‹ Le roi du bagneChapitre 27 sur 243 · LE I LMJ101 R DE LA : ' DEMI BRIGADE · texte numérisé non relu

LE I LMJ101 R DE LA : ' DEMI BRIGADE

peul perdre in.i Boeur. Oui, bs vie dépend peut ciir de La conservation de ces papiers que l'on veut m'arracher. ,

" Voilà i» quoi j'ose m'adr<

S'il ne s i que 4e moi seule, j'accep-

terais la lutte avec an sorl crue) ; mais la vie de ma soeur est en jeu. Ma soeur. lis bien, vous l'aimez; aussi je n'h pus. Recevez ces papiers; conservez-les rachetés; be les laissez pas prendre; qu'ils ne vous quittent jamais jusi|ii';i l'heure ou moi "ii i m i soeur vous les redemanderons.

"Une dernière grâce encore. Détruisez cette lettre aussitôt après l'avoir lu; j'en adjure votre honneur de gentilhomme!

"J'ai foi en nous, monsieur le vicomte; j'agis sans défiance. Sauvez-moi, vous sauverez CJranie! Encore une lois, détruisez ma lettre en présence de celui-là même qui vous la remettra."

— Avez-vous entendu? reprit Camparini.

— Oui, dit Lucile.

— Eh bien! celle lettre a été écrite en imitant votre écriture avec nue habileté remarquable; elle est signée de vos noms et prénoms; rien ne s'oppose même à ce qu'elle soii cachetée de vos armes.

Lucile regardait Camparini avec un calme décela ut une résolution énergiquement arrêtée. Il y avait une virilité étrange dans l'expression du regard incisif que ses beaux yeux lançaient sur le marquis.

* — A qui est adressée cette lettre? dénia nda-t-elle sans que sa voix trahit ce qui devait se passer en elle.

— Au vicomte de Signelay, répondit nettement Camparini.

— Et les papiers dont vous parlez et qui doivent être joints à la missive?

— Les voici . . .

— Je veux savoir ce que contiennent ces papiers que vous allez envoyer, dit-elle.

Le marquis la regarda brusquement; puis il sourit,

— J'aime l'énergie qui brille sur votre physionomie, dit-il. Vous me demandez quels sont ces papiers que je vais mettre sous plis? Je pourrais vous répondre tout ce que je voudrais, attendu que le nieta% songe est facile; mais, par cela même que rien ne l'entrave, la duplicité me déplaît. Et puis, pourquoi ne vous l'avouerais-je pas? Depuis que vous êtes entre mes mains, vous avez fait preuve d'une telle

énergie, d'un tel oid, d'un tel poura-

ge enfin, qui pour voua une cer-

taine admirai Ion, et que j'aurais honte d'employer è votre égard des moyens vulgaires. Il a trente an

. \ ous m'eussiez né ce mépri

perbe capable d'écraser un moins fort que que je nous eusse ' née ricor-

aujourd'hui j'ai cinquante an

ne/, un sourire sur mes |e\ res! Que voulez-vous,on baisse en vieillissante to

lu Ile veul pas dire que je SOÎ8 BUr 1 point

de faiiblir; non, de par^to I diables! .Mais je reconnaîtrai votre fermeté non par de la colère, mais par de la franchi se. ( îes papiers, vous vou] ■/. sa tiennent '.' Je vais vous le dire: cette l est une correspondance d'espion habitant Venise; cette aut re est m de correspondance destinée à soulever l'esprit du peuple vénitien contre la noie Il y i là de quoi l'aire pendre une de-

mi-douzaine de gens parfaitement innocents.

— Ce sont ces papiers que vous voulez envoyer au vicomte de Signeloy! s'écria Lucile.

— Oui, dit simplement Camparini.

— Mais dans quel but?

— Pour le perdre ! . . . Le vicomte me gêne pour des motifs qu'il vous importe peu de savoir.' Je veux le faire disparaître, sans être cependant pour rien dans sa disparition. J'ai fait adroitement solliciter des inquisiteurs d'Etat l'ordre d'arrestation du vicomte.; mais comme il est Français et émigré, la république de Venise a deux motifs pour n'agir envers lui qu'avec une grande circonspection: il faut que sa culpabilité soit parfaitement démontrée. Or, vous comprenez, un homme sur lequel on découvrira des papiers semblables à ceux-ci . .

— Et vous voulez vous servir de moi pour vous aider dans l'accomplissement de cette horrible infamie? interrompit Lucile avec un éclat de voix strident.

— Naturellement, continua Camparini avec son même sang-froid. Vous seule pouvez me servir dans cette circonstance, vous seule vous pouvez écrire une telle lettre au vicomte; vous seule vous pouvez le forcer à se faire dépositaire d'un tel legs. . ou votre sœur; je ne puis avoir recours qu'à vous.

LE TAMBOUR DE LA 32e DEMI-BRIGADE

Lucile regarda Camparini avec une fixité qui avait quelque chose d'effrayant. Celui-ci, sans se préoccuper de l'expression de la physionomie de la fille, se renversa en attendant une réponse.

Lucile se leva brusquement.

— Cette lettre,! s'écria-t-elle, quelque infâme qu'elle soit, vous pouviez l'envoyer sans me le dire, vous pouviez imiter mon écriture sans me prévenir. Pourquoi l'avoir faite alors? par quel motif agissezvous? pourquoi cette nouvelle torture?

Camparini sourit.

— Pour que vous m'évitiez de vous l'infliger, répondit-il.' .

— Comment ?

— En détruisant cette letre avant de l'envoyer.

— A quel prix?

— Vous savez quel est le secret que je veux connaître; vous seule pouvez me le révéler: voulez-vous l'échanger contre cette lettre?

Lucile joignit les mains.

— Encore ! . . s'écria-t-elle d'une voix rauque.

— Toujours!... ce secret, je le veux.

— Il n'est pas le mien!

— Alors le vicomte sera perdu !

Lucile demeura un instant immobile,

puis, redressant la tête, elle darda sur son interlocuteur des regards ardents aux effiuves magnétiques.

— Que la volonté de Dieu soit faite! ditelle, je ne parlerai pas!

Camparini s'inclina froidement.

La seconde course des gondoles avait lieu alors, et la foule, anxieuse, attentive, témoignait bruyamment l'émotion qu'elle ressentait.

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