petite place ente >mme
qui pi
portail an ani forme dam lequel !• disputai!
I n«' veste marron à colle!
une culotte m. maii. un i ricorne orni nationale, ou nabre d'infai une
buffleterie jaune passée en bandoulière ton L'ensemble. L'homme tena main on
de munition.
Pourquoi donc que t u fermes ta ban bon pour les voitures, criait la voix partant de la route de Lieusaint. -1" à pied, moi, et
j'ai rien à pa
— Possible] possible! murmura Le percepteur en s'avançant, mais si je laissais mes barr i tes la nuit. Les voitures fileraien! quand je do la nation serait filoutée proprement.
— Ah ouich! la nation! on sail ■ qu'elle en touche de la taxe. Ces! pour vexer le pauvre monde et engraisser un tas de freluquets. . .
— 'C'est pourtant pas moi qu'elle engraisse ! dit en riant le percepteur, qui était sinon maigre dans l'acception maladive du mot, du moins fort
— Allons, ouvres-tu?
— On y va ! Attends un peu : faut bien que je choisisse mes clefs. J'étais tout endormi, moi . . .
— Apprête tes cordes! dit Thomas à l'oreille de Cassebras.
Le colosse fit un signe affirmatif. Le receveur continuait sa marche, tenant ses clefs à la main. En ce moment, une troisième voix retentit tout à coup sur la route de Corbeil :
— La porte ! criait-on. Eh ! percepteur ! ouvremoi donc un brin !
Le percepteur, interpellée si brusquement, s'arrêta et regarda : un homme portant un pesant fardeau sur ses épaules venait de surgir de la forêt et attendait, appuyé contre la balustrade de la barrière.
— Attention ! dit Thomas toujours à voix extrêmement basse; à mon signal, tu te baisseras et tu te glisseras sous la haie ; là, par ce trou qui est pratiqué à tes pieds ! Quand je te dirai : \a ! tu t'élanceras d'un seul bond sur le percepteur, tu le garrotteras. Prends garde seulement à ton fusil.
In grognement sourd répondit seul à Thomas.
— Il faut le prendre vivant, il ne faut même pas qu'il soit blessé, poursuivit Thomas.
Les deux voyageurs, placés aux deux barrières différentes, continuaient à réclamer passage avec des appels énergiques.
— Tu es venu Le second, tu attendras! dit le percepteur à l'homme au lourd fardeau.
Et reprenant sa marche, il atteignit la I (arrière de la route de Lieusaint dont il fit jouer la serrure. La barrière ouverte, un homme s'avança dans l'obscurité.
— Merci ! dit-il à l'employé, maintenant tu peux aller ouvrir au camarade.
Le receveur de la taxe referma sa porte et se dirigea vers celle de la route de Corbeil. Le voyageur venant de Lieusaint avait franchi le seuil de la barrière et marchait à la suite de l'employé. Celui-ci. tenant son fusil de la main gauche, et ses clefs de la main droite, B'avança vers la barrière de la route de Corbeil.
1/1 10 mine au fardeau pesant attendait philosophiquement, toujours appuyé sur l'extrémité de la balustrade. L'employé ouvrit la barrière, l'homme s'avança pour passer, mais sans doute il fit un faux pas, sans doute son pied rencontra une pierre qui fit dévier son centre de gravité, car il trébucha comme quelqu'un qui perd l'équilibre.
Le percepteur fit un mouvement pour le retenir, mais le poids de la charge que portait le voyageur l'entraîna avec lui dans sa chute.
— Va ! dit -il d'une voix brusque.
Trois hommes venaient de surgir autour des deux hommes renversés. Le receveur voulut faire un mouvement pour se relever, mais des mains de fer le clouèrent sur le sol. Son fusil et son sabre lui étaient arrachés, et en même temps, il sentait des cordes fines et solides entourer ses chevilles et serrer ses poignets.
- — -Faut-il le bâillonner? dit une voix.
— Inutile ! répondit-on ; s'il pousse un cri, tu l'étrangleras. Maintenant emporte4e, veillez-le tous trois dans la cabane: vous me répondez de lui. Allez !
L'un des trois hommes se baissa, prit le corps du receveur dans ses bras et l'enleva aussi facilement que s'il se fût agi d'une botte de paille ; puis, il se dirigea avec son fardeau vers la cabane dans l'intérieur de laquelle brillait la lueur d'une petite lampe. Les deux autres le suivirent.
Tout cela s'était accompli avec une rapidité telle qu'à peine la scène avait-elle duré l'espace d'une seule minute.
Le percepteur n'avait pu tenter un se.ul geste pour se défendre. Il avait été garrotté avant d'avoir eu conscience de ce qui se passait.
Il avait voulu pousser un cri, mais des doigts d'acier s'étaient posés sur sa gorge et avaient étouffé le son avant qu'il en jaillit.
Demeuré seul, Thomas lança autour de lui un
rapide coup d'oeil. Le carrefour était absolument désert. Alors, tirant de sa poche un mince sifflet d'or, il le porta à ses Lèvres et eu tira brusquement
un son clair, aigu, accompagné d'une série de modulations bizarres e\ .-tri dente.-,. Remettant le sifflet dans sa poche, il demeura immobile et il attendit.
L'attente ne Eut pas longue: presque au môme instant et à la fois, des quatre parties de la forêt divisée par quatre routes, surgirenl des ombres qui, passant rapides comme dans un cauchemar, pardessus les haies et les barrières, enveloppèrent le pied de la pyramide. Plus de cinquante hommes étaient là tous immobiles, tous vêtus d'un costume sombre, presque uniforme pour la coupe et la nuance.
Tous étaient masqués.
Deux s'avancèrent vers Thomas, comme pour aller aux ordres : c'étaient évidemment deux chefs.
Thomas désigna successivement du geste la barrière ouvrant sur la route de Brie-Comte-Robert et celle établie en face de la route de Lieusaint :
— Encombre ce côté de la place, autour de la pyramide, que le passage soit impraticable! dit-il en s'adressant à l'un des deux hommes. ISTe laisse la route libre que pour la voie d'une voiture de l'autre côté, une seule communication entre la barrière de Montgeron et celle de Lieusaint, ici, à droite. Tu boucheras également l'accès de la route de Corbeil, que la voiture, une fois engagée, ne puisse tourner et qu'elle soit absolument obligée de continuer sa route. Tu m'as entendu, Paillede-Fer? tu m'as compris?
— Parfaitement ! répondit l'oncle de la Cagnotte.
Et se tournant vers ses hommes:
— -Coupez des branches 'et des taillis ! ordonna-til. En avant !
Une vingtaine d'hommes s'élancèrent à sa suite. Tous avaient des haches et des pioches. Thomas se tourna vers le second personnage qui attendait.
— Viens ! lui dit-il.
Il se dirigea avec son compagnon vers la barrière qui fermait la route de Lieusaint. ITn coup de hache ouvrit cette barrière. Tous deux s'engagèrent sur la route. Thomas s'arrêta et parut examiner attentivement le sol.
— Ce doit être ici ! dit-il.
— C'est à la hauteur de ce platane ! dit l'autre en désignant du doigt un arbre dont la cime dominait la futaie et qui se trouvait précisément en face de l'endroit où Thomas s'était brusquement arrêté.
— -C'est bien là, alors?
- — Oui ! j'en suis sûr.
I o i ravail o i ai h<
l O lipll'tlWM'Ilt .
Quelle lai met t u qu'a le t rou ?
Quinze pieds.
Qui Ile profondeur?
I lix an moins.
El l'eau a coulé?
Elle coule depuis quatre heures. J'ai détourné lurce : le i rou doil êl rc absolument plein, j rais certain.
Quelle épaisseur de sol avez-voua lai
l ». • 1 1 \ pieds au plus, mais la quest ion n'est pas là. Les charpentes que j'ai t'ait établir pour soutenir le sol Bont disposées de telle Borte qu'en attaquant le terrain dans un endroit, l'effondremenl sera général.
- Maintenant tu as tes indications -urlesol? — Toutes -"in placées.
— Les bascules?
—Sont prêt»
— -Ou Bont-elles?
— Dans la forêl : dix hommes les remontent, car elles onl été transportées pièce à pièce.
- — Très bien.
— On les met toujours au même endroit?
— Naturellement. Et les feuilles, les bran la terre?
— Tout sera fait avant dix minutes.
— Fais travailler sans perdre un instant! Que tout Boil prêt dans un quart d'heure alors. Je compte sur toi! Allons! Beau-François, gagne ta lieutenanoe !
— Tu seras content .répondit Beau-François. J "aurai accompli tes ordres de point en point!
■ — A l'oem rc. donc !
Et tandis que Beau-François appelait à lui les trente hommes qui étaient demeurés auprès de la pyramide. Thomas se dirigea vers la cabane du percepteur de la taxe et y entra précipitamment.
L'employé solidement garrotté était assis dans un fauteuil. Piek et Eoquefort étaient de chaque côté du siège. Cassebras se tenait au fond de la cahute. Thomas s'approcha du prisonnier :
— Ta vie est entre nos mains, tu le vois, lui ditil, il faut que tu la rachètes. Une voiture roule en ce moment sur la route de Montgeron. . . dans une demi-heure elle sera ici. Quand elle s'arrêtera à la barrière, tu seras libre; tu iras toucher le prix de passage, comme tu as l'habitude de le faire. La taxe acquittée, la voiture tournera à droite, car l'autre route est impraticable. Tu diras au cocher que l'on fait de grandes réparations et qu'il aille au pas. Tu lui recommanderas cela spécialement, tu entends? Tu as dû comprendre! Xe réponds
libre béir. J<
m'a compi
m,i un p. rt.
Pourquoi oou et homme? dit-il.
un retard? <
cher connaît la barrière, il ment et -'il ne voit pas I • percepteur de il l'appellera . . . Qui
an retard? < non
plus acharnés ennem
ne sont-ils pas doués d'ui im-
plir des miracle.-. Oh! ne >ns aucun détail.
Le buc es est certain, n<' >ro-
mettre un plan bj habilemenl conçu! Il i la voiture atteigne la barrière de I. msaint: il faut donc qu'elle fn M • ron
Bans que rien ne paraisse inquiétant. J>- per teur recevant sa taxe est le plus grand symptôi de tranquillité que nous puissions offrir.
— Mais alors, pourquoi Roquefort ne jouerait-il pas ce rôle? Qu'il prenne les vêtements du percepteur.
— Le cocher doit le connaître. En voyant un nouveau visage, il pourrait manifi - me-
ment, adresser une question qui ferait perdre du temps ou qui enlèverait des Boupçons. J juet n'est-il pas toujours en éveil.
— Tu as raison, mais il est regrettable d'être obligé d'employer un étranger. . .
— Je l'aurai au bout de mes pistolets. D'ailleurs, il ne pourra même pas avoir la pensée de fuir !
En ce moment le bruit d'un galop rapide retentit au loin et un coup de sifflet aigu déchira les airs.
— C'est le borgne de Jouy ! dit Thomas. La voiture doit le suivre de près.
Thomas s'élança hors de la cabane: un cavalier arrivait à fond de train. Il arrêta brusquement sa monture et sauta à terre:
— Ils viennent de se relayer à Yilleneuve-Saint- Georges ! dit-il. J'ai sur eux vingt minutes d'avance au moins.
— Tu les as vus? demanda Thomas.
— Comment sont-ils placés?
— Jacquet est à la portière de droite, assis au fond de la voiture, de manière à pouvoir jeter un coup d'oeil sur la route. Mahurec est à côté de lui.
D'Herbois vient ensuite à la portière de gauche. Le Ma mot et de Renneville sont sur la banquette de devant, Renne ville en face de Jacquet.
— Très-bien ! Mahurec n'est plus sur le siège ?
— Rossignolet y est à sa place. Il a monté à Villeneuve-Saint-Georges et le matelot s'est placé dans l'intérieur.
— Tu es certain de la position que tu indiques pour chacun?
— Je suis certain qu'ils étaient placée ainsi au relai de poste : en attelant les chevaux avec le garçon d'écurie, je les ai parfaitement vus. Maintenant, sont-ils encore ainsi? je l'ignore. Ont-ils changé de place en route, je ne puis affirmer le contraire.
— Cela est probable. Jacquet est à la portière de droite, dis-tu? Il faudra que le percepteur se place à la portière de gauche.
Thomas se retourna vers l'entrée de la cabane aur le seuil de laquelle il s'était tenu. Adressant un signe impérieux à Cassebras :
— Viens ! dit-il.
Le colosse, qui paraissait sombre et résolu, s'avança aussitôt, Thomas l'attira hors de la cabane et le menant au pied de la pyramide :
— Regarde ! lui dit-il.
Cassebras promena ses regards autour de lui, mais il demeura calme et impassible, bien que le spectacle qui frappait ses yeux eût quelque chose d'étrangement saisissant.
Quiconque eût vu le carrefour quelques instants plus tôt et y fût revenu alors, eût certes pu croire être devenu subitement le jouet de la plus singulière illusion.
Tout à l'heure, le carrefour était calme, désert, silencieux, présentant son dessin régulier avec ses quatre haies qui le coupaient en quatre parties égales comme les enfants tranchent une galette. Les quatre routes se dessinaient nettes, en rubans posés à plat et ayant la pyramide à leur point central de réunion.
Maintenant des ombres allaient et venaient, se mouvaient de toutes parts; on entendaie un bruit incessant de branchages brisés, de pierres heurtées, de coups de pioches attaquant le sol.
La route contournant la pyramide à gauche n'existait plus : des encombrements de bois, de rochers en interdisaient l'accès. Pour aller à la barrière de Mongeron à celle de Lieusaint, le passage par-devant celle de Brie-Comte-Robert était devenu absolument impraticable. Il fallait de toute nécessité aller passer devant la barrière de Corbeil, encore la route était-elle de ce côté à demi embarrassée, et une voiture qui s'y fût engagée, eût cer-
tes été contrainte à avancer ou à reculer, mais elle n'eût pu tourner.
Thomas saisit le bras de son compagnon:
— Tu sais ce que je t'ai dit? commença-t-il à voix basse et du ton le plus bref. Le moment est venu où tu vas décider toi-même du sort de Rosette.
Cassebras ne répondit pas.
— Le moment est venu, poursuivit Thomas, où tu vas pouvoir prendre enfin, dans l'association, la place qui t'est due ! Cassebras jusqu'ici, tu as été malheureux, tu n'as connu que la misère et les privations, tu n'as vécu que pour travailler comme la brute, tu n'as pu secourir, comme tu l'eusses' voulu, ta vieille mère malade et infirme; tu n'as pu enfin te faire aimer de la femme que tu aimais. Aujourd'hui, Cassebras, le temps des misères et des douleurs est passé! Tu peux être heureux, tu peux vivre dans le luxe et dans l'abondance, sans travail forcé ni régulier, tu peux donner à ta mère tout ce qui lui est nécessaire, tu peux enfin rêver à cette Rosette qui bientôt sera veuve et qui bientôt sera contrainte à t' aimer ! Dis, Cassebras, le passé te paraît-il assez laid ? l'avenir te semblet-il assez beau?
En écoutant Thomas, la physionomie du fort de la halle s'était animée d'un feu étrange; ses yeu> brillaient, lançant de fulgurants éclairs, sa bouche se crispait et une expression impossible à rendre se reflétait sur son visage aux tons cuivrés.
Thomas considéra un moment son compagnon avec une attention profonde, puis, se penchant vers lui, sans le perdre des yeux:
— Je suis le chef des chauffeurs, dit-il d'une voix stridente. Veux-tu enfin devenir l'un des miens ? . . . Veux-tu plonger les mains dans des cuves pleines d'or? Veux-tu donner à ta vieille mère des valets qui la servent, à elle qui ne peut plus se servir? Veux-tu parer Rosette? Veux-tu satisfaire sa coquetterie de femme en jetant à ses pieds les bijoux les plus beaux, les parures les plus ri lies? Veux-tu qu'en échange de ces joies de la terre que tu lui prodigueras, elle te fasse un collier de ses bras, en te disant merci?
— Oui ! oui ! grommela sourdement le colosse, je veux cela !
— Alors, tu veux être chauffeur?
—Oui?
— Tu es prêt à payer ta bienvenue dans l'association ?
— Oui ! oui ! dit encore Cassebras qui paraissait à demi affolé.
— Alors tu vas savoir ce qu'il faut que tu fasses,
m \.i i ■ .mi. m re 1'importarn •■ de la dette qu'il faut que t ii pa
Je m prêt ! dil (
Foui .1 L'heure, reprit Thoma en désignant
la unir de Muni", ion qui s'étendait lugubre rto au milieu dei ténèbres, tout .1 L'heure, p cciic route, m vai voir aocourir une voiture se dirigeant vers nous; cette voiture contient sii homme . tou i k Les ennemis Les plus dangereux, plus acharnés, les plu« fort - que uous ayons jamais ''H .1 combatl re. 1 1 j a quinze ans bientôt que je Lutte avec eu* : j'ai eu - jours de triomphe el mes jours de défaite: aujourd'hui, je veux une action décisive. Je veux écraser pour toujours mes ennemis, je ne veux pas que Le jour se l< avec un d'enl iv iux \ ivanl ! Tu m'as compi Oassebras, cette voiture qui vo B'avancer, il ue faut pas qu'elle passe, el elle ne passera pas!
Le forl de La halle lit entendre un grognemenl sou ni.
— Regarde maintenanl ce que j'ai su l'aire, et juge 'li' ma puissance! poursuivit Thomas. A gauche, La route est obstruée: La voiture devra forcément passer à droite et s'engager sur la route de Lieusaint en se tenant toujours sur La droite: la première barrièie franchie, La voiture- ne peut ai retourner, ni prendre un autre chemin, tou» sont rendus impraticables: donc elle s'avance...
En achevant ces mots, Thomas avait pris le bras de son Compagnon et l'avait eut rainé avec lui.
— Depuis huit jours mon plan était fait, continua-t-il, et depuis huit jours on y travaille. Oui. j'étais certain que ceux que je veux anéantir passeraient sur cette route: j'étais certain qu'ils iraient à Fontainebleau, car j'avais un moyen sûr, infaillible de les contraindre à entreprendre ce voyage, et ce moyen je l'ai employé!... Ils croient aller délivrer des femmes... Eh bien! dit Thoma? après un court silence, depuis huit jours des hommes à moi étaient cachés dans cette forêt de Sénart, dans cotte forêt où les sources abondent, où l'eau jaillit si facilement. Durant huit nuits, mes hommes, se relayant, ont travaillé sans relâche; ils ont miné le sol, ils ont creusé un souterrain profond s'avançant sous carrefour : ils ont maintenu les terres à l'aide de charpentes qui toutes reposent sur une mémo poutre, clef de voûte soutenant l'édifice. Le travail accompli, j'ai fait détourner les eaux d'une source, et à cette heure un îac souterrain, profond de dix pieds, est prêt à engloutir ceux qui ont osé soutenir la lutte contre ma puissance !
"Vois ! A cette heure, une mince couche de tenv soutenue par de fragiles étais cache à l'oeil le pré-
cipice : un coup de hachi
dam L'abîme I p de ruv 1
tOi qUJ le dolllle!
t ien pour achever L'oe
l • comme 1 r:
Tu t.- demandes -1 je me j
pOlll i Ml-
le hommes sous met ordi aple-
ment attaquer la voiture • geurs? Tu te demandes pourquoi j'ai choisi pour exécuter mon plan cel endroit de la forêt plut qu'un autre. Je vais te
je ne veux pas qu'il y ait un doute dani rit:
je veux que tu comprenne.-, comr puissance de mes \ nés ! Il y p da ire
s»ix hommes, Cassebras, dont deux sont, je connais, des pli - et des plus inti
dont le t roisièm i est des plus r 1 dm
adroit-, et dom Les trois derniers sont de I ( nu. de ta force, à toi, Cas* s! Coin ■:. Ls-tu ce qu'une lutte ;i main armé.- contre de pareils ennemis peut avoir de terrible, .-t ce que son i-a de douteux ? La voit - nie. toi -
-'■nt. et pas un des mien- n'est sacrifié. Oui, I périssent, car, vois-tu ces amas de fascines plai de chaque côté du goufi
seront blottis mes hommes, et. au moment où la voiture .-'abîmera, fascine-, bran t troncs
d'arbres retomberont sur elle, comblant l'abîme, et s'opposeront à ce qu'un miracle même pi. s'accomplir pour sauver un seul de ceux qui doivent périr! Et c'est pour rendre ce plan d'exécution plus facile que j'ai dû choisir cet endroit de la forêt. Ici la route, étant plus resserrée par les haies et par le ! barrières, était plus facile à encombrer sans exciter les soupçons du cocher. Ensuite, il faut que la voiture s'avance au pas pour que tu aies le temps de frapper la poutre au moment précis où elle arrivera sur l'abîme. Tu aa compris l'ordre que j'ai donné il y a quelques instants au percepteur des taxes, tu sais tout maintenant. Es-tu prêt ?
Cassebras releva la tête: une résolution terrible se reflétait sur sa physionomie.
— Oui ! dit-il d'une voix ferme.
— Tu n'hésiteras pas?
—Non !
— Songe qu'une hésitation, si légère qu'eîl? fût, pourrait tout perdre, et que la voiture, en franchissant cette barrière, assurerait les tortures da celle que tu aimes.
— Je suis prêt ! dit encore Cassebras. Donne-
moi une hache, indique-moi l'endroit où il faut que je frappe, et. le moment venu, je frapperai!
Thomas posa sa main sur l'épaule du fort de la halle:
— Ecoute ! dit-il.
Et si' penchant vers la terre, il prêta une oreille attentive. Se redressant ensuite, il jeta un coup d'oeil investigateur tout autour de Lui.
Beau-François et Paille-de-Fer étaient près de lui:
— Tout est prêt ! dirent-ils.
— Alors chacun à son poste! dit Thomas.
En ce moment et au commencement de la montée de la route, on put apercevoir clans les ténèbres la lueur rougeâtre de deux de ces lanternes énormes à verres grossissants, telles qu'avaient pour principe d'en porter les voitures courant la poste.
Thomas prit une hache, et la présentant à Cassebras:
— Je vais te placer ! dit-il.
LA POUTEE.
Thomas, prenant son compagnon par le bras, l'entraîna rapidement. Le fort de la halle, sa hache à la main, obéit sans opposer la moindre résistance.
Un nouveau changement à vue s'était opéré sur le carrefour. Tous les hommes, tout à l'heure occupés au travail, avaient disparu comme par enchantement : un silence absolu avait succédé au bruit, et la route, laissée libre, était complètement déserte.
Thomas franchit la haie placée entre la barrière de la irrite de Montgeron et celle de la route de Corbeil; Cassebras le suivit. Le fort de la halle paraissait obéir à une résolution que rien ne pouvait désormais ébranler.
Cette partie du carrefour était à demi obstrué par des amas de pierres, de terre remuée fraîchement et de branches d'arbres coupées; il n'y avait de libre autour de la pyramide que la voie d'une voiture: cette partie du chemin respectée reliait la barrière de Montgeron à celle de Lieusaint.
Thomas et son compagnon avaient atteint la haie partant de cette barrière: ils la suivirent, mais en demeurant en dehors ; après quelques pas, Thomas s'arrêta.
— A nis ce pieu à tête rouge enfoncé au pied de la haie, dit-il, c'est là que commence l'abîme que
j'ai l'aii creuser sous la route; là-bas, un second pieu indique la fin.
Tous deux étaient debout près de la haie qui Leur montait a la hauteur du menton; de l'autre <-éiié élait la route de Lieusaint, celle que devait suivre la voiture attendue, la route minée, ainsi que L'avait déclaré Thomas.
En face d'eux, sur le bord gauche de la route, la rétrécissant et s'étendant sur toute la longueur de l'espace contenu entre les deux pieux à tête rouge, se trouvait un énorme amas de terre, de branches, de feuillages, de cailloux, disposé comme ont l'habitude de le faire les ouvriers travaillant aux réparations de route.
Au reste, rien dans le carrefour ne décelait autre chose (pie t\c> travaux entrepris. Les routes obstruées Tétaient comme le sont les chemins en réparation, et il était évident que des voyageurs de passage ne pouvaient soupçonner l'ombre d'un guet-apens dans cet amas de terre, de pierres et do branche-.
— Tu as remarqué la distance qui sépare ces deux pieux ? continua Thomas en s'adressant à son compagnon.
■ — Oui, dit Cassebras.
■ — Maintenant compte cinq j)as à partir de l'endroit où tu es en longeant la haie.
Cassebras obéit.
— <Cinq ! dit-il en s'arrêtant.
Thomas se baissa, se mit à genoux et écarta avec précaution le pied de la haie.
— Creuse ici doucement avec la hache, dit-il.
Cassebras se baissa à son tour et fit ce que lui commandait Thomas. Il écarta avec précaution la terre à l'endroit indiqué; après un court travail, le fer de la hache rencontra un obstacle solid '
— C'est là qu'il faudra frapper! dit Thomas; quand la voiture se sera arrêtée, pour que ceux qu'elle contient puissent acquitter la taxe, elle s'avancera au pas, car le receveur l'aura recommandé au cocher à cause de l'état de réparation des routes. Quand les chevaux se seront engagés là, qu'ils auront franchi la hauteur du premie pieu à tête rouge, un coup de sifflet retentira: alors tu donneras un coup de hache sur cette tête de poutre, puis, te baissant rapidement, tu saisira cet anneau de fer que tu dois sentir, là. à côté de la poutre, et tu tireras à toi. Concentre tes forces. Cassebras, car tu auras besoin de toute la puissance de tes muscles pour réussir.
— Et alors, dit le colosse, la terre s'ef frondera ?
— Oui; ton coup de hache aura détruit l'un des arcsboutants établis sous la galerie souterraine, et
BIDI-TAPIN
oel anneau de fer ■ i une pout re qui •
clef de voûte. < Hi ! toul est mervcilli coni •
biné ' . . . Si i ii peux répondre de U
. i du BU
Je te répond de moi t «lit < pc un
aci ••ni d'il ner
Alors tu dé!
Oui :
Le moment venu, i u ne reçu
Non!
- l£cout< ! je te jure sur mon sang el ma \ ie que si tu m'obi resl ricl ion, cette nuil même i u sauras où esl Rôs tte; mais je te jure aussi que, .-i la voil uiv qui \ ieni . franchil cei endroit pour continuer bh route, Rosette subira toutes les tortures de l'enfer, el ma morl même ne pourrail la déln rer. Maintenant je te laisse. Songe à m commandations ! . . attends, j ►« »i 1 1* frapper, que les chevaux aienl franchi le premier pieu, puis, en entendanl mon coup de sifflet, frappe et tire! si ton coup de hache est vigoureux, peut-être sera-t-il suffisant, c'esl pourquoi il faut, pour le donner, attendre que la voiture suit engagée afin qu'aucune chance de salut ne puisse exister pour elle. Tu m'as entendu, tu m'as compris... Vois! les lanternes « rapprochent, tu n'auras pas longtemps à attendre.
Thomas, accompagnant ces paroles d'un s impérieux, lit on mouvement comme pour s'éloigner, mais, revenant vers Cassebras:
— Le carrefour est cerné, ajouta-t-il, tu ne saurais échapper, donc, n'aie pas la pensée de me trahir; d'ailleurs, songe à Rosette: dans deux heures tu seras près d'elle, ou vous serez séparés à jamais!
El Thomas, tournant rapidemenl sur lui-même. courut vers la cabane du percepteur. Le malheureux employé était toujours garrotté, Pick et Roquefort veillaient sur lui.
— Chacun à votre poste! leur dit Thqmas en rentrant. Toi, Roquefort, avec Beau-François; toi, Pick, avec le Borgne-de-Jouy. Allez! Je me charge du receveur.
Les deux hommes s'élancèrent hors de la cabane. Thomas avait pris un pistolet à deux coups de la main gauche; de la droite il trancha, à l'aide d'un couteau, les liens qui retenaient captif le percepteur de la taxe.
— Un geste équivoque, et tu es mort ! dit-il. tu as compris?... Maintenant te voici libre... lèvetoi et sors.
L'employé, tremblant et terrifié, obéit comme eût pu le faire une machine intelligente: il franchit le seuil de la cabane. Thomas était sur ses pas. le tenant au bout du canon de son pistolet.
met! i''- pour p voiture, d
1 j and il fui p
l.,i voil ure \ i< ut, • e prix du
Seulement tu t'adi donneras d'aller au pa
■ des roui
1 lui, répondit
■ que vil'.
— Ne bouge meure là. absolument immob '• . -1 ^ner à reculons en te tena i 9 i u oe ii point quand la voiture arrivera, tu ■
— V balbutia
La lumière que Thomas ava I mr la
route, Dans la direction de M rapidement vers 0 I [ndait dis-
tinctement le bruit du fvaux et le
lourd roulement du véhicule.
Thomas adressa \\\\ geste impérieux a ■eur; puis, le pistolet a - a hauteur du pauvre homme, il recula lentement jusqu'à ce qu'il se fût dissimulé entièrement dan- l'ombre de- la ea-
. derrière laquelle il s'arrêta. Quinz pas le séparaient à peine de celui qu'il menaçait.
Un silence profond régnait dans le carr lenoe que troublait seul le bruit de la voiture rant rapidement vers la pyramide.
Quelques seconde-; s'écoulèrent, secondes qui parurent de longs siècles d'ango ss - effrayant malheureux percepteur. Le bruit devenait plus fort: la nuit était plus sombre; des nuages laient le reflet brillant des astres.
Dans les ténèbres on put apercevoir bientôt pendant, l'ombre des chevaux projetés en avant sur la route par la lumière des lanternes. La voiture paraissait, à mesure qu'elle approchait, ralentir son allure.
Cette voiture était une grande berline de voyage, attelée de deux chevaux vigoureux, que conduisait un cocher grimpé sur son siège élevé. C'était bien le véhicule que nous avons vu venir stationner sur le quai des Lunettes.
Thomas avança doucement la tête. et. sans perdre de vue le percepteur, il lança un rapide r sur la voiture. On ne pouvait rien voir de ce qui se passait à l'intérieur, mais il était facile de distinguer deux hommes placés sur le siège.
— C'est bien cela, murmura Thomas, Rossignolet est près du cocher. Enfin, le moment du triomphe est donc venu !
La voiture atteignait presque à la hauteur de la première barrière, celle devant laquelle se tenait le percepteur des taxes. Celui-ci fit un pas en avant en élevant le bras comme pour ordonner au cocher d'arrêter; mais il ne put achever son mouvement. Un cri de détresse déchira les airs, une masse noire jaillit du faîte de la voiture, le percepteur poussa un hurlement de douleur et tomba renversé: c'était le cocher qui venait d'être préci pité du haut de son siège.
En même temps un claquement sonore retentit; l'homme demeuré seul sur le siège se tenait debout lançant les chevaux au galop. Les animaux, hennissant de douleur sous la grêle de coups qui pleuvait si inopinément sur eux, se ruèrent avec un élan furieux.
La voiture ] tassa comme une flèche, s'engageant dans l'endroit de la route demeuré libre.
Un coup de sifflet aigu traversa l'espace. Au même instant, un bruit effrayant retentit, la terre parut trembler. La voiture atteignait l'entrée de la route de Lieusaint. Les chevaux, lancés à fond de train, bondissaient, quand tout à coup le terrain parut s'abîmer sous eux. Ils disparurent : un gouffre, s'ouvra nf spontanément, engloutissait chevaux, voitures et voyageurs.
Un nuage de poussière s'éleva, des cris déchirants éclatèrent pour s'éteindre presque aussitôt. Une ombre passa un moment, rapide comme celle d'un corps qui eût été lancé par une force irrésistible et disparut derrière la haie.
Un clapotement sourd, sinistre, des craquements $ecs, des froissements de branchages se firent entendre à la fois, se mêlant pour former un tumulte indescriptible.
Voiture., ehevaax, voyageurs, tout avait disparu tout s'était abîmé, et. au moment où les chevaux enfonçaient, où la voiture roulait dans l'abîme, l'énorme amas de terre, de pierres et de branchages établi sur la route roulait sur la voiture, et, comblant le .souffre, effaçait jusqu'aux traces de l'événement.
Il était bien impossible qu'aucun de ceux qui Tenaient d'être engloutis pût revoir la lumière. . .