‹ Le roi du bagneChapitre 159 sur 243 · UN COUP DU SORT · texte numérisé non relu

UN COUP DU SORT

Insensiblement tous les personnages rassemblés dans le salon de madame Geoffrin s'étaient rapprochés de maître Raguideau, et attirés par l'attrait de sa parole facile, entraînés par l'intérêt que provoquait son récit, tous formaient un cercle attentif dont le notaire était le point central.

Pour mieux se faire entendre et comprendre de tous, maître Raguideau se penchait, en parlant, à droite, à gauche, se retournait à demi, ma' s à chaque point important de ses phrases il s'adressait plus directement à madame Geoffrin.

Il était évident que le dénouement encore ignoré de l'histoire devait intéresser particulièreenmt la mère de Ferdinand et d'Amélie. En entendant prononcer la somme réellement formidable que le notaire venait d'énumérer, chacun s'était récrié, en ouvrant de grands yeux:

"Deux millions trois cent mille livres!

répétait-on avec un accent de doute.

— Cent trente-deux mille livres sterling! repr't maître Raguideau en appuyant sur les mots, cela fait bien deux millions trois cent mille francs, sans compter le change qui court, est encore de trois et demi en faveur de la livre anglaise, ce qui ne laisse pas que de faire un assez joli appoint.

— Mais pourquoi parlez-vous de livres sterling, monsieur Raguideau, puisqu'il s'agit de Français, et par conséquent d'argent français? demanda Léopold.

— Il s'agit de Français, soit, cher mon-

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