‹ Le roi du bagneChapitre 111 sur 243 · LE · texte numérisé non relu

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Le jour gi andit, dans quelques Instants tout \ ènise sera li \ é, comment pourrions-nous fuir : i >omeurer ici jusqu'à la auit prochaii û'esi pas plus admissible, on entrera dans cet te salle, ou qous 3 découd r ra . , Nous serons pris, cernés, enveloppés comme d< bêtes fauves traquées par les chiens. Mieux ue vaut il pas aller au-devant du péril que de l'attend]

Possible! dit Mahurec en se levant, ce «pu- je nous promets c'est d'en faire bi à ciller une demi-douzaine avanl de me lais ser mettre le grappin stfr l»i coque!

— Alors, en avant, mateloi ! eto, quoi qn'il arrive, compte désormais sur moi comme sur un frère. Peut-être allons-nous être

lues tOUS ilellX. pelll èll'c l'un de liens p;ir-

viendra-t-il à s'échapper: il faut que celuilà accomplisse les dernières volontés de l'antre. Si je meurs et si tu échappes, juremoi de chercher partout le comte d'Adoré, de te faire conduire pur lui auprès d'Uranie de Cantegrelles et de lui dire que le vicomte de Signelay est mort en prononçant son ni un. Me jures-tu cela, matelot?

— Je le jure ! répondit Mahurec.

— Et, toi, quelles recommandai ions as-tu à me faire si tu meurs avant moi!

— Moi? fit Mahurec avec un mouvement d'épanle. Si le gabier avale sa. gaffe, il y aura encore des amis qui le regretteront, mais, bah ! le vieux a fait son temps; un bonjour à mes commandants, c'est tout mon héritage!

Léopold serra la main du matelot; puis l'attirant à lui il l'embrassa étroitement. % — Digne d'être matelot! murmura Màhu- . ret avec émotion.

Se relevant alors avec une énergie nouvelle :

—Allons! dit-il, si on doit y laisser sa peau, faut faire les choses en grand et, tonnerre de Brest! avant de me laisser couler, je ferai avaler à ces terriens une gaffe de longueur.

Mahurec, brandissant son outil de fer, s'était dirigé droit vers la porte; Léopold le suivait. Le gabier posa sa main puissante sur le bouton de la serrure.

— Filez dans mon sillage! dit-il à voix basse, je vas faire une trouée dans le tas de terriens, attention !

On entendait toujours au dehors le bruit des voix qui discutaient chandement. D'au-

homiii

iz muaient sur

I leni ion '. reprit Mahur< sani jur h

tourner le bouton de la Berru an

même instant, an bruit la

porte demeura immobile <*n dépit de l'effort du gibier, l 'm- antre main venait; au de liei jouer la

Mahurec se recula ai ec un cri de coi Tonnerre de Br< ria-t-il, j'enfon-

li la porte!

reculant, il prit son élan pQur bondir, maifl Léopold l'arrêta en B'élançant devant lui.

— Silence! dit le vicomte qui écoutait de puis quelques instants; nous sommes sau- |

— Bein? fit le mat. -lot.

— Ce n'est pas nous qu'on cherche!. . . on ignore notre faite!

— Comment '.'

— Ecoute encore!

L'oreille collée au battant de la porte, le vicomte écoutait avec une attention extrême; le bruit était moins grand au dehors et on n'entendait plus que celui qu'eût fait une conversation échangée entre deux ou trois personnages: cette conversation n'avait plus lieu en vénitien, mais en allemand.

— Le baron de Grafeld ! murmura Léopold avec une émotion extrême. Assassiner les Français... aujourd'hui... partout. . .Les massacres doivent commencer à Vérone. . . il faut agir à Venise. . . Oh! je comprends maintenant pourquoi les Esclavons sont réunis dans la cour du palais. . . Quelle horreur !

— Quoi? demanda Mahurec.

Le vicomte lui saisit le bras:

— Ecoute! dit-il; aujourd'hui, jour de Pâques, tous les Français doivent être assassinés dans les Etats vénitiens!

— Hein!... qtt'est-ee qui dit cela?

— Ceux qui sont près de nous, là. . .je. . .

Léopold s'arrêta brusquement: le pêne venait-dé claquer de nouveau dans la gâche; cette fois, on tournait la clef en sens oppo-' se, pour ouvrir. Mahurec et le jeune homme <*e reculèrent précipitamment, Be repliant sur eux-mêmes, prêts à s'élancer et à frapper.

LE TAMBOUR DE LA 32e DEMI-BRIGADE

La porte demeura immobile, cependant; la conversation continuait sur le palier. Mahurec échangea un rapide coup d'oeil avec sou compagnon, puis il s'avança vivement dans l'intention évidente de tourner le bouton de la, serrure, mais cette fois encore le pêne joua, mû par la clef tournée extérieurement et la serrure se referma.

Les deux hommes se regardèrent comme ils s'étaient regardés déjà; la conversation continuait toujours, mais les voix baissaient ei l'entretien prenait une tournure mystérieuse: deux fois encore la serrure joua en sens opposé. L'un des causeurs devait avoir", sa main posée sur la clef de la porte et faire jouer machinalement cette clef, sans soupçonner l'émotion poigu&tnte produite par cette manoeuvre sans but.

Léopold et Mahurec, de chaque côté de la. porte, attendaient et écoutaient. Il leur sembla que deux des causeurs s'éloignaient ; autant qu'ils en purent juger par la différence des voix, trois liommes demeuraient seuls. Tous ceux qui encombraient précédemment le palier étaient successivement partis. Ceux qui restaient parlaient à voix de plus en plus basse, et on ne pouvait plus distinguer qu'un bourdonnement confus,

La clef avait cessé de jouer dans la serrure, mais un craquement léger du bois, une pression extérieure opérée sur le battant de gauche, attestaient que l'un des causeurs s'était appuyé contre la porte. Bientôt des trois restants, un s'éloigna; les deux autres èrent de parler, et un profond silence ré,«,na dans cette partie du palais.

Tout à coup le bruit d'un pas rapide troubla ce silence : un homme montait l'escalier, il était facile de le deviner. La présence de celui-là parut impressionner les deux personnages demeurés silencieux, car ils firent un pas vers lui.

— Baron! dit d'une voix haletante en excellent français, il faut que vous me conduisiez sur-le-champ auprès de l'inquisiteur d'Etat.

— Pourquoi, mon cher Chivasso? répondit une autre voix avec un accent allemand très prononcé. •

— Il se passe à Venise des choses étranges !

— Qu'est-ce donc?

• — Notre excellent ami Campa rini vient

d'être attaqué dans son Casino par une bande de pirates.

— Hein?... qui!... que dites-vous?

— Je dis, monsieur de Grafeld, qu'à cette heure, ce cher Camparini, victime de ses sympathies pour la cause de l'Autriche, est contraint de se défendre contre un ramassis de malfaiteurs!

— Mais, Je ne puis comprendre...

— Cette nuit, le Casino de notre ami a été surpris avec une audace inouie. Deux jeunes filles sur lesquelles il veillait avec un amour de père, la chère Lucile et la charmante Uranie. . .

— Quoi donc? interrompit brusquement le baron.

— Qu'est-ce?... demanda le nouvel arrivé.

— Il m'avait semblé entendre un bruit, là, derrière moi. . .

— Vous vous trompez, dit une voix qui n'avait pas encore pris part à la conversation. Derrière vous, il n'y a que la porte de la salle de Messer-Grande, et cette salle est inhabitée et ne communique avec aucune pièce du palais.

— Je me serai trompé, reprit le baron, mais vous parliez de Camparini, mon cher Chivasso, et de ces deux jeunes filles.. .

— Eh bien ! l'une a été enlevée et Camparini est occupé en ce moment à défendre l'autre et à se défendre lui-même.

— Mais par qui a-t-il été attaqué, grand Dieu!

— Par une bande de pirates français, vous fiis-je !

— Des pirates français à Venise!

—Oui!

— Impossible !

— Le fait est existant à l'heure où je vous parle.

— Mais le bâtiment de ces pirates, reprit l'autre voix, où est-il?

— Dans le Lido même!

— C'est précisément pourquoi je suis accouru au palais pour parler à l'inquisiteur. Il faut que vous me fassiez donner des Esclavons pour voler au secours de mon ami ; il faut que l'inquisiteur envoie au commandant du Lido l'ordre de s'emparer de ce navire, car ce navire, savez-vous quel il est? qui a déjà insulté la ville lors de la première victoire du général Bona-

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