PRESENT
Oui, je dis bien ! quelle passion !.... Vous abandonner, vous perdre, pour vous laisser prendre par un autre !.. C’est une pensée que ne puis supporter !.... Mais depuis que je vous connais, je ne songe qu’à vous, je ne vis que pour vous, et ces honneurs, ces titres, je ne les ai voulus que pour vous les offrir !.. C’est que vous n'avez qu’à paraître Sylvana, pour que l’on vous admire, vous n'avez qu’à parler pour que l'on vous adore !
SYLVANA.
Eh bien ! Duc !.. Prouvez-moi cet amour, en renonçant à moi.
FORTUNATI
C'est impossible !....
SYLVANA.
Impossible ! dites-vous ?.. Oui, parce que les sentiments que vous exprimez si bien ne sont pas dans votre cœur ! Ce n’est pas moi que vous convoitez, mais bien ma fortune, mon nom, ce nom, qui vous permettra de lever bien haut la tête, pour montrer votre insolence ; car autrement, vous craindriez que l’on vous demande, par quelles intrigues vous êtes gouverneur, vous un ! parvenu de je ne sais où !....
FORTUNATI
vous m'insultez !.. Prenez garde!....
SYLVANA.
Des menaces !.. Ah ! vous levez le masque, votre masque d’hypocrisie. (Sur ces derniers mots Lorenso entre de droite.)