‹ Le roi du bagneChapitre 233 sur 243 · t le complice de Bambou · texte numérisé non relu

t le complice de Bambou

deux, après nous, la pu ney prend dans le monde la donner, et qui importante pour

Bamboula riche, Be fait nommer Soi du tout en captant la confiance de Fouché nam la place de Jacquet. Dèï gée de la puissance. » l'est La mort de J l'a décidé à agir ainsi.

— Bamboula et Charney! dil Chivasso. I tendent?

— Oui : tout leur plan est fait, et avouez que ce plan est habile!

— Mais de qui tiens-tu tous ces détails? Ce n'est pas Bamboula qui le- a donnés; qui donc t'a éclairé.

- — 'Moi-même.

— Depuis longtemps je lisais dans le jeu de Bamboula, depuis longtemps je me défiais de lui et j'ai pris mes précautions. Charney n'a agi que par mes ordres: Charney, a eu l'apparence de trahir, et il servait fidèlement la caus

— Oh! tu es grand! dit Pick avec admiration. —Mais pourquoi n'avoir pas tué Bamboula? s'écria Chivasso.

Le Koi du bagne le regarda fixement en face:

— Pourquoi? répéta-t-il. Parce que Bamboula a entre les mains des papiers qui peuvent nous perdre tous.

— Ceux de la rue de Beaujolais? mais je m'étais emparé de ces papiers !

— Tu n'avais violé que le secret d'une cachette, il y en avait deux.

— Alors ces papiers qui existent encore. . .

— Sont les plus importants: c'est le secret de uotre association.

— Où sont-ils?

— Bamboula nous le dira cette nuit. Il faudra bien qu'il parle, et comme, cette fois, il est sûr du triomphe, car j'ai su lui donner toutes les apparences de la sécurité. Bamboula surpris, Bamboula parlera !

Mais pourquoi avoir attendu pour agir jus-

qu'à cette nuit?

Camparini haussa les épaules:

— Tu ne comprends pas? dit-il. Les quatre brigades de poliec apostées sont composés des meilleurs hommes, c'est-à-dire de nos plus dangereux ennemis. Jamais occasion meilleure ne s'est présente pour les anéantir. D'un même coup nous les détruisons tous, et la porté de ce coup est immense. louché a promis au général Bonaparte de détruire les chauffeurs, il s'y est engagé formellement. Or, au lieu de les détruire, ce sont ses brigades les plus fortes qui seront détruites. Le général sera furieux, il ne lui pardonnera pas cet échec au mi- Bistre et Fouché sera disgracié. Et Fouché, tous connaissez^mon opinion sur son compte? C'est le génie de la police, c'est l'ennemi le plus formidable que nous ayons jamais eu à combattre. Lui renverse, c'est la sécurité pour nous!

— Mais ces brigades, de combien sont-elles forte.-?

— De cinquante hommes chacune.

— Deux cents hommes, et nous ne sommes que soixante-trois? dit Chivasso. Que faire?

— Tout est fait ! dit Camparini. J'avais envoyé porter /les ordres à tous les chefs des départements. •C'est pour cela que la grande conférence a eu lieu il y a peu de jours. Toutes mes mesures sont prises, et s'il y a deux cents hommes prêts à nous attaques-ces deux cents hommes sont entourés à cette heure par quatre cents autres tous pris parmi les plus déterminés des bandes du centre de la France. . . .

Camparini s'arrêta : son regard était redevenu fixe et semblait interroger l'horizon. Ses compagnons suivirent la direction de ce regard. Le clocher de l'église de Fontenay se détachait comme une flèche noire sur les nuages amoncelés. La base de cette flèche, plongée jusqu'alors dans les ténèbres, venait de s'éclairer. Une lueur comme celle d'une lanterne, brillait à l'intérieur.

— Le comte d'Adoré vient d'arriver à la ferme ! dit Camparini. Charney doit le suivre; maintenant avançons ! Il est l'heure ; nos hommes doivent être à leur postes.

Camparini et ses compagnons se dirigèrent vers Fontenay . Tout était calme, et le silence le plus absolu régnait dans la campagne.

— Qui as-tu chargé des chiens? dit Chivasso à Camparini.

- — Beau-François ! répondit celui-ci.

Tous quatre continuaient à s'avancer. Le Koi du bagne qui dirigeait la marche, ralentissait son

allure: on eût dit qu'il attendait quelque événement pour se précipiter ensuite.

On venait d'atteindre les premières maisons de Fontenay. Le petit village dessinait sa masse con-fuse que surmontait le clocher, dont la lumière était éteinte.

(Suivant la rue. déserte alors, qui, du bois de Vincennes, conduit en haut de la crête en traversant tout le village, les quatre hommes se trouvèrent bientôt de l'autre côté de Fontenay. Les bâtiments de la ferme se dressaient à peu de distance. Camparini s'arrêta:

— Attendons! dit-il.

L'attente fut courte. Presque au même instant et de quatre points différents de la campagne, s'élevèrent, sans détonation qui les suivit ou les précédât, quatre petits globes de feu de couleurs différentes : l'un rouge, l'autre bleu, l'autre jaune, le quatrième blanc.

— Les quatre brigades sont cernées ! dit vivement Camparini, à la ferme ! J'avais bien dit que cette nuit serait la nuit de triomphe ! Maintenant, en avant les chauffeurs !

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