JAVOTTE, BENOIT
BENOIT
La voici.
JAVOTTE, baissant les yeux.
Vous daignez m’appeler, monseigneur ?
BENOIT, très-tendre.
Laissons mon titre; — avec toi, je l'oublié.
Jamais tu ne fus si jolie!
JAVOTTE
Que me voulez-vous donc?
Pourquoi cette frayeur ?
Je suis Benoit, Benoit qui t’aime Et qui ne sait aimer que toi.
Et je reviens, toujours le même,
A ce passé si doux pour moi!
JAVOTTE
Puisqu’à présent tout nous sépare, Pourquoi me retenir ici?
Votre amour me trouble et m'égare, Pourquoi me parlez-vous ainsi ?
Hélas ! Benoit, Benoit que j’aime Ne peut plus me garder sa foi.
J’ai renoncé, comme vous-même, A ce passé si doux pour moi !
Vous êtes le fils de mon maître.
BENOIT
Mais c’est à moi que ton cœur s’est donné.
JAVOTTE
Je vous aimais sans vous connaître.