ACTE TROISIÈME
BENOIT
Je te l'ai déjà pardonné.
Oublions mes grandeurs.
JAVOTTE
Non.
BENOIT
Tu les exagères.
JAVOTTE
Adieu !
BENOIT
Tu me fais trop d'honneur.
JAVOTTE
Mais aujourd’hui, vous êtes grand seigneur.
BENOIT
N’a-t-on pas vu des rois épouser des bergères! J AVOTTE.
Je veux partir.
BENOIT
Laissons des respects superflus.
JAVOTTE
Ayez pitié de moi, monsieur le comte.
Mais tu me tutoyais jadis.
JAVOTTE
J’en meurs de honte.
BENOIT
Regarde-moi.
JAVOTTE
Je n’ose plus.
BENOIT
Javotte était moins sauvage.
JAVOTTE
Ne parlons plus de ce temps-là;
Je retourne au village.
124 LE ROI L’A. DIT
BENOIT, tendrement, pendent que l’orrheetro joue le refrain de la chanann
de Jacquot.
Le bonheur n’est venu que pour moi, mais cela Se partage.
JAVOTTE
Benoit 1 — que dites-vous î BENOIT.
Je mets mon titre à tes genoux ;
•Jusqu’à moi je t’élève.
JAVOTTE
Suis-je folle f — Est-ce un rêve?
O joie! ô bonheur perdu !
Tout m’est rendu ;
. J’ai sa tendresse.
O viens, viens, rêve enchanteur,
De ton ivresse Emplis mon cœur.
BENOIT
Grandeurs, orgueil de sa race!
Fortune et succès de cour,
Rien ne remplace Un mot d’amour.
JAVOTTE
Ah ! je revois Le village.
BENOIT
Et les grands bois Pleins d'ombrag’e.
JAVOTTES.
Puis, au couchant,
Ma chaumière. .
BENOIT
Sous le lierre Se cachant.