient deux de nos anciennes connaissances : le bon docteur César et Don José, ce noble Espagnol qui avait voulu prêter un secours. si efficace au corsaire français. Les cérémonies religieuses accomplies, on se rendit chez l'excellent docteur. Les deux couples que la loi divine venait d'unir semblaient émus par la plus douce des joies. Allant alternativement de l'un à l'autre, se remuant, se trémoussant, le visage rajonnant, les coudes en dehors, on voyait un matelot dans toute l'expansion d'un bonheur sans mélange.
Ce matelot, c'était Maburec, c'était le Roi (les gabiers. Quand on fui dans le talon du docteur, Maburec s'approcha des mariés, et saisissant respectueusement les mains des deux hommes qu'il pressa dans les siennes :
— Monsieur Charles et monsieur Henri, lit-il d'une voix émue, dites-moi que vous êtes heureux !
— Nous le sommes, matelot ! dirent à la fois les deux jeunes gens en regardant les jeunes femmes qui s'étaient rapprochées doucement.
Le matelot soupira joyeusement.
— Ça fait du bien au cœur ces paroles-là ! murmura-t-il. Puis, reprenant à voix haute :
— Pour lors, mes commandants, puisque le bonheur est avec vous, Mahurec peut vous laisser sur charge et filer son écoule !
— Tu veux nous quitter ? dit Charles.
— Oui, je veux retourner en France... j'ai tiré mon plan.
— Ne peux-tu nous confier tes projets?
Mahurec se recula avec un embarras visible.
— As pas peur ! répéla-t-il, j'ai mon plan ! Henri l'entraîna à l'écart.
— Je t'ai deviné! dit-il. Tu veux retrouver cet enfant que nous avons perdu ?
— Oui 1 fit le matelot.
— Eh bien 1 attends, Maburec, et demeure avec nous. Dans cinq mois, nous serons en France.
Maburec regarda son officier
— Vous aussi, dit-il, vous croyez qu'il vit encore ?
— Je ne sais, répondit le vicomte, mais quand le canot a sombré, des embarcations se détachaient da sloop. Qu'étaitce que ce sloop? nous l'ignorons; mais il faut espérer encore.
— Ainsi, vous voulez retourner en France ?
— Oui, continua le vicomte, ce plan que tu as formé est aussi le nôtre. Nous faisons partie maintenant de la famille des Niorres, et le dernier descendant de cette famille si malheiireuse a droit à toute notre affection, à toute noire protection, s'il a pu échapper, s'il vit encore. Dans cinq niois nous serons à Paris, portant haut la tête, car notre réliabilitation sera prononcée, Fouché m'en a donné la nouvelle. Dans cinq mois nous reverrons la terre natale, qui a besoin, contre ses ennemis, des bras de ses enfants. Par les soins du docteur et de don José, nous allons armer un corsaire à la Trinidad, nous embarquerons : Fleur-des-Bois nous accompagne. Maintenant que sa patrie est devenue anglaise, elle abandonne les Antilles. Viens avec nous, matelot : tu sera notre maître d'équipage !
— Tonnerre de Brest ! hurla Mahurec en battant un entrechat, il y aura donc encore du nanan !....Et je te croche l'Anglais !... C'est dit, mon commandant, mais à une eondilion, c'est que les amis, le Maucot, Petit-Pierre et la Rochelle, qui ont la vie dure, seront mes gabiers de choi.x. As pas peur I coux-là seront garJes-pavillon et ils cloueront la flamme le jour oii un boulet ennemi coupera la drisse! Tonnerre ! Mahurec a juré dans les temps de se faire, tuer pour vous, et il n'y manquera pas !
Léonore et Blanche s'étaient rapprochées : elles unirent leurs mains pour serrer dans une même étreint-^ les doif*" rudes du brave gabier ; elles savaient tout ce qu'il y avt^" de dévouement pour ceux qu'elles aimaient dansée cœiifr si lojal qui battait sous une écorcc de fer.
— Dieu est avec nous ! dit une voix douce, espéi'ons ea sa bonté pour récompenser ceux qui ont souffert 1
Hit Fleur-des-Bois, passant ses bias autour de la taille des deux jeunes femmes, les raviprocha de sa poitrine.
— Mes sœurs ! lit-elle en les embrassant.