‹ Le roi l'a dit opéracomique en trois actes, en versChapitre 10 sur 97 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

BENOIT

Ne reprends plus ton air sévère.

Si tu me protégeais un peu....

Que puis-je faire?

BENOIT

Je resterais auprès de toi.

JAVOTTE

En te voyant mis de la sorte.

Avec ce gros air campagnard,

On va te jeter à la porte.

BENOIT

Laissons faire le hasard.

JAVOTTE, poussant un cri.

On vient 1

BENOIT

Non, non, — ce n’est personne.

JAVOTTE

On n’eut jamais d’effroi pareil.

Partiras-tu si je te donne Un bon conseil ?

BENOIT

Un conseil? C’est bien peu. — Donne-letout de même.

JAVOTTE

Nous faisons aujourd’hui notre entrée à la cour Et nous serions d’une exigence extrême.

BENOIT

Alors?

Reviens un autre jour.

BENOIT

On me renvoie à ma cabane ;

Je ne serais bon à rien.

18 LE ROI L’A DIT

Si je suis paysan, n’es- tu pas paysanne?

J AVOTTE.

Mais, moi, je prends des leçons de maintien.

BENOIT

Tu prends des leçons?

JAVOTTE

En cachette.

Ces dames n’ont jamais achevé leur toilette.

On me donne un peu de leur part.

BENOIT

Cela te coûte cher?

JAVOTTE

Rien du tout. — C’est pour l’art.

Des leçons de maintien ?

JAVOTTE

Et de belles manières.

BENOIT

Mais, moi, j’en prendrais bien aussi.

JAVOTTE

En dix leçons particulières Tu serais dégrossi.

BENOIT

Ce professeur, alors, est un grand homme?

JAVOTTE

Très-célèbre, dit-on.

BENOIT

Il se nomme?

JAVOTTE

Monsieur Miton.

BENOIT

Où loge-t-il?

JAVOTTE

On voit d’ici la maisonnette.

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