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sont-ils l'objet d'un respect craintif de la part des chercheurs d'or
et de tous les aventuriers qui sillonnent le désert. Ces gens les ff|
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considèrent comme des hommes d'une espèce différente de la leur, [Jg
el en cela ils n'ont pas tort. Ils éprouvent une terreur secrète pour ces singuliers découvreurs de trésors, auxquels, dans leur superstitieuse crédulité, ils supposent la puissance de faire, s'ils le veulent, disparaître les mines aussi facilement qu'ils les découvrent.
Pierre, ou don Pedro ainsi que l'appelaient les aventuriers, étant un des gambucinos les plus renommés de la Californie, de TOrégon et du bassin de l'Utah, à l'époque où se passe celte histoire, les récits les plus singuliers couraient sur son compte; les aventures les plus extraordinaires lui étaient attribuées; aussi jouissait-il d'une autorité sans borne sur ces natures abruptes qu'il dominait, de toute la hauteur de son intelligence. Sa. réputation était immense; les richesses qu'il avait découvertes passaient pour incalculables. Par reconnaissance, ou plutôt par admiration, les chercheurs d'or l'avaient nommé le liai des Placé res d'Or, el ils ne le désignaient jamais autrement entre eux.
Il était indispensable de donner ces rapides explications au lecteur, afin de lui faire bien comprendre la puissance que le gambucino exerçait sur ces natures rebelles, ainsi que la facilité avec laquelle il avait réussi à les dompter aussi rapidement, et à sortir vainqueur de la lutte insensée qu'il venait d'entamer, lui seul contre tous.
Il jouit un instant de son triomphe, sans que cependant aucun de ses sentiments intérieurs ne se reflétât sur son visage, toujours froid comme un bloc de marbre.
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Les aventuriers attendaient avec anxiété la résolution qu'il lui plairait de prendre.
Enfin, il releva la tête.
Et promenant un regard tranquille autour de lui.
— Fous! murmura-t-il, fous que vous êtes de vous laisser ainsi tromper par de pareils drôles. En vérité, vous mériteriez toute ma colère.
— Faut-il les lyncher? demanda timidement un aventurier.
— Non, à quoi bon? ils ne valent même pas la corde qu'on userait pour les pendre. Relevez-les.
Les cinq Mormons, prisonniers, respirèrent; cette parole leur rendait la vie.
— Déliez-les; rendez-leur leurs armes et leurs montures, s'ils en ont.
On obéit.
— Parlez, leur dit-il, mais prenez garde de vous retrouver jamais sur ma route ; allez et ne comptez plus sur ma clémence.
Les prisonniers, si miraculeusement sauvés, s'inclinèrent et quittèrent la salle, poursuivis par les huées des aventuriers, qui, de leurs complices s'étaient faits leurs ennemis acharnés.
Les cadavres des deux hommes tués par le gambucino et par Louis, furent tramés dehors et jetés au pied d'un arbre, sans qu'on s'en occupât davantage. Le reste était l'affaire des oiseaux de proie.
— Puis-je compter sur vous? Me serez-vous fidèles celte fois, demanda Pierre, à ce ramassis d'aventuriers sans foi ni loi.
— Oui, ordonnez, nous vous obéirons.
Le gambucino savait qu'à partir de cette heure ils lui seraient dévoués corps et âme !
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— '■ Je ne yeux pas de surprise entre nous, reprit-il; j'ai besoin de votre concours pendant un mois; si dans un mois je suis satisfait, le Palo Verde vous appartiendra. Je vous l'abandonnerai en toute propriété saris rien prétendre, pour mon propre compte,, de l'or qu'il produira; cela vous convient-il?
— ; Oui, oui!
— - Fort bien! Joë Smitt choisissez cinq de vos camarades : ils se rendront au Palo Verde qu'ils exploiteront en notre absence, r §fin de bien conslaternotre propriété; si quelque mineur ou quelque chercheur d'or essayait de s'emparer de la mine, mon nom suffira pour les éloigner. Les hommes choisis par vous, Smitt. partiront à l'instant même; il est important qu'ils soient au Palo Verde avant le lever du soleil.
Joë Smitt, grand gaillard, aux traits anguleux, aux regards louches, doué d'une force colossale, s'ocupa aussitôt d'exécuter les ordres qu'il venait de recevoir.
Dix minutes plus lard, les cinq aventuriers, choisis par lui, prenaient congé du gambucino et quittaient la^ salle commune de l'hôtel Washington.
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