ACTE PREMIER
Suppliant.
Benoît* mon cher petit Benoît,
Fais un effort.
BENOIT, sortant.
Voilà comment on me reçoit?
Il fallait bien te faire disparaître.
BENOIT
Tu t’en vas pour huit jours et tu restes six mois.
JAVOTTE
Avec mon maître.
BENOIT
Tu quittes le pays ; j’arrive ; je te vois...
JAVOTTE.’
Et tu sautes par la fenêtre !
BENOIT
Le plus court chemin.
JAVOTTE
Pour un fou.
J’étais là, lisant une histoire.
Un grand garçon, tombant je ne sais d’où,
Me saute au cou .
BENOIT
Et tu le mets dans une armoire !
JAVOTTE
On entrait. — Sauve-toi.
BENOIT
Je partirais ainsi?
Je te suis toujours fidèle.
BENOIT
Grand merci, mademoiselle.
JAVOTTE
Embrasse-moi bien vite et passe par ici.
Au lieu do l'ombrasser, Benoit s’assied.
Tu restes?
le roi l’a dit
BENOIT, froidement.
J’aurai l’air de ne pas vous connaître.
JAVOTTE
Que veux-tu donc?
BENOIT
J’attends le marquis.
Notre maître ?
BENOIT
Je suis ambitieux aussi.
Je veux entrer à son service.
JAVOTTE
Comme quoi ?
BENOIT, se levant avec dignité.
Comme suisse.
JAVOTTE
Toi, suisse ! un simple paysan !
Lui tendant la joue.
Prends vite un baiser et va-t-en.
JAVOTTE
Sais-tu que pour être suisse Il faut marcher noblement?
BENOIT
Avec un peu d'exercice Cela s’apprend aisément.
JAVOTTE
Pourrais-tu porter la pique?
BENOIT
Oh ! sans le moindre embarras.
11 faut être magnifique.
BENOIT
Cela ne me gêne pas.