I.i: TA VIBOUR DE LA 32e DEMI URIo
Tu as à me parler, dit il ; qu'as^n m?
i|iir sais in!... raconte-moj toul en détail! ( )ui, mon lieutenant, répondit Bibi Ta
pin 'mi se remettant de l'émoi i prii n
sentait. J'étais avec Torniquet, Romulus et Gringoirc, quand nous sommes allés û la ferme aux < îhats l luants. . .
Parle! parle! je t'éeoute... Assiedstoi la.
Le petit tambour obéit machinalement, puis, B'enhardissant pen ;i peu, il commen- ;i raconter dans son langage pittoresque éma lié de locutions en usage dans la 32e, toute la scène ,i laquelle il avait assisté et que nous avons précédemment raconté.
Maurice l'écoutait avec une attention profonde: les veux fixes sur les yeux de l'enfant, il ne perdait pas une de ses paroles. Enfin, quand Bibi-Tapin en arriva à la lettre qu'il avait dérobée aux regards indiscrets «les soldats, Maurice tressaillit, saisit l'enfant dans ses bras et le balsa sur les joues avec un transport de reconnaissance.
Cette lettre! où est-elle. Donne-la moi! s'écria-t-il.
Bibi-Tapin, radieux, enchanté, le visage empourpré, dégraffa son habit d'uniforme i-i ouvrant la doublure, il en tira un papier froissé qu'il présenta à son lieutenant. Maurice saisit la lettre d'une main frémissante; il la parcourut rapidement, puis il poussa un cri, et, reprenant l'épitre qu'il avait laissée échapper, il recommença une seconde fois sa lecture.
"EnleVée!... s'écria-t-il. Elle, en la puissance des bandits ! ... Oh ! je la sauverai ! je...
Il s'arrêta pour revenir à la lettre.
— Ùranie! sa sœur! dit-il encore. Que signifie ce mystère?. . . Quoi! cette jeune fille pour laquelle M. de Neoules m'avait donné une lettre, cette Uranie serait la sœur de Lucile?
Et Maurice, en proie à une agitation extrême, se mit à marcher à pas saccadés. Le petit tambour le suivait des yeux sans oser bouger.
— Mais où est-elle? où Font-ils amenée? s'écria Maurice avec un éclat de douleur effrayant.
— Mon lieutenant, dit l'enfant, je sais où il est, lui.
— Qui? demanda Maurice.
— Le berger, celui qui nous accusait d'ê-
i re de relui que le général n'a
pus pu repincer. Je l'ai suivi dans L<
bois.
— Où est 11? demanda le lieutenant
i/;ihi ,v unit ii était a >! Laurent, dans une petite maison que .i1, reconnaîtrais bien.
Tu l'as donc sui\ i pas •' p
( Mii, mon lieutenant.
Bibi-Tap d ' B'écria le lieutenant, I d mon meilleur ami.
< Mi : mon lieutenant! fit l'enfant, bout honteux de l'élan de Bon officier.
.Mais, dit Maurice en se parlant à luimême, si Uranie est 1h sœur de Lucile, il faut que je sache quelle rsl cette ,'l':ini,': Ce secret est peut-être renfermé dans la lettre que M. de Neoules m'avait remise pour elle! ('eiie létîre, la voici :. . .
Le lieutenanl saisit un pli cacheté qu'il
retourna dans Ions les sens.
— Qu<- faire? s'écria-tàl, mon Dieu: que faire? Et je suis aux arrêts!. . .
—Mais je n'y suis pas, moi, mon lieutenant, dit Bibi-Tapin, et si vous vouliez. . .
—Toi!
— Dame!... mon lieutenant, je ferais ce que je pourrais.
—Eh bien! tu es libre, toi! dit Maurice, avec véhémence ; tu vas ....
Un violent roulement de tambours interrompit Maurice; un grand bruit retentit au dehors: tous les soldats couraient aux armes.
—Serait-ce le général en chef, le général Bonaparte? s'écria Maurice. Oh! mes arrêts seraient levés alors !
Et il se précipita vers la fenêtre.
Un tourbillon de poussière courait au loin sur la route, et au milieu de ce tourbillon on apercevait des armes et des plumets resplendissants et s'étalant au soleil.