ACTE TROISIÈME
Le vin d’Anjou me rend folâtre.
Et je tape sur mes amis ;
Mais ils me battent comme plâtre.
Puis, nous nous sommes endormis.
Je rentrais, droit comme une flûte, Lorsque, dans un dernier zigzag,
Je lais ma dernière culbute Sur le baron de Merlussac.
Pan! — « Si vous êtes gentilhomme, « En garde ! » ^1 était le plus fort,
Je croise le fer, je me nomme,
Il veut parler, — je tombe mort.
Le guet passait, il prend la fuite,
Je me relève et je m'assieds,
Tout fier de ma noble conduite ; Gautru me marche sur les pieds.
Alors, c’est moi qui m’évertue;
Je le provoque obstinément ;
Il se met en garde et me tue.
Cela l’étonne énormément !
Porter l’épée est agréable,
Mais quelquefois c’est bien gênant; J’aurais donné la mienne au diable, Je sais m'en servir maintenant.
PACOME.
Et moi qui vous pleurais, monsieur, depuis une heure !
BENOIT, viveoieut.
Je n’aime pas qu’on me pleure.
Ils m’ont tâté tous deux, je n’ai pas remué.
PACOME.
J’ai cru qu’il vous avait tué.
LB KOI L A DIT
BENOIT
Et tu fuyais?
PACO ME, embarrassé.
• • Au contraire.
J’allais chercher du vulnéraire.
BENOIT
En te sauvant.
Certe, il m’aurait tué, — mais j’étais mort avant.
PACOME, riant.
Comme ils feraient une sotte figure S’ils vous voyaient frais et dispos !
Ménage-les dans tes propos ;
Ne raconte jamais, surtout, cette aventure.
Je suis modeste.
PACO M E, arec conviction.
Oh! oui.
BENOIT
Chut! on vient.
PACOME.
Le baron ►
BENOIT
Hein? — Où faut-il que je me mette ?
Je n’aime pas ce fanfaron.
PACOME.
Il va vous voir.
Benoit se dirige vers le placard oit Jarotte Tarait déjà enfermé. BENOIT.
Je sais une cachette.
PACOME.
Le placard !
BENOIT
Tu m’ouvriras.