‹ Le roi du bagneChapitre 69 sur 243 · LE PALAIS · texte numérisé non relu

LE PALAIS

s'il est une locution empruntée à La langue italienne dont en fait an abus véritablement ridicule depuis trente ans, certes celle de a gorno. Il a'esl pas nri programme de fête, pus nue réclame à propos de bal, de soirée, etc., qui ae porte ces deux mois en tête de sou prospectus. Une autre locution aon moins en faveur: Fête vénitienne; a servi d'appât aux entrepreneurs de plaisirs publics depuis en même nombre d'années, et il est peu de ville Franc* qui n'aient vu placarder sur leurs murs bon nombre de ces affiches dont les nuances heurtées tiraient l'oeil en attendant que les promesses fallacieuses qu'elles contenaient tirassent, l'argent de la poche des curieux. Il n'est donc peut-être pas un seul de nos lecteurs qui n'ait assisté, dans sa ville natale, à une fête vénitienne avec éclairage a giorno; mais, nous •avons le regret de le dire, pas un seul de .ceux-là ne sait ce que c'est qu'une fête véritablement vénitienne, qu'une illumination, suivant l'expression italienne, véritablement a giorno.

Pour avoir assisté à l'une pour avoir contemplé l'autre, il faut avoir été à Venise, il faut avoir eu l'honneur d'être présenté dans l'un de ces palais patriciens comme il en reste encore deux ou trois debout, et dans lesquels on conserve, en dépit de l'oppression autrichienne, les antiques usages de la vieille cité des doges, avec le même culte, le même amour que les amateurs passionnés observent pocr les produits d'art d'une autre époque. La première condition de la fête vénitienne proprement date, c'est le masque; la première condition de l'éclairage a giorno, c'est que la lumière soit plus vive encore que lorsque le soleil darde ses rayons et que cette lu-

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mière soit à profusion non seulement dans l'intérieur du palais, lieu de la fête, mais encore, mais surtout sur le canal qui le borde.

En France nos habtudes de mascarade ne nous permettent pas de comprendre ce qu'est le masque en Italie, et surtout ce qu'il était jadis à Venise avant que la police autrichienne eût établi ses règlements soi-disant paternels. D'abord, à Venise, le carnaval durait quatre mois (d'octobre au mercredi des Cendres) et le masque pouvait se reprendre publiquement encore à d'autres fêtes dans l'année. La saison d'hiver n'était à proprement parler que la saison du carnaval.

En décembre le masque était donc dans toute sa puissance, et cette année de 1796, en dépit des succès des armées françaises, en dépit, des préoccupations sérieuses, en dépit des orages menaçants qui se formaient à l'horizon, le carnaval n'en brillait pas moins à Venise par force d'habitude de» tout son miroitant et splendide éclat. La nuit où nous rentrons dans la ville des doges, un beau palais dont la façade dominait l'un de ces nombreux canaux qui avoisinent le quai des Esclavons, resplendissait de lumières et de bruit. Des centaines de gondoles portant les écussons des plus nobles familles s'entassaient aux abords du palais et les barearoli armoriés qui les montaient échangeaient lazzi et injures avec les gondoliers de louage dont les embarcations sombres glissaient lestement sur les eaux.

A minuit, la fête était dans tout son éclat et les illuminations resplendissaent du rez-de-chaussée au faîte du palais, se doublait encore par l'effet du mirage dans les eaux du canal. Un tapis de velours rouge, jeté sur les marches du débarcadère, permettait aux élégantes signoras de quitter les moelleux coussins de leurs gondoles sans effleurer même le marbre qui recouvrait le sol. A l'intérieur du palais, quatre salons magnifiques et deux gâteries immenses recevaient les invités qui se pressaent dans cette splendide demeure.

Tous étaient masqués, tous étaient richement vêtus, et la joie la plus vive l'ardeur Ja plus bruyante, régnaient d'un bout a il 'autre des salons et des galeries.

On venait de danser; le tumulte qui ré-, gnaient d'un bout à l'autre des salons et des galeries.

On venait de danser; le tumulte qui régnait occasionna dans la foule un mouve^ ment de flux et de reflux comparable à ce-t lui d'une mer agitée: un personnage;, costumé en soldat dalmate, la figure recouverte d'un masque de velours rouge passa du premier salon dans le second, conduisant par le bras un masque de petite taille encapuchonné comme l'étaient les chauves souris ,des bals de l'Opéra sous Louis XV. Ce masque dont on devinait la taille fine les foi mes grêles et la construction délicate, en dépit des nombreux tuyaux formés par la jupe de la robe, suivait son conducteur non, comme obéissant à l'attraction du plaisir, mais bien comme entraîné par force.

iL'homme au masque de velours rouge grâce à sa taille qui lui permettait de dominer la foule, s'avançait jetant autour de lui à travers les trou» de son asque des regards ardemment investigateurs. Apercevant un personnage sec et maigre, revêtu d'un déguisement de fantaisie il se dirigea vers lui entraînant toujours sa compaigne, et lui touchant doucement l'épaule avec le bout du doigt :

— Bonsoir cher monsieur de Grafeld dit-

L'autre tressaillit.

— Ah! c'est, vous signor Camparini répondit-il, je vous attendais; vous êtes en retard.

— Bah! nous saurons bien rattraper le temps perdu.

Et se penchant à l'oreille du baron :

— Vous avez vu l'inquisiteur? ditil.

— Oui, répondit l'autre je l'ai vu, j'ai causé avec lui et il consent à tout.

— Très bien.

— A une condition cependant,

— Ah ! ah ! il y a une condition, et laquel- ]e, je vous prie, vous l'a-t-il fait connaître?

— Oui. Cette condition, c'est que vous obtiendrez de Barras le rappel du général Bonaparte.

Camparini haussa les éaples.

— Absurde ! dit-il, jamais Barras ne pourra s'engager à obtenir cela. D'ailleurs, la France entière se soulèverait à l'idée de rappeler, le jeoine vainqueur. Absurde,,

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vous «lis je. Le rignor fcfocenigo chanj «l'avis quand j'aurai causé avec lui. .Wsi ce i»;is not pe tntérôl à tous que le général Bonaparte demeure à la tête <l<" l'année d'Italie et continue u battre les A.ntrl chiens?

M;iis. . . s'écria le ba ron.

< lamparini le pril par l<- bras, et le for çanl a reculer jusqu'à ce qu'il fui appuyé eont pe l,i muraille :

Ne jouons pas lu comédie l'un vus-ô vis de l'autre, baron, Hii il ;i \ » » i x basse, si ^Autriche était triomphante, elle n'aurait plus besoin de vous en Italie, pas plus qu'elle a'aurait besoin de mes services. Donc notre intérêt ù ions deux est qu'il y ;i i«-i quel* qu'un qu l'entretienne sur le qui-vive, ël le général Bonaparte est ce qu'il faut m cet égard. Corbleu! si cela continue, il sera à Vienne <lans six mois.

— Chut! l'ii le baron avec inquiétude.

— Laissez <!on<\ on ne. nous entend pus... Demander le rappel dé Bonaparte!... Mocengeest fou! Ce à quoi je consens.

*'Vsi à augmenter la division, les paris eu France*: cela très volontiers.. Voyez-le; s'il veut nie rendre le service que je lui ai demandé, service qui. somme toute, concerne la. signora bien plus que moi, je lui prouiei en retour une émeute à Paris avant un linois.

— Tue émeute sérieuse?

— On tâchera de taire pour le mieux.

— C'est bien, je vais voir Mocenigo? où .vous ret rouvera i-je?

— Là, je ne bougera pas de place; la signora va prendre le frais sur ce balcon.

Et Camparini désigna de la main une fenêtre ouverte stuée à deux pas. Le baron disparut dans la foule. Camparini prit le lu as de sa compagne et l'entraîna sur le balicon au dessous duquel couodhtonaeqrsgdo l'on au-dessous duquel coulaient les eaux brillamment illuminées du canal.

Bu posant e ped sur le balcon, a compagne de Camparini frissonna comme si ele allait s'affaisser sur elle-même. Camparini la soutint et la porta en avant, lui tornant le visage de façon à recevoir l'air pur de la nuit.

— H n'est pas l'heure de tomber en pâmoison, dit-il d'une voix rude.

— Je n'en pus plus ! ... je meurs ! répon-

'lii ir masque d'une vois éteinte; pourquoi [n'avoir cont rainte ;> venir ici.

— Pour avor des nouvelles. et roua convaincre qu'il (allait m'obéir.

— Tuez moi !

Pour quoi faire?. • • vo\ re mort ne r.iii qu'un embarras et voua pourrez m'étre i rcs ut île : donc il faut que \ ou« s ivii z

Le m. i" convulsii

pleurer en contenant Demeuron attendons! repri

l'une voii ferme • et de

lumeti re : ce que \ La jeuhe femme redressa la U — Et ?i je me démasquais, dit-el biep fort, devant tous. K.

— Et le \ icomte? ?. . . interrompit I gne. I bailleurs, pourquoi me ténioignez? Je n'ai jamais voulu qi ge, moi, vol re tranquilité. Je von n'ai aucun intérêt à votre mort; je ae veux que vous éclairer au contraire, vous f maître

ceux que vous devez aimi r is de

vez hair. . . .

— Hair! s'écria la jeune femme; mai- Bavezvous bien qui vous m'avez dit de hair?

— Sans doute: je vous ai dit qu'il fallait hair, considérer comme votre plus mortelle ennemie cette jeune fille.

— Ma soeur interrompit la jeune femme.

— Et oui, pardieu ! Cette Lucile dont le comte d'Adoré a fait sa fille adoptive pour mieux cacher son infamie, cette Lucile vous hait, vous détesce! En voulez-vous les preuves ? Vous allez les avoir. Ce n'est que pour vous les donner que je vous ai conduite ici.

— Je ne vous crois pas !

— Vous en croirez d'autres.

— Laissezmoi, je veux être libre !

— Plus tard ! Pour le présent, vous êtes en ma puissance, ne l'oubliez pas, si vous T'oubliez, ce serait à un autre à supporter les peines de votre manque de mémoire. Encore une fois, songez au vicomte !

La jeune femme porta les deux mains à son front.

— Les tortures que le vicomte endurerait répondent de votre obéissance, signora poursuivit Camparini. Allons, du courage î remettez-vous, voici des gentilshommes qui viennent de notre côté.

Effectivement, quelques danseurs fatigués venaient se reposer sur le balcon et respirer l'air vi-

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yifiant. Derrière eux se glissa le baron de Grafeld. Camparini le vit du coin de l'oeil, et, se plaçant de façon à s'isoler de sa compagne et des danseurs :

— Consentil? demanda-t-il d'une voix brève.

— Oui, répondit le baron ;il fera ce que vous voudrez.

— Où le trouverai-je?

— Il vient, il est sur mes pas.

Camparini se tourna vers la jeune femme:

— Eceoutez, dit-il, je commence à tenir une par tie de mes promesses; l'inquisiteur va venir, il consent à vous entendre, vous aurez des nouvelles.

La jeune femme joignit les mains.

— Vous dites vrai? s'écria-t-elle.

Camparini lui imposa silence avec un geste de la main, puis, se retournant vers le baron :

— Cher baron, dit-il, en retour du service rendu, je vous promet le nom de l'homme que le con^ seil des Dix paiera au poids de l'or.

— D'espion des Bonaparte à Venise ?

— Oui.

— Vous le connaissez?

— Parfaitement.

— Et vous me mettrez à même de le dévoiler ?

— Avant deux fois quarante-huit heures, je vous en donne ma parole.

Le baron se rappprocha de Camparini.

— Si vous faites cela, dit-il, je vous engage à mon tour ma parole que l'Autriche fera sa propre affaire de l'affaire du vicomte.

— Je retiens votre parole: dans quatre jours je vous en ferai souvenir.

En ce moment un nouveau personnage, tout habillé de velours noir et d'un manteau de* même étoffe, fit son entrée sur le balcon. En l'appercevant, Camparini échangea un brusque salut avec le baron et se dirigea vers le nouveau venu. Celuici s'arrêta, demeura un moment immobile comme pour mieux attirer sur lui l'attention de la foule qui encombrait le balcon :écartant alors les plis de son monteau, il laissa voir une plaque d'acier plaquée sur sa poitrine, les masques reculèrent aussitôt en s'inclinant. L'homme fit un geste impérieux: tous s'éloignèrent en se dirigeant vers le salon. Camparini et sa compagne demeurèrent seuls en présence de l'étrange personnage.

— Signor Mocenigo, dit Camparini avec un calme parfait et sans paraître le moins du monde intimidé, voici la signora dont je vous ai fait parler et qui désire avoir avec vous une conférence sérieuse. Consentez-vous à l'entendre?

— Signor comte, répondit l'inquisiteur, la rignora n'est-elle pas Française?

— Oui, signor.

— Elle se nomme Uranie de Cantegrelles ?

— Le baron de Grafeld vous a dit la vérité.

— Que désirez-vous de moi, signora? demanda Mocenigo en se tournant vers Uranie.

— Un acte de justice, signor! s'écria la jeune' fille : la liberté d'un homme injustement accusé !

— Par qui? demanda froidement Mocenigo.

— Par le tribunal.

— Le tribunal n'accuse jamais injustement. • — Celui-là n'est cependant pas coupable.

— Qu'en savez-vous?

— Oh ! s'écria Uranie avec véhémence, j'en suis certaine; il a été accusé à tort.

— Son nom ?

— Le vicomte de Signelay.

— Le vicomte de Signelay, reprit- Mocenigo, a été justement accusé, car on a trouvé sur lui les preuves de son crime.

— 'Son crime ! s'écria Uranie ; et quel crime avait il commis ?

— Celui de lâche trahison; le vicomte était un espion du Directoire.

— Un espion! lui! fit Uranie avec un cri d'indignation tellement violent que l'inquisiteur en fut ému.

Se rapprochant de la jeune fille:

— Signora, reprit-il d'une voix grave, je vois à votre douleur que vous souffrez. Le marquis Camparini s'intéresse vivement à vous, je ne l'ignore pas, et l'intérêt qu'il vous porte excite au plus haut point ma sympathie ; je veux donc oublier un moment et ma position politique et votre qualité d'étrangère pour ne me souvenir que d'une chose : c'est que nous sommes dans un bal et que vous avez droit de commander en votre qualité de femme. Parlez nettement, que désirez-vous savoir demoi ?

— La vérité ! dit Uranie avec désespoir. Depuis de longs mois je lutte avec tous, avec moimême, je me refuse à croire, je suis folle par mo ments. Oh ! signor !par pitié ,faites cesser cet horrible état de mon âme. Le vicomte de Signelay estil donc véritablement méprisable?

— C'est un espion,- je vous le répète, reprit Mocenigo, et les preuves irrécusables de sa correspondance avec les ennemis ont été trouvées sur luimême. Il n'a pu nier; il s'est contenté de garder le silence.

— Cela n'est pas possible ïdit Uranie. Lui, un infâme !

— Ces preuves existent !

— Mon Dieu, mon Dieu !ma tête se perd, dit

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[Jranie avec une expression d'égarement douloureux.

Mocenigo s'inolina devant elle :

Signora, reprit-il, c'est là tout ce que je puis vmis confier. Si roui roulez suivre un amical oon eil, cessez de v»m occuper d'un hdjmme qui est indigne il»1 vous et qui tanl que Venise, oe pespirers jamais l'air libre.

L'inquisiteur salua encore et B'éloigna; [Jranie à demi renversée sur la balcon, avait lecorpe ployé et sans force ; Camparini la soutint :

— Que vous avais-je confié dit-il. Ne roua avais-je pas prévenue?

Tout à coup [Jranie B'arracha à l'espèce de torepeur à laquelle elle était en proie.

— Coupable d'une lâcheté, d'une trahison, (l'une infamie, lui! sïvna-t-elle. N<>u! non! èeli impossible, il a été le jouet de quelque odieuse machination.

— C'est mon avis, dit froidement Camparini. [Jranie regarda le Roi du Bagne, les yen* de la

jeune fille étaient hagards.

— Encore dit-elle d'une voix rauque.

— Toujours ! -répondit Camparini. Puisque cela est la vérité.

— Je ne vous crois pas!

— 'Alors, il est coupable, lui!

—Non !

•— ,Que vous faut-il pour croire?

— Des témoignages irrécusables !

— Et ensuite, ces témoignages reçu*, vous croirez et vous aurez confiance en mot?

— Je ferai tout ce que vous me dires de faire pour le sauver, mais ce Epreuves, je les veux et il me les faut ! !

— Venez donc ! vous allez les avoir ! Camparini saisit le bras d'Uranie et l'entraîna

dans le salon; la foule était encore plus compacte que quelques instants plus tôt. Camparini conduisait sa compagne, fendant les flots des dan seurs et se dirigeant, vers .la galerie la plus éloi gnée de l'entrée du palais. En passant dans le second salon, il croisa un masque costumé en Ar ménien, avec lequel il échangea un signe rapide. L'Armnien s'approcha.

■*— Où est Pick? demanda Camparini à voix basse.

— Dans la gondole ! répondit l'Arménien. Fautil le prévenir?

— Non, pas encore, suis-moi ! Il est essentiel que tu entendes ce qui va être dit, que tu voies ce qui va se passer.

Camparini, sans attendre la réponse, continua

marche, i a! rainant toujoui I

i guider ian p ': cience de sa

propre rolonté. L'Arménien i tint i marcha de loin sur lei trai • a lu roi du I

!;i jeune fille. 1 >.l II- 1'' I "Il qu'U« V&

muent d'atteindre, la foule était plus compacte encore : depuis quelques instants deux hommea vêtus en Chinois et \*-- vi ché derrière un

masque épais, marchaient dans les pas de l'Arménien sans que celui-ci eût paru remarq leur voisinage. Tout à coup et au moment où la foule pretaée, obstruant l'entrée du dernier salon, taisait un effort pour s'écouler, l'Arménien

parut faire un brusque faux pus, il trébucha, voulut se retenir, niais il perdit l'équilibre et il tomba ; le bruit étouffa le cri qu'il poussa Un

courant en sens contraire l'entraîna au moment où il se relevait, mais Camparini atteignait alors le seuil de la galerie.

L'Arménien se dressa sur ses pieds pour jeter un regard en avant et il demeura immobile et comme foudroyé. Derrière Camparini et sa compagne, il venait d'apercevoir un Arménien de même taille que la sienne, de même allure,, vêtu absolument de même. Sans doute, il voulut s'élancer et il allait appeler, quand une main ferme le cloua sur place.

— Un pas ! un mot ! tu tombes mort à l'instant ! lui dit une voix brusque à l'oreille.

L'Arménien tourna la tête ; un homme masqué était près de lui, cet homme était costumé en bandit espagnol et il jouait avec la crosse d'un pistolet passé à sa ceinture. L'Arménien ne fit pas un mouvement : le bandit semblait le fasciner du regard.

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