‹ Le roi l'a dit opéracomique en trois actes, en versChapitre 88 sur 97 · JAVOTTE, BENOIT · texte numérisé non relu

JAVOTTE, BENOIT

BENOIT

La voici.

JAVOTTE, baissant les yeux.

Vous daignez m’appeler, monseigneur ?

BENOIT, très-tendre.

Laissons mon titre; — avec toi, je l'oublié.

Jamais tu ne fus si jolie!

JAVOTTE

Que me voulez-vous donc?

Pourquoi cette frayeur ?

Je suis Benoit, Benoit qui t’aime Et qui ne sait aimer que toi.

Et je reviens, toujours le même,

A ce passé si doux pour moi!

JAVOTTE

Puisqu’à présent tout nous sépare, Pourquoi me retenir ici?

Votre amour me trouble et m'égare, Pourquoi me parlez-vous ainsi ?

Hélas ! Benoit, Benoit que j’aime Ne peut plus me garder sa foi.

J’ai renoncé, comme vous-même, A ce passé si doux pour moi !

Vous êtes le fils de mon maître.

BENOIT

Mais c’est à moi que ton cœur s’est donné.

JAVOTTE

Je vous aimais sans vous connaître.

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