En 1624, Héroard, Bibl. nat., ms. fr. 4027, fol. 190 r
2. Ibid., fol. 179 r°. Le princQ d'Orange se servait « de petites figures faites comme des échecs '(Lettre de Cléophon à Polémandre, 1618, p. 17).
3. Nombreuses mentions dans Héroard, Bibl. nat.,ms. fr. 4027, fol. 192 V", 198 r", 21o r°, 217-r", 239 r", 237 v°, etc.
C'est à lui que revient le mérite, avant 1624, de la création des régiments d'infanterie de Normandie et des Suisses, puis de celle des mousquetaires à cheval.
Avec les troupes levées par Goncini et devenues libres après la mort de celui-ci, il a constitué, en 1617, un régiment destiné à marcher à la suite des quatre autres vieux conservés par Henri IV, les guerres civiles terminées, — Picardie, Piémont, Champagne, Navarre, — et qui devait porter le nom illustre de régiment de Normandie. Cadenet, le frère de Luynes, en fut le premier maître de camp '. C'est également à partir de cette époque que les compagnies des Suisses ont été réunies en une formation nouvelle qui prit le titre de régiment des gardes suisses'. Il n'y avait, jusque-là, à la Cour, que les « Cent-Suisses », petite troupe de parade, formant le service d'honneur de la personne royale ; et l'importante masse de soldats étrangers loués aux cantons depuis Louis XI, ne pouvant dépasser le maximum de 16 000 hommes ^ C'étaient de bons soldats, fidèles,
1. Fontenay-Mareuil, Méin., éd. Michaud, p. 131. Cf. le P. Daniel, Milice française, t. 11, p. 385. On attribua à Luynes cette création (Bibl. nat., Recueil Cangé, Rés. F. 164, fol. 136) et on le lui reprocha (Recueil des pièces les plus curieuses qui ont été faites pendant le rhjne du connétable, i" éd., 1632, p. 271).
2. Bassompierre, Journal, t. II, p. 64 et 411. Sur le recrutement des Suisses, à cette époque, voir : « États de dépenses et forme qui s'observe pour la levée, l'entretènement et le licenciement des régiments et compagnies suisses » (Bibl. nat., ms. fr. 16942, fol. 388 etsuiv.); sur leur costume : Voyage à Paris de Th. Coryate (dans Mém. de la Soc. de l'hist. de Paris, t. VI, 1879, p. 50); sur leur service à la cour : le « Règlement sur les gardes militaires du roi » (Bibl. nat., nouv. acq. fr. 7225, fol. 315 et suiv.). Dans la pratique on disait indistinctement, dès le xvi" siècle, ou « les Suisses du roi », ou <■ le régiment des Suisses. »
3. Le public ne les aimait pas {Advis à Messieurs de VAssemblée (1618), in-4°, p. 13-14). D'après les capitulations les Suisses ne devaient aller ni aux tranchées, ni aux assauts, ni aux escarmouches.
solides, un peu lourds, « marchant à pas comptés et avec des pieds de plomb, à la cadence du colin-tampon'. » En en faisant un régiment, Louis XIII leur donnait plus de cohésion et, à côté du corps des gardes françaises, constituait d'eux une unité régulière très forte de la grade.
La création des mousquetaires à cheval fut plus originale. L'idée, qui est l'idée même de la cavalerie de ligne, n'était autre que de constituer des corps de cavaliers armés de mousquets, susceptibles, quand besoin serait, de descendre de leurs montures, et de soutenir le combat à pied comme des fantassins. - La formation d'une troupe qui n'avait plus de piques, préparait l'élimination de cette arme encombrante ; la baïonnette, d'ailleurs, existait déjà ^
Louis XIII choya son corps de mousquetaires. Il avait créé une seule compagnie de cent « maîtres », comme on disait, les habillant superbement de rouge, avec une casaque bleu galonnée, ornée d'une grande croix blanche devant et une autre derrière. Il ne voulut que des soldats de choix, des gentilshommes, qu'il alla chercher dans ses gardes du corps et auxquels il promit, après quelque temps de service « sous la casaque », des enseignes et des lieutenances dans les gardes ou
i. Onomatopée d'une de leurs batteries de tambour, Jérôme de Bénévent, Discours des faits héroïques de Henry le grand, Paris, 1611, in-8°, p. 86; Boitel de Goubertin, la Relation historique des pompes observées à la réception des chevaliers du Saint-Esprit, Paris, 1620, in-S", p. 54.
2. Ce serait en 1622 que Louis XIII aurait créé les mous<{uetaires par une transformation de ses carabins : Puységur, Méni., éd. Tamizey de Larroque, t. 1, p. 47. Cf. la dépèche de l'amb. vénit. du 23 août 1623, Bibl. nat., ms. ital. 1781, p. 27.
3. Puységur, Instructions militaires, dans Mém., Paris, éd. de 1690, in-12, t. II, p. 613.
dans les vieux régiments : la compagnie devenait ainsi une école d'officiers \ Il se fit suivre d'elle : s'en allant à Fontainebleau pour chasser, « il menoit seulement avec lui, disait Arnauld d'Andilly, ceux de ses petits plaisirs et sa compagnie de mousquetaires à cheval qu'il affectionne extrêmement » -. Ce fut cette troupe que Louis XIII employa dans ses essais de manœuvre, le champ des exercices à exécuter avec une infanterie montée étant nouveau et varié. De Saint-Germain il se rendait sur la grande route de Poissy pour combiner ses mouvements. A Compiègne, prenant six compagnies de gandes françaises, près de 1 000 hommes, et ses mousquetaires, il tentait des sortes de manœuvres de campagne, mêlant les mousquetaires aux gardes; il les surveillait aux tirs et tirait avec eux^ Louis XIV portera l'effectif de ses mousquetaires de la garde à deux compagnies de 250 hommes chacune et l'idée de l'infanterie montée aura ensuite une fortune dont on oubliera l'initiateur. Ce qui surtout, aux yeux du public, témoigna le plus ostensiblement des qualités militaires de Louis XIII, ce furent les revues, ou, comme on disait en ce temps les « montres générales ». Le roi les aima beaucoup. De sa main, Louis XIII faisait d'avance le plan des revues, préparait les mouvements''. Sur le terrain il avait deux façons de procéder : ou bien c'était la parade, une