LA CATASTROPHE
Nous touchons au dénouement du drame de l'alcoolisme. Le duel à mort entre le démon de l'intempérance et l'homme va finir par une calastrophe. Le buveur, ruiné dans son âme et dans son corps, traîne son ex. ence misérable dans l'isolement et le mépris : ce n’est plus un homme, c'est un dégradé, un abruti, une quenille d'homme!
Le démon s'apprête à frapper le coup décisif et à terrasser sa victime, en poussant un sinistre cri de triomphe.
Mort prématurée
La mort de l'ivrogne est ordinairement prématurée. Débilité par l'action corrosive de l'aicooi,
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l'organisme contracte facilement des maladies qui en peu de jours, deviennent graves et mènent à une terminaison fatale.
« L'alcool prépare aux accidents et ux épidémies un terrain où il leur sera facile d'exercer leur puissance. Ainsi, dans l'État de New-York, on a vu durant une épidémie cholérique les membres des sociétés de tempérance presque indemnes, tandis que, sur 600 malades entrés à l'hôpital, il y avait, pour 6 admis, 5 buveurs. » (H. Martin, Études religieuses.)
C'est d'ordinaire vers les quarante ou cinquante ans que nombre de buveurs succombent. Et lors même que, par une suprême grâce, Dieu laisse à l'ivrogne le temps de se préparer à la mort, cette mort est toujours triste et inquiétante, au point de vue chrétien.
Durant de longues années, cet homme négligea ses devoirs religieux, et viola les lois de la morale en bien des circonttances. Aujourd'hui l'intelligence et la volonté affaiblies par de longs excès n'ont presque plus d'activité... Et de cet abruti il faut faire un saint!
Le moyen de faire comprendre à :e moribond les dérèglements de sa conduite, d'obtenir un
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confession sincère, une résolution ferme de quitter des habitudes qui, “hez lui, ont pénétré jusqu'aux moelles, et cela, au milieu des souffrances de l'agonie et des transes üe la mort!
Le prêtre fera bien son possible, mais que de craintes fondées n'aura-t-il pas sur les dispositions de cet homme et sur son aptitude à faire des actes cependant nécessaires à la conversion ?
Suicide
Mais trop souvent, hélas! l'ivrogne n'aura pas même cette faible chance de salut : le suicide ou la mort subite, foudroyante, seront les portes par lesquelles il entrera dans l'éternité.
Dans un accès de délire tremblant, L corps agité par des chocs nerveux qui ne lui laissent pas un moment de repos, l'imagination bouleversée par des apparitions qui lui montrent prrtout des démons ou des bêtes horribles, des einemis iuaginaires, des dangers effrayants, le malheureux, perdant tcut contrôle sur ses actes, se précipitera de la fenêtre de sa chambre, se jettera à la rivière, ou se logera une balle dans la tête. C'est la fin.
Le coroner tient son enquête et le jury rend son verdict ordinaire : — Mort dans un moment d'aliération mentale!
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C'est vrai, mais quelle fut la cause de cette alié nation wu1entale? — L'alcool. Qui poussa cet homm à cet acte désespéré? — L'alcool, le poison qu volontairement l'homme absorba durant de longue années et qui, aujourd'hui, produit le dénouemen fatal.
Cet homme pourra-t-il justifier au tribunal d Dieu son acte Césespéré et coupable?
L'alcoolisme et la mort subite
Non moins dramatique est la mort soudaine qu attend le buveur au détour d'un chemin et le frapp comme l'assassin frappe le voyageur sans défiance
L'homme cependant avait eu des avertissement mystérieux. Des éblouissements, des vertiges pas sagers, des arrêts momentanés du cœur, des con gestions cérébrales, de légères attaques de para lysie lui avaient dit que quelque pièce important. de la machine humaine fonctionnait mal. C'étai une invitation solennelle à rompre avec la caus de ces troubles; mais l'homme, dominé par s; passion, n'avait rien voulu entendre. Or, un jour un épanchement se produit au cerveau, une con gestion de poumons se déclare, un caillot de san; obstrue une artère, un anévrisme, une syncope Si
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fait au cœur, et comme une masse inerte, l'hon.:ine tombe sans connaissance et sans vis.
L'apoplexie, ce coup de foudre, « celle explosion muet! : de l'organisme qui tue les hommes dans une : onde, etles jette brusquement des bras de l'o1;.e dans ceux de la mort * ‘"éiouino, p. 149,,est, bien plus souvent qu'on : : ; ‘18e, la vengeance terrible que Dieu réserv l'homme qui s'est laissé dégrader par la boisson. Un médecin, le br Descureto, va jusqu'à affirmer que « les trois quarts des morts subites sont occasionnées par l'ivrognenie et les débauches qui en sont les suites ». Descureto, p. 56.)
Et le coroner passe, et le jury rend son verdict
ordinaire : — Mort d'une syncope de cœur; mort d'une cor .-estion de poumons; mort d'un ér .nchement au veau, mort par la visite de Dieu :…
La cause véritable de cette mort subite restera le secret de la famille, du médecin et du prêtre.
Pas d'espérance
Triste un d'une vie humaine! plus triste fin encore d'une vie chrétienne! Quelle place laisset-elle à l'espérance et à la miséricorde?
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Dans toutes les autres morts subites, même lorsque l'homme tombe sans pouvoir: donner extérieurement le moindre signe de sentiment et de vie, il y a cependant lieu d'espérer encore... Qui sait? La vie n'est peut-être pas complètement éteinte à l'intérieur. Au moment même où l’homme a été atteint, quand ila senti son âme sombrer dans le gouffre de la mort, le malheureux a pu pousser vers Dieu le cri suprême du naufragé, et par ce repentir sauver son âme.
Rien de semblable à espérer pour l'homme que la mort frappe au milieu de l'ivresse. 11 s'est mis volontairement dans l'impossibilité de faire aucun
acte humain et, par conséquent, aucun acte surnaturel qui puisse réparer les fautes du passé.
Il tombe comme l'animal qu'on assomme à la boucherie ; comme lui il meurt sans en avoir conscience.
Aussi, en face d'une pareille mort, l'Église refuse-t-elle au cadavre de l'ivrogne l'entrée de ses temples et une place au cimetière, parmi ceux qui attendent la résurrection glorieuse et l’avènement du Fils de Dieu.
L'infortuné mort en état d'ivresse n'a, hélas! extérieurement du moins, aucune espérance de salut.
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