AVERTISSEMENTS ET CONSEILS
Et cependant les avertissements et les conseils n'ont pas manqué au buveur. L'Écriture et les saints Pères lui ont prédit tous les malheurs qui sont arrivés.
« A qui dira-t-on malheur, pour qui seront les querelles et les pièges, sinon pour ceux qui passent leur temps à boire?... Ils se ruinent... L'intempérance est pleine de désordres... Elle produit la colère et l'emportement... Elle attire de grandes ruines; elle a tué bien des hommes. » (Prov. EccL, passim.)
Voilà ce que les saintes Écritures disent au buveur.
De siècle en siècle, les saints Pères sont venus dénoncer aux hommes cette passion terrible et les prémunir contre les ravages qu'elle exerce.
« L'ivrognerie trouble Tordre de la nature. » (Saint Augustin.)
« Le vin et la jeunesse sont les deux flammes de la volupté. Pourquoi jeter de l'huile sur le feu? Les premières armes que le démon emploie contre les jeunes gens sont le vin et la bonne chère. » (Saint Jérôme.)
« De l'ivresse, dit saint Grégoire, naissent la folle joie, les bouffonneries, l'impureté et l'hébétement de l'esprit. »
Saint Laurent Justinien décrit en peu de mots tous les effets de l'ivrognerie.
« Par elle, dit-il, la constitution est débilitée, les flammes de la débauche sont allumées, la raison est détruite et la porte est ouverte aux crimes et aux meurtres de toutes sortes. L'ivrognerie fait dire des paroles insensées, des médisances et des folies; l'intelligence est hébétée, la maturité delà pensée disparaît, une joie folle la remplace, renverse toutes les barrières et mène à toutes les corruptions. »
« L'ivrognerie ruine tous les dons spirituels, elle donne la mort aux vertus et aux bonnes mœurs, et supprime tout ce que l'homme avait de bon. » (Bellovac.)
D'après saint Jean Chrysostome et saint Bernard, l'ivrognerieestune véritable possession diabolique. « L'ivrogne introduit volontairement un démon dans son âme, » et, nous l'avons vu, ce démon fait prendre aux hommes les mœurs et les habitudes de l'enfer.
Notre-Seigneur lui-même a mis les hommes en garde contre la terrible mort de l'ivrogne, la mort subite.
« Faites attention à vous, de peur que vos cœurs ne s'appesantissent par l'intempérance, par les excès de vin... et que le jour de la mort ne vous surprenne tout à coup. » (Luc, xxi, 34/
Ce serait alors la damnation éternelle. Saint Paul le disait aux chrétiens : « Je vous déclare que ceux qui commettent ces crimes (l'ivrognerie et la débauche) ne seront point héritiers du royaume du ciel. » (Gai., v, 21.)