‹ Le roi des ténébres [microforme]Chapitre 7 sur 71 · CHANT · texte numérisé non relu

CHANT

Comme un gai troubadour Rèvant d'amour ;

Je vais près de ma belle, Chanter la pastourelle Car pour elle mon cœur Brûle d’ardeur !

Je l’aime avec délire,

Nuit et jour je soupire,

Et dans ses jolis yeux,

Je vois les cieux.

( Sur ces derniers mots, Angelo entre de gauche,

Lucifero se tient au fond de la scène. )

16 LE ROI DES TÉNÈBRES SCÈNE IV ANGELO, LUCIFERO ANGELO, s'arrétant au milieu de la scène, tristement.

C'est cela, pauvre Angelo, chante pour ne pas entendre murmurer à ton oreille sa voix mélodieuse. Va, marche pour échapper à cette femme, dont l’éblouissante beauté passe et repasse sans cesse devant ta vue. C'est vrai, je la vois toujours, si je ferme les yeux, je la vois comme une lumière rayonner en moi. Si je les ouvre, son spectre se dessine sur tous les endroits où j'arrête mon regard. La nuit dernière, j'ai fait un rève étrange ; je la voyais sur ce balcon, divinement pure belle comme une Madone, ardente comme le feu. Elle me tendait les bras et me disait ‘‘ jet'aime”. Elle est autour de moi, partout !.... Elle ést dans l'air que je respire enfin. Ceci me perdra, je le sens, car elle est riche, noble, elle passera près de moi, Pauvre artisan, sans même jeter un regard ; et pourtant plutôt mourir que de ne plus penser à elle !

(A ce moment, la porte donnant sur le balcon, s'ouvre et Sylvana,

comme une blanche apparition, vient s'appuyer sur le treillage, afin de respirer la brise matinale. ) 7 —

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