‹ Le roi des HallesChapitre 8 sur 28 · LN COMBAT · texte numérisé non relu

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lalions avec M. le prince, qui ne dataient que de l'occupation d'Orléans par Mademoiselle, el du combat livré par Condé au maréchal d'Hocquincourt , qui s'était campé à Beneau: les quartiers de M. le prince avaient été établis àChàtillon-sur-Loing qui appartenait à la duchesse; a la première nouvelle de cette occupation militaire, elle était partie en toute hâte pour sauver son château du pillage: on se rappelle la rencontre qu'elle fit aux portes d Etampes, et ce qui en advint jusqu'à Orléans où elle se sépara de madame de Nemours ; en (juittant cette dernière; elle prit immédiatement la route de son château , où elle arriva dans la soirée. La réception qui lui fut faite par M. le prince la consola un peu des désopdes qu'elle avait remarqué en traversant la cour de son château. Condé avait besoin d'une distraction; la duchease la lui oflril de la meilleures grâce du monde, el c'est ainsi, dil le comte de Fie8C]ue. (|ue commencé-

rcnl It's rrliiiiniis iiiliitKN <lniil cil»- linsail

NciiKUji s M «'liiU |)()iiil );il«»ijx ni l'ru jfMi\ . il \v rrovailcl W icpclail sins cess<'. si birn (ju il s'était foriiir une rspccr de conviction intime dans la(jiuHr il re|)oi:ssait iiHTj^nijuemenl loul ce qui m* [MVbcnlail a son esprit .^ous ce^ deux formes: envie ou jjilou^ic Opendnnt il n'Iu* sita pas un seul instant après le départ de M. deFies(|ue. cpii allait |K)rter plus loin son humeur insoucieuse cl ses causliijues remar ques. à ori^aniser un |)lan de vengeance dans lequel M. le prince, madame de Ciiàlillon et son beau-frère, le due de Beaufort . étaient en veloppés.

Au premier. \\ reprochait d'avoir méconnu ses services après le dani::er passé: a la seconde, de lui être infidèle aussi ouvertement: enlin a M. de Beaufort >a nomination (omnie gou verneur de Paris

— Vive Dieu! s ecria-t il après ^vuw mù remeni réfléchi à son pian .le Nenj:;enn(^e. je

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lirerai pleine et entière satisfaction de toutes leurs insultes. Ah ! M. le prince, vous oubliez ainsi les amis les plus dévoués à votre cause ? ceux qui prodiguent follement leurs biens et qui versent leur sang pour en assurer le succès. 11 y a-t-il donc si long -temps depuis ce jour où les troupes de Mazarin harcelaient nos soldats, où prêts de périr aux portes de Paris, nous reçûmes de Mademoiselle un secours qui permit à ceux qui n'étaient pas encore épuisés par les fatigues du combat de rentrer dans Paris de s'y mettre à couvert derrière ses hautes murailles. .Peu de jours se ^ont écoulés depuis ce moment là, et déjà vous avez perdu le souvenir du général qui protégea votre retraite, et soutint jusqu'au dernier moment les furieuses attaques des troupes de M. de Turenne. Prince de Condé ! je vous rappellerai mes services et j'en exigerai hautement le prix. Ils ont donné à M. de Beaufort le tilre de gouverneur ;îe Paris ! une pareille dignité à une si pauvre lête? Et à moi

\ MOKI Ift!

que (ionnci .i-t <mi ' Un coiiiiniin Irnu n( (l;iiis I iirmcc (Ir M. li' priiK (.' : (juchiiirs (ompa i;in(s (Ir irjlirs |niM'rs de Injr colonel mr i(M cM'oiil in rc (le t;ray(l('s acclamalious dans leurs rangs. (»s|XTanl que j'a((|nilt('rai la soMr tjui k'ur t'sl cJuc ! Non pas, mcs^onliisfiornincs. dv lontrs 1rs (lépoiiilics (|iir vous vous ètos partagées, je devais avoir ma pari . cl eu vous (lislril)uanl à chacun les places et les dignilés . vous n'avez pas songé à ce duc de Nemours (jui gisait dans le fond de son liolel, appelant de tous ses vœux le moment d'une guérison qui lui permettrait de soutenir ses droits. Vous vous repentirez de cet abandon. sur mon am(^ ! vous vous en repentirez!

Kl comme il était homme de lét(» et d'exécution loul-à- la-fois , il descendit dans le jardin enmienant avec lui I un de ses pages nomme Ludovic: ce jeune homjnc avait seize ans en- Niron. était brave, réfléchi et d un dévouemenl qui permaltait de complcT sur les pronK^s^es ({u'il faisait.

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— Liidovk;. lui dil le due, en s'appuvanC familièrement sur soli épaule, tu es un brave jeune homme.

— J'ai été élevé soui vos yeux, mon noble maîlre.xt si ma conduite mérite quelques éloges, c'est à vous qu'ils àpparliennenl; car je n'ai fait que suivre les valeureux exemples que vous me donniez.

— '■ Bien, bien, mon fidèle Ludovic, tu es reconnaissant, toi ; tu n'oublies pas les services rendus.

— L'ingratitude n'cst-elle pas la chose du monde la plus infâme?

— Oui , sans doute, on répète ceci tous les jours, et tous les jours aussi nous voyons éclore de nouvelles pertulies. Ecoule. Ludovic, lu es adroil au pistolet, tu manies une épée avec dex lérilé. cl tu ne craindrais pus de le mesurer avec le premier gentilhomme (|ui vien(!rait la menace à la bouche le jeter un in^)U'iil défi?

— L'outrage dcniande du san|^\ et celui (fui

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— Tu (S im hravc j<Minr homme, (i je v ais Ir (Idiiiicr- im^ preuve (le la confiance (jintu m in^pifC' Je \eu\ me haltre demain

— Vous .'M. le duc.' A (X'ine rétabli de N()(re l)lessure "^ Oliî vous ne vous battrez

pa> ; on nous assassin<'rail.

— Tu vas en juger par toi-mt^me, Ludovic: procure-toi deuxjL'pées, et fais diligence . je l attends ii i.

Ludovic traversa le jardin en courant . monta précipilamenl les marches du perron . et cinq minutes à peine s'étaient écoulées lors (ju'il reparut avec le^ épées que le duc attendait. Ils s'enfoncèrent tous les deux sous une allée loulfue, et après avoir brisé la |X)inte de leurs armes, ils se mirent à ferrailler : le poi gnel de iSenîours avait p(*rdi! la sou{îIesse nécessaire pour soulcmr avec avantage une lutte même de quelques instans: mais il ne>ouiul

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pas en convenir, et afin de prouver à Ludovic 5 que son ancienne vigueur ne l'avait pas abandonné, il enlaça d'un air dédaigneux un jeune arbrisseau et le brisa en disant à Ludovic : — Le premier moment est passé, et je déracinerais un chêne, si la fantaisie m'en prenais.

Rassuré par cet épreuve , Nemours s'occupa de préparer la rencontre qu'il voulait avoir avec M. de Beauforl; il écrivit quelques mots au crayon sur une feuille de ses tablettes que Ludovic devait porter au duc de Beaufort avec ordre de ne point revenir qu'il en ait eu une réponse satisfaisante, c'est-à-dire telle qu'il la désirait. Le jeune page promit d'exécuter fidèlement les ordres que son maître lui donnait.

Il se rendit à la Maison-de- Ville , où d'après les indications qu'il recueillit en chemin il espérait rencontrer M. de Beaufort. Son attente ne fut point trompée. Le gouverneur do Paris venait d'entrer à rHôtel-de-Ville et

A MORT. iS/i

ipjnrii.iil (lu |ir<'\<')l <lrs inar(han(Js , du r(*s- |)(H'l:il)l(- liioussc-l. ({(](' toutes k'Miunnnahoiih iailt's par le prince \onaieMt dVlrc aiiiiuK'eii par liOiiisXIV, cl (jue le iwiemcnl des renies de rH6lel-dc-Ville. ce pivot sur lequel roulait tous les inléri-Hsde la bourgeoisie, venait d'tMre sus{>endu par un arr(}lé spécial du cardinal Mazarin. Os nouvelles étaient accablanles. surtout dans un moment où la cour se trou vait en position de faire exécuter ce qu'elle ordonnait. Beaufort quitta aussitôt Brousse! pour aller rendre compte au duc d'Orléans de ce qui se passait. Au moment où il allait monter dans son c<irrosse, un page I arrêta par son habit, en lui disant :

— ÎNlonvseij^neur. monseigneur, j ai un billet à vous remettre.

— Beaufort se détourna et se trouva face à face avec Ludovic qui lui remit le billet du duc de Nemours. Beaufort le lut attentivement et le rendit au page.

— Dis à ton maître qiiej'irai me promener

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