ACTE PREMIER
BENOIT
Ne reprends plus ton air sévère.
Si tu me protégeais un peu....
Que puis-je faire?
BENOIT
Je resterais auprès de toi.
JAVOTTE
En te voyant mis de la sorte.
Avec ce gros air campagnard,
On va te jeter à la porte.
BENOIT
Laissons faire le hasard.
JAVOTTE, poussant un cri.
On vient 1
BENOIT
Non, non, — ce n’est personne.
JAVOTTE
On n’eut jamais d’effroi pareil.
Partiras-tu si je te donne Un bon conseil ?
BENOIT
Un conseil? C’est bien peu. — Donne-letout de même.
JAVOTTE
Nous faisons aujourd’hui notre entrée à la cour Et nous serions d’une exigence extrême.
BENOIT
Alors?
Reviens un autre jour.
BENOIT
On me renvoie à ma cabane ;
Je ne serais bon à rien.
18 LE ROI L’A DIT
Si je suis paysan, n’es- tu pas paysanne?
J AVOTTE.
Mais, moi, je prends des leçons de maintien.
BENOIT
Tu prends des leçons?
JAVOTTE
En cachette.
Ces dames n’ont jamais achevé leur toilette.
On me donne un peu de leur part.
BENOIT
Cela te coûte cher?
JAVOTTE
Rien du tout. — C’est pour l’art.
Des leçons de maintien ?
JAVOTTE
Et de belles manières.
BENOIT
Mais, moi, j’en prendrais bien aussi.
JAVOTTE
En dix leçons particulières Tu serais dégrossi.
BENOIT
Ce professeur, alors, est un grand homme?
JAVOTTE
Très-célèbre, dit-on.
BENOIT
Il se nomme?
JAVOTTE
Monsieur Miton.
BENOIT
Où loge-t-il?
JAVOTTE
On voit d’ici la maisonnette.